Coronavirus - Une reprise "fondamentale" pour l'UWE, "la voie à suivre" pour Agoria (2)

Le CNS a annoncé vendredi les mesures progressives de déconfinement, en ce compris la reprises de l'activité économique.

"La reprise phasée des activités économiques décidée aujourd'hui/vendredi est fondamentale", a commenté l'Union wallonne des entreprises (UWE) dans un communiqué. "Si l'urgence sanitaire s'impose à tous depuis de nombreuses semaines, elle se double de manière de plus en plus criante d'une urgence économique et sociale. Risque de faillite, pertes d'emplois, pertes de revenus, de nombreux équilibres vacillent. Un tissu économique solide, c'est aussi la base du financement de notre système de santé, qui montre aujourd'hui toute sa valeur".

Pour le directeur général de l'UWE, Olivier de Wasseige, "avec 22% des entreprises wallonnes à l'arrêt, la situation est devenue catastrophique. La survie de beaucoup d'entreprises, et donc d'emplois, est en jeu. La reprise ne consistera pas à tout redémarrer, mais à retrouver un rythme de fonctionnement et de travail plus important dans nombre d'entre elles. Le déconfinement annoncé, même progressif, sera donc bienvenu, pour éviter que les problèmes financiers et de solvabilité ne s'aggravent. Les retours du terrain nous rassurent: de nombreux collaborateurs, toujours au travail ou en chômage, en sont conscients et souhaitent retrouver leur revenu et éviter des impacts sur l'emploi", a-t-il commenté.

La fédération de l'industrie technologique Agoria a aussi salué la décision du CNS. "Cette stratégie de sortie est la voie à suivre. Lundi, nous allons poursuivre les consultations avec tous les partenaires concernés pour arriver à un guide qui doit constituer la clé du redémarrage des entreprises de notre secteur à partir du 4 mai", a déclaré le CEO d'Agoria, Marc Lambotte.

Dans le secteur de la technologie, les activités reprennent déjà progressivement, a fait savoir Agoria. Alors que le taux d'activité moyen ne s'élevait plus qu'à 49,7% il y a trois semaines, il atteignait 52,8% la semaine dernière. Selon Agoria, cette augmentation est en partie due aux solutions qu'un certain nombre d'entreprises ont trouvées pour assurer une bonne distanciation. "C'est pourquoi Agoria mise maintenant beaucoup sur un guide contenant des lignes directrices, des conseils et des exemples de bonnes pratiques, provenant également de l'industrie manufacturière. Environ la moitié des personnes qui travaillent dans le secteur technologique sont actuellement au moins partiellement en chômage temporaire", a souligné M. Lambotte.

De son côté, la FEB s'est réjouie d'avoir un calendrier pour le redémarrage de l'économie belge, qu'elle estime vital. "Cela offre des perspectives aux entreprises", a-t-elle fait savoir dans un communiqué. "Le déconfinement de certaines parties de notre tissu industriel est positif et apportera sans aucun doute à certains segments de l'industrie manufacturière l'oxygène dont ils ont tant besoin."

Son CEO, Pieter Timmermans, s'est dit "convaincu que la majorité de nos entreprises peuvent redémarrer leurs activités en toute sécurité". "Les perspectives de réouverture et le calendrier associé sont prometteurs. Le redémarrage prévu permettra d'alléger quelque peu la très forte pression qui pèse sur l'économie. Il n'écarte toutefois pas le risque que l'actuelle crise de liquidités se transforme en une crise de solvabilité. C'est pourquoi il importe de s'atteler sans retard à un plan de solvabilité solide. Ainsi seulement, nous pourrons éviter un drame économique et social", a-t-il ajouté.

Le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) s'est, quant à lui, dit "déçu" des décisions du CNS. "Les propositions du CNS évitent une concurrence déloyale entre ceux qui vendent les mêmes produits, ce qui est en soi une bonne chose, mais la semaine supplémentaire de fermeture causera des faillites supplémentaires et de la frustration. Toute personne pouvant garantir la sécurité aurait dû recevoir l'autorisation d'ouvrir le 4 mai sous strict contrôle. Chaque semaine supplémentaire de fermeture est une semaine de trop", a commenté le SNI.

Même son de cloche pour la Fédération patronale interprofessionnelle (SDI). "Les commerçants membres du SDI ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent toujours pas rouvrir, ceci alors que la grande majorité d'entre eux sont parfaitement capables de faire respecter les règles sanitaires et de distanciation sociale indispensables pour contenir l'épidémie."

L'UCM a déclaré dans la foulée des décisions du CNS qu'elle veillera à un soutien public à la mesure de l'effort exigé des indépendants et chefs de PME.

 
 
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