A New York, les entreprises envisagent la réouverture et prennent des mesures

A New York, les entreprises envisagent la réouverture et prennent des mesures

Les banques envisagent de prolonger indéfiniment le télétravail et d’échelonner les horaires d’arrivée au bureau à New York, où les hôteliers testent la meilleure formule qui permettrait aux clients d’éviter l’accueil pour rejoindre leurs chambres.

On se prépare doucement à une reprise de l’activité dans la mégalopole, poumon économique, touristique et culturel aux Etats-Unis, plus d’un mois après l’arrêt brusque de l’économie pour cause de pandémie.

La majorité des salariés de Citigroup fait actuellement du télétravail, y compris Michael Corbat, le PDG. Comme ses rivales, la banque a récréé des salles de marché au domicile de traders, même si certains ont été délocalisés sur des sites de secours préalablement désinfectés.

L’établissement anticipe des réticences chez certains salariés à revenir au bureau en l’absence d’un traitement ou d’un vaccin contre le Covid-19, maladie causée par le nouveau coronavirus.

« Nous voulons faire de notre mieux pour leur donner le choix de continuer à travailler à distance », garantit la numéro 2 du groupe, Jane Fraser. Des études d’opinion ont été envoyées aux salariés.

La finance représente 9,9 % des emplois du secteur privé à New York, qui abrite Wall Street et les sièges de grandes banques américaines. Elle compte pour 29 % du PIB de la ville, d’après les chiffres officiels.

Par étapes et dans le temps

Chez JPMorgan Chase, un des gros employeurs de la ville, le retour au travail sera quelque peu calqué sur la réouverture de l’économie à New York après la grippe dite « espagnole » de 1918. « Nous ne demanderons pas à tout le monde de revenir en même temps. Les salariés vont retourner au bureau par étapes et dans le temps », écrit la firme dans un document interne, consulté par l’AFP.

Une décision applaudie par Patrick Foye, le patron de l’opérateur des transports en commun MTA : « Avoir des gens qui vont au bureau trois jours par semaine au lieu de cinq, ce type de mesures va bien évidemment aider avec le problème de densité sociale et de distanciation ».

New York est bien plus densément peuplée que n’importe quelle autre ville américaine, avec 11.000 habitants par kilomètre carré.

Epicentre de la pandémie aux Etats-Unis, la ville a traversé plusieurs crises, dont les attentats terroristes du 11-Septembre 2001 et la grande récession de 2008, mais la tâche n’a jamais été aussi dantesque pour la faire redémarrer.

Aucune date ni condition

Les mesures de confinement pour endiguer la propagation du Covid-19 devraient détruire 475.000 emplois jusqu’en mars 2021 et causer un trou de 9,7 milliards de dollars dans le budget, d’après le service du Budget (IBO).

Andrew Cuomo, le gouverneur de l’Etat, a annoncé que l’activité reprendra par zones et progressivement. Aucune date ni conditions n’ont encore été avancées.

Les 25.000 restaurants, bars et boîtes de nuit de la ville se demandent s’ils vont être autorisés à opérer pleinement dans un monde marqué par la distanciation sociale.

« Si vous devez rouvrir avec un taux d’occupation réduit à 50 %, ce ne sera pas financièrement viable pour beaucoup de commerces », estime Andrew Rigie, le directeur de leur lobby New York City Hospitality Alliance.

D’autant que les arriérés de loyers et factures se sont accumulés pour nombre de commerces, qui manquent en outre de trésorerie. Plusieurs petites entreprises n’ont pas encore obtenu l’aide fédérale promise, les banques ayant privilégié les grosses sociétés.

Et il y a une inconnue : « Nous ne savons pas comment vont réagir les consommateurs », insiste Andrew Rigie, estimant qu’au moins 25 % des établissements allaient disparaître.

Coogan’s, un pub-restaurant irlandais ouvert en 1985 au nord de Manhattan où célébrités, politiques et locaux se croisaient, a baissé le rideau le 21 avril.

A Broadway, à l’opéra et dans les musées, on se prépare à des visiteurs masqués et on commence à se faire à l’idée qu’il faudra s’armer de beaucoup de patience.

Il est en outre difficile de dire si les touristes (65 millions en 2019), gros acheteurs de billets de « shows », vont revenir en grand nombre.

 
 
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