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Le vrai ou faux: peut-on refuser de retourner au travail?

Le plan de déconfinement en Belgique commencera le 4 mai avec, pour certains, le retour au travail. Mais dans quelles conditions ?

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Journaliste au service Economie Temps de lecture: 6 min

Le 4 mai, de nombreux travailleurs retourneront « au turbin ». Si leur sécurité n’est pas garantie par l’employeur, des recours sont possibles pour ces derniers. Un droit de retrait, comme en France, existe, d’ailleurs, chez nous. Jamais mobilisé, il pourrait, en pratique, être complexe à exercer.

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8 Commentaires

  • Posté par Guion Alessandra, lundi 27 avril 2020, 14:07

    on ne parle absolument pas du fait que certains parents doivent rester chez eux car ils ont des enfants qui ne retourneront pas à l'école eux... que faire si l'employeur s'en moque?? Aller au bureau avec les enfants??

  • Posté par LEMAIRE Gérard, dimanche 26 avril 2020, 20:53

    DES MAISONS DE REPOS ET DE SOINS AU RETOUR A DOMICILE ! Nous sommes le vendredi 24 avril 2020. Je découvre dans le journal Le Monde un article rédigé par Monique Boutrand intitulé : « Nos aînés seront mieux protégés des futures pandémies s’ils vieillissent chez eux. » Alors que les premières mesures de déconfinement vont être mises en route, se posent en effet dès maintenant les choix politiques à faire dans le décours du Covid-19. En tenant compte de ce qui s’est vécu dans les Maisons de repos et de soins, à la fois un nombre indécent de décès et à la fois parfois dans quelle détresse, une réflexion en profondeur s’impose. La prise de position de Madame Boutrand est une affirmation forte de nature à nous interpeller. Pour étayer sa prise de position elle s’appuie sur ce qui s’est passé, il y a quelques années, dans les pays nordiques et aux Pays-Bas. Elle évoque le Danemark qui en 1987 promulgue une loi sur les services sociaux suite à l’interdiction de la construction de nouvelles maisons de retraite : « L'étude de la protection de la personne âgée dépendante dans le système social scandinave fait apparaître des notions originales par rapport à d'autres systèmes. Les normes mises en place visent à lui assurer une citoyenneté à part entière, afin de lui permettre de vivre avec les autres. Le système social situe le citoyen en tant que détenteur de droits et s'écarte entièrement de l'idée d'assistance au sens habituel, qu'il s'agisse d'un enfant né handicapé, d'un travailleur malade ou accidenté, ou d'une personne âgée dépendante. Chacun doit pouvoir vivre selon les principes de la normalisation, ainsi la personne âgée dépendante verra son logement adapté et des aides adéquates lui permettront de continuer aussi longtemps que possible de vivre parmi les autres citoyens.» Le résultat de cette loi est évident : en 2011, il n’y avait plus que 9.436 places en maison de retraite contre 27.635 places en 2001. Elle poursuit par les Pays-Bas qui en 2.007, pour des raisons d’économies cette fois, votent une loi dite « d’accompagnement social » et transfèrent aux collectivités locales la responsabilité de toutes les prestations destinées à faciliter l’autonomie des personnes âgées. Pour ce faire, l’Etat verse aux communes une dotation correspondant à leur investissement. Voilà deux exemples de décisions politiques concernant les personnes âgées. En 1973, nous sommes cinq médecins généralistes installés dans une commune semi-rurale du Brabant wallon, couvrant une population de près de 10.000 habitants et nous décidons de travailler ensemble, sans toutefois qu’il s’agisse d’une maison médicale, chacun conservant son cabinet médical. Bien conscients de l’importance du colloque singulier patient-médecin, nous voulons toutefois répondre à deux autres préoccupations ; d’une part, celle d’une médecine répondant mieux aux besoins parfois multiples des patients et nécessitant de ce fait même des contacts avec les autres travailleurs de la santé et, d’autre part, la volonté ferme d’éviter des hospitalisations ou des hébergements inutiles. Suite à cette décision se met en place progressivement une pratique qui va réunir infirmier(e)s salarié(e)s ou indépendant(e)s, kinés, assistantes sociales, aides familiales, bénévoles ainsi qu’une « coordinatrice ». Il faut noter que les bénévoles (une vingtaine à l’époque !) sont disponibles un ou plusieurs demi-jours par semaine pour répondre tant à des dépannages urgents qu’à des accompagnements de longue durée. L’équipe dispose d’un local au centre du village où elle se réunit chaque vendredi, durant une heure, pour mettre en commun les problèmes rencontrés durant la semaine sur le plan social, médical, financier ou administratif. En 1982, une évaluation réalisée par l’Ecole de santé publique de l’U.C.L. conclut : « La création du centre médical de Braine-le-Château a diminué la fréquence des hospitalisations de 22% au profit des soins ambulatoires. » Les bénéfices qui s’en suivirent furent tant de nature financière que psychologique ou humaine : bonheur pour des personnes âgées de finir leurs jours dans leur environnement habituel, soulagement psychologique d’être reconnu comme personne à part entière jusqu’au bout. Voilà ce que vient me remettre en mémoire cet article. Dans les années qui suivirent, on assista à la transformation des lits hospitaliers gériatriques en lits de maisons de repos et de soins et à une ébauche de développement des centres de coordination des services et soins à domicile. Aujourd’hui, nous sommes en train de le vivre, le vieillissement de la population belge pose un important défi. Soit continuer à construire d’avantage de lits de maisons de repos ou de soins, tant publics que privés mais avec quel financement et à quel coût pour les personnes, soit changer radicalement d’optique? Ecoutons la proposition de Monique Boutrand : « Reconstruire une politique de la longévité peut, et doit, se faire sur trois axes essentiels. Premièrement, un engagement national fort à investir dans de nouvelles politiques de logement et de services pour permettre le maintien à domicile. Ensuite, une reconnaissance des métiers liés à l’accompagnement des personnes âgées, passant en premier lieu par des rémunérations à la hauteur de l’engagement des salariés. Enfin, un soutien aux multiples initiatives locales qui développent déjà des services proximité, avec un service aux âgés isolés. » Voilà un beau défi pour la Wallonie ! Dans cette période de crise, il est un énorme espoir de revalorisation de métiers jusqu’ici trop invisibles, d’adaptation de nos logements et donc de création d’emplois, de créations de nouvelles solidarités. Quelle bouffée d’oxygène en cette période de Covid-19 qui nous asphyxie tellement. Je termine par une dernière citation : « Parions que nos aînés seront mieux protégés contre les futures pandémies s’ils vieillissent chez eux, grâce aux solidarités de proximités, familiales ou de voisinage. Ce qui se passe en ce moment dans bien des quartiers, des rues et des villages nous le prouve ». Dr Gérard Lemaire, le 25 avril 2020

  • Posté par Lemoine Raphael, lundi 27 avril 2020, 12:34

    Merci pour votre commentaire

  • Posté par LEMAIRE Gérard, dimanche 26 avril 2020, 20:53

    DES MAISONS DE REPOS ET DE SOINS AU RETOUR A DOMICILE ! Nous sommes le vendredi 24 avril 2020. Je découvre dans le journal Le Monde un article rédigé par Monique Boutrand intitulé : « Nos aînés seront mieux protégés des futures pandémies s’ils vieillissent chez eux. » Alors que les premières mesures de déconfinement vont être mises en route, se posent en effet dès maintenant les choix politiques à faire dans le décours du Covid-19. En tenant compte de ce qui s’est vécu dans les Maisons de repos et de soins, à la fois un nombre indécent de décès et à la fois parfois dans quelle détresse, une réflexion en profondeur s’impose. La prise de position de Madame Boutrand est une affirmation forte de nature à nous interpeller. Pour étayer sa prise de position elle s’appuie sur ce qui s’est passé, il y a quelques années, dans les pays nordiques et aux Pays-Bas. Elle évoque le Danemark qui en 1987 promulgue une loi sur les services sociaux suite à l’interdiction de la construction de nouvelles maisons de retraite : « L'étude de la protection de la personne âgée dépendante dans le système social scandinave fait apparaître des notions originales par rapport à d'autres systèmes. Les normes mises en place visent à lui assurer une citoyenneté à part entière, afin de lui permettre de vivre avec les autres. Le système social situe le citoyen en tant que détenteur de droits et s'écarte entièrement de l'idée d'assistance au sens habituel, qu'il s'agisse d'un enfant né handicapé, d'un travailleur malade ou accidenté, ou d'une personne âgée dépendante. Chacun doit pouvoir vivre selon les principes de la normalisation, ainsi la personne âgée dépendante verra son logement adapté et des aides adéquates lui permettront de continuer aussi longtemps que possible de vivre parmi les autres citoyens.» Le résultat de cette loi est évident : en 2011, il n’y avait plus que 9.436 places en maison de retraite contre 27.635 places en 2001. Elle poursuit par les Pays-Bas qui en 2.007, pour des raisons d’économies cette fois, votent une loi dite « d’accompagnement social » et transfèrent aux collectivités locales la responsabilité de toutes les prestations destinées à faciliter l’autonomie des personnes âgées. Pour ce faire, l’Etat verse aux communes une dotation correspondant à leur investissement. Voilà deux exemples de décisions politiques concernant les personnes âgées. En 1973, nous sommes cinq médecins généralistes installés dans une commune semi-rurale du Brabant wallon, couvrant une population de près de 10.000 habitants et nous décidons de travailler ensemble, sans toutefois qu’il s’agisse d’une maison médicale, chacun conservant son cabinet médical. Bien conscients de l’importance du colloque singulier patient-médecin, nous voulons toutefois répondre à deux autres préoccupations ; d’une part, celle d’une médecine répondant mieux aux besoins parfois multiples des patients et nécessitant de ce fait même des contacts avec les autres travailleurs de la santé et, d’autre part, la volonté ferme d’éviter des hospitalisations ou des hébergements inutiles. Suite à cette décision se met en place progressivement une pratique qui va réunir infirmier(e)s salarié(e)s ou indépendant(e)s, kinés, assistantes sociales, aides familiales, bénévoles ainsi qu’une « coordinatrice ». Il faut noter que les bénévoles (une vingtaine à l’époque !) sont disponibles un ou plusieurs demi-jours par semaine pour répondre tant à des dépannages urgents qu’à des accompagnements de longue durée. L’équipe dispose d’un local au centre du village où elle se réunit chaque vendredi, durant une heure, pour mettre en commun les problèmes rencontrés durant la semaine sur le plan social, médical, financier ou administratif. En 1982, une évaluation réalisée par l’Ecole de santé publique de l’U.C.L. conclut : « La création du centre médical de Braine-le-Château a diminué la fréquence des hospitalisations de 22% au profit des soins ambulatoires. » Les bénéfices qui s’en suivirent furent tant de nature financière que psychologique ou humaine : bonheur pour des personnes âgées de finir leurs jours dans leur environnement habituel, soulagement psychologique d’être reconnu comme personne à part entière jusqu’au bout. Voilà ce que vient me remettre en mémoire cet article. Dans les années qui suivirent, on assista à la transformation des lits hospitaliers gériatriques en lits de maisons de repos et de soins et à une ébauche de développement des centres de coordination des services et soins à domicile. Aujourd’hui, nous sommes en train de le vivre, le vieillissement de la population belge pose un important défi. Soit continuer à construire d’avantage de lits de maisons de repos ou de soins, tant publics que privés mais avec quel financement et à quel coût pour les personnes, soit changer radicalement d’optique? Ecoutons la proposition de Monique Boutrand : « Reconstruire une politique de la longévité peut, et doit, se faire sur trois axes essentiels. Premièrement, un engagement national fort à investir dans de nouvelles politiques de logement et de services pour permettre le maintien à domicile. Ensuite, une reconnaissance des métiers liés à l’accompagnement des personnes âgées, passant en premier lieu par des rémunérations à la hauteur de l’engagement des salariés. Enfin, un soutien aux multiples initiatives locales qui développent déjà des services proximité, avec un service aux âgés isolés. » Voilà un beau défi pour la Wallonie ! Dans cette période de crise, il est un énorme espoir de revalorisation de métiers jusqu’ici trop invisibles, d’adaptation de nos logements et donc de création d’emplois, de créations de nouvelles solidarités. Quelle bouffée d’oxygène en cette période de Covid-19 qui nous asphyxie tellement. Je termine par une dernière citation : « Parions que nos aînés seront mieux protégés contre les futures pandémies s’ils vieillissent chez eux, grâce aux solidarités de proximités, familiales ou de voisinage. Ce qui se passe en ce moment dans bien des quartiers, des rues et des villages nous le prouve ». Dr Gérard Lemaire, le 25 avril 2020

  • Posté par Eloy Reinold, lundi 27 avril 2020, 0:05

    Votre commentaire est très intéressant. J'aimerais poursuivre la réflexion parce que je ne connais pas les initiatives menées dans le domaine.

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