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Pour plus de sécurité, la Sûreté de l’État préconise un opérateur belge pour l’application de traçage

La commission a entamé la discussion d’une proposition de résolution déposée par les écologistes pour encadrer l’usage éventuel d’une application sur smartphone.

Temps de lecture: 3 min

Il faut confier à une entreprise belge le développement d’une application numérique de lutte contre la propagation du coronavirus, a plaidé mardi l’administrateur-général de la Sûreté de l’État, Jaak Raes, devant la commission de l’Economie de la Chambre.

La Belgique pourra de la sorte mieux se prémunir contre l’utilisation des données par des entités extérieures, qu’il s’agisse d’autres États ou d’organisations malveillantes. « On ne peut pas être aveugle à la politique agressive de certains pays et d’espionnage à grande échelle », a-t-il expliqué.

Aux yeux du service de renseignement civil, le choix d’un opérateur belge pour mettre au point cette application de « contact tracing » permettra de lui imposer des critères stricts à respecter. « Nous devons dans un premier temps nous concentrer sur la limitation au maximum de notre vulnérabilité », a-t-il ajouté.

Importance d’un cadre légal

Autre exigence : l’élaboration d’un cadre légal. La commission a entamé la discussion d’une proposition de résolution déposée par les écologistes pour encadrer l’usage éventuel d’une application sur smartphone. Mais le recours à cette pratique impliquera une loi qui l’encadre strictement, ont fait remarquer tant M. Raes que le président de l’Autorité de protection des données, David Stevens, ou la présidente de la Ligue des droits de l’homme, Olivia Venet.

« Ce n’est pas le cadre légal qui doit s’adapter à ce que la technologie propose. Il est temps que le parlement reprenne la main », a exhorté Mme Venet.

Technologie complexe

Or, la technologie s’avère complexe. La KULeuven participe au projet d’un consortium européen DP3T qui repose sur l’échange de codes anonymisés à partir du moment où un patient est testé positif, sans centralisation de données et avec destruction de celles-ci après un délai de 15 jours ou 3 semaines. Il peut supporter une dizaine de millions d’utilisateurs et être mis en place en quelques semaines, selon le professeur Bart Preneel.

La proportion du nombre d’adhérents au système pour qu’il soit efficace est difficile à déterminer mais, à entendre M. Preneel, cette efficacité pourrait être garantie à partir de 15 à 20 %. Et ce d’autant plus que ce traçage numérique du malade et des personnes qu’il a fréquentées est complémentaire au traçage manuel qui sera mis en place les autorités publiques et qui reposera sur des call centers confiés aux Régions.

Le projet DP3T est soutenu par Google et Apple, deux des entités les plus connues des « GAFA ». Il faut y prendre garde, a averti Elise Degrave, professeur à l’UNamur. Ces géants de l’économie numérique ont d’énormes capacités de stockage de données. Or, selon elle, ce stockage et la protection des données est l’une des questions qui se posera. « Je n’ai pas une grande confiance dans la philanthropie des GAFA », a-t-elle souligné.

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7 Commentaires

  • Posté par Margraff Jacques, mardi 28 avril 2020, 19:53

    On nous infantilise, on nous manipule à je ne sais quelles fins. Qu'on dépense ce budget à procurer à tous des masques, des tests et à trouver des solutions constructives pour les maisons de repos et pour nos aînés. Bon nombre de ces derniers ne seront d'ailleurs pas en mesure d'être tracés, faute de possession de smartphones avec data ...

  • Posté par Poullet Albert, mardi 28 avril 2020, 16:16

    Belge oui, c'est çà... enfin... Flamande sans doute..

  • Posté par LAMBERT André, mardi 28 avril 2020, 16:54

    Vous m'avez ôté les mots de la bouche.

  • Posté par elias jacques, mardi 28 avril 2020, 15:15

    Dès l'instant ou il a été choisi par les autorités un tracage manuel je ne vois plus l'utilité de ce système, qui arrivera de toute façon trop tard et je suis extrêmement sceptique quand au fait que google et apple ne trouve pas un système pour siphonner les données à l'insu de tous. Il suffit à ce sujet de voir les nombreux dérapages qu'il y a déjà eu et on ne connait que la partie visible de l'iceberg.

  • Posté par Salomon Harald, mardi 28 avril 2020, 15:12

    C'est très bien et si ca se passe aussi bien que pour les masques, aucun risque que quelque chose voit le jour!!

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