L’écrivain G. J. Arnaud a rejoint le monde des glaces

G. J. Arnaud.
G. J. Arnaud. - D. R.

Le grand œuvre de Georges-Jean Renaud, c’est la saga de la Compagnie des glaces, qu’il a commencée en 1980 et qui compte 98 volumes. Un monde de science-fiction, une vision glacée de la terre de demain à l’inverse de ce qu’on craint aujourd’hui avec le réchauffement climatique. Après une catastrophe écologique, la Terre est gelée et recouverte par la banquise. La civilisation s’est réfugiée dans des villes sous globe, reliées par les trains, régis par des compagnies ferroviaires toutes puissantes, symboles de la dictature.

Ce qui donne une littérature d’images passionnantes avec ces trains déglingués qui roulent sans cesse, les gares léprosées, les ordinateurs poussifs et les passagers qui tentent de survivre. Dont Lien Rag le glaciologue et ses fils, Palaga, le maître suprême des Aiguilleurs, et les Roux, ces hommes capables de résister à des températures de moins quarante.

Tous ces romans ont été édités par Fleuve Noir, qui a même consacré une collection à cette saga. Ils sont régulièrement réédités aujourd’hui par l’éditeur French Pulp

C’est de la littérature de genre, certains diront de la littérature de gare, certes, mais quel plaisir le lecteur prenait en se plongeant dans ce monde gelé, en suivant les péripéties de ces héros emportés dans cet étrange monde de neige comme dans un maelström. La saga n’aurait pas compté 98 volumes sinon.

« Un froid de morgue »

Georges-Jean Arnaud était né le 3 juillet 1928 à Saint-Gilles-du-Gard. Ce fut un romancier prolifique. Au total, 416 romans publiés chez de multiples éditeurs dont Fleuve noir, L’Atalante, Julliard, Le Masque… Sous son nom et sous différents noms de plume, comme Saint-Gilles, Georges Murey, Georges Ramos, Serge Sauvec, David Kyne, etc. Il a écrit de la SF, bien sûr. Mais a goûté à tous les genres des littératures de genre : romans policiers, d’espionnage, fantastiques, régionaux et même érotiques.

Écrivant plus vite que son ombre, il a écrit jusqu’à 27 romans dans l’espace d’une seule année. Mais, « en moyenne, j’écrivais une quinzaine de livres par an », avait-il confié en 2011 au Figaro. Leurs titres, rappelle Vincy Thomas dans Livres Hebdo, jouant souvent sur les mots, sont déjà des promesses d’aventures : Baroud au Tibesti, Un charter pour l’enfer, La mort moite, Un froid de morgue, Délire au soleil, Gâchis au Chili, Urgence à Sidney

Il a remporté nombre de prix dans ces genres. Le prix du Quai des Orfèvres en 1952 pour Ne tirez pas sur l’inspecteur  ; la Palme d’or du roman d’espionnage 1966 pour Les Égarés  ; le prix Mystère de la critique 1977 pour Enfantasme  ; le grand prix de la science-fiction française 1982 et le Prix Apollo 1988 pour La Compagnie des glaces  ; le prix RTL grand public 1988 pour Les Moulins à nuages.

Il est mort le 26 avril à La Londe-les-Maures. « Il s’est éteint dimanche. C’est une grande perte pour la littérature populaire française, non seulement pour la SF mais aussi pour ses policiers, ses romans d’espionnage et ses grands romans », a confié Nathalie Carpentier, fondatrice et directrice des éditions French Pulp. Mais le grand train du Monde des Glaces vivra encore longtemps dans le cœur de ses lecteurs.

 
 
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