Les pharmaciens craignent un gaspillage des masques

Les pharmaciens craignent un gaspillage des masques

Les masques chirurgicaux vont-ils devenir le nouveau papier-toilette ? C’est ce que craignent les pharmaciens alors que la première phase du déconfinement a commencé ce lundi. Réservée aux officines depuis le 23 mars, la vente de masques a été élargie samedi à la grande distribution. Un non-sens pour l’Association pharmaceutique belge (APB), qui craint un gaspillage de cette ressource « encore rare ».

La libéralisation du marché des masques, l’APB l’avait vu venir de loin. Le 24 avril dernier, le Conseil national de Sécurité avait d’ailleurs rendu obligatoire le port d’une protection buccale dans les transports en commun et recommandait fortement son utilisation dans l’espace public à partir de 12 ans.

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Alors que les masques restent « des ressources rares », le porte-parole de l’APB, Lieven Zwaenepoel, estime que ces protections doivent être accordées de manière ciblée aux personnes qui en ont réellement besoin, soit « celles qui entrent en contact avec certains groupes à risques ou qui sont elles-mêmes potentiellement contaminées ».

L’association pointe en outre le manque d’information sur l’utilisation adéquate des masques lorsque ce matériel est vendu en grande surface. « Or, s’il est mal utilisé, non seulement le masque ne protège pas mais il devient en outre une source de contamination », souligne MZwaenepoel.

En rendant cette protection obligatoire dans certains lieux, les autorités ont amplifié le besoin de masques. « Nous avons proposé le 25 avril un plan en concertation avec les grossistes-répartiteurs, les associations de patients et les autorités afin de distribuer rapidement des masques chirurgicaux certifiés à la population avec les conseils de bon usage », mais les commerçants ont décidé de faire cavalier seul, selon l’APB, qui épingle la fédération belge du commerce et des services (Comeos).

Les membres de la fédération « ont menacé de vendre des dizaines de millions de masques à l’étranger au lieu de les vendre aux autorités belges et, ce, tant qu’un arrêté ministériel limiterait le canal de distribution de ces masques aux seules pharmacies. Le gouvernement a fini par céder au chantage et on peut de nouveau s’attendre à une ruée dans les rayons », fustigent les pharmaciens. « En guise de sacrifice, (les commerçants) ne font pas de profit sur les masques et en offrent cinq millions par semaine à la réserve stratégique, mais c’est beaucoup trop peu », estime Zwaenepoel.

Comeos nie pour sa part la vente par les commerçants belges de masques à l’étranger et assure que la communication autour de l’utilisation du matériel de protection sera soignée. La fédération rappelle en outre que la vente des masques aux clients se fera au prix coûtant, moyennant un petit supplément reversé à une bonne oeuvre. «Si les pharmaciens veulent se joindre à l’initiative, ils sont évidemment les bienvenus», a lancé Hans Cardyn, porte-parole de Comeos.

«Nous n’étions pas demandeurs de participer à ces ventes mais avons proposé de mettre notre logistique à disposition, et en concertation avec les autorités, afin d’aider les citoyens à sortir du confinement, mais aussi le personnel soignant en alimentant chaque semaine la réserve stratégique des autorités», a conclu M. Cardyn.

 
 
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