La majorité des créanciers de l'Argentine rejettent son offre de restructuration

Dimanche, le ministre argentin de l'Economie Martin Guzman avait demandé à ces groupes, qui représentent environ 80% de l'ensemble des porteurs d'obligations, de coopérer, les créanciers ayant jusqu'à vendredi pour donner leur réponse finale.

Le chef de cabinet du gouvernement Santiago Cafiero a lui indiqué lundi que l'offre était "la seule à pouvoir être mise en oeuvre."

Mais les trois entités ont estimé que la proposition de l'Argentine impliquait pour les créanciers "des pertes disproportionnées qui ne sont ni justifiées ni nécessaires."

"Chacun des trois groupes et les institutions qu'ils représentent, ainsi que plusieurs autres investisseurs, souhaitent réaffirmer et dire clairement qu'ils ne peuvent pas soutenir l'offre publique d'échange faite récemment par l'Argentine et qu'ils ne céderont pas leurs obligations avec une offre de cette nature", affirme un communiqué.

M. Guzman avait assuré dimanche dans le quotidien Clarin que l'Argentine "a la volonté de payer, mais n'a pas la capacité de payer" et avait répondu aux critiques des termes de l'offre d'échange en assurant que les créanciers n'allaient pas perdre d'argent, mais "faire moins de profits."

L'offre de restructuration de la dette publique comprend un moratoire de trois ans, décalant les premiers paiements à 2023, ainsi qu'une remise de 62% sur les intérêts (soit 37,9 milliards de dollars) et de 5,4% sur le capital (soit 3,6 milliards de dollars).

Par cette opération, le gouvernement argentin cherche à renégocier près de 70 milliards de dollars en titres de devises étrangères émis sous juridiction internationale et donc soumis à des procédures éventuelles d'arbitrage.

Si aucun accord n'est trouvé d'ici à vendredi, "l'Argentine continuera à travailler aussi longtemps qu'il le faut pour restaurer la viabilité de sa dette", a indiqué M. Guzman.

Les trois groupes (Ad Hoc Bondholder Group, Argentina Creditor Committee et Ad Hoc Group of Argentina Exchange Bondholders), qui représentent chacun une centaine de créanciers selon un porte-parole, ont dit se tenir "prêts à de manière constructive avec l'Argentine quand son gouvernement sera prêt à faire de même avec l'objectif commun de trouver une solution viable aux défis économiques actuels de la République."

 
 
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