Philippe Leroy, directeur du CHU Saint-Pierre: «C’est loin d’être le retour à la normale pour les hôpitaux»

Philippe Leroy
Philippe Leroy - D.R.

Philippe Leroy était l’invité de la matinale de Bel-RTL ce mercredi. Pour lui, « c’est très loin d’être le retour à la normale pour les hôpitaux ». « Au CHU Saint-Pierre, on a encore beaucoup de cas Covid, surtout aux soins intensifs. Plus de la moitié de nos lits sont actuellement encore occupés par des patients Covid. On a enclenché une transition mais on doit rester prudents et préparer une éventuelle rechute. Dans les hôpitaux, on ne démantèle pas les dispositifs mis en place, certains lits restent bloqués pour les patients atteints de coronavirus. Éventuellement on diminue la voilure. »

Reprise des consultations non-urgentes

Depuis ce lundi, les généralistes et les médecins ont repris les consultations non-urgentes. Les salles d’attentes sont à nouveau ouvertes aux patients qui ne sont pas malades du coronavirus, ceux souffrant notamment de maladies chroniques ou qui doivent recevoir des soins aigus. L’objectif est d’éviter une aggravation de la pathologie en laissant traîner les choses.

Mais là non plus, le retour à la normal n’est pas encore de mise. « On reprend les choses très progressivement » explique Philippe Leroy. « On a encore du personnel mobilisé dans les unités covid et il faut également faire attention à respecter les règles de distanciation sociale dans les salles d’attente. Les médecins établissent des priorités en fonction des patients et de leurs situations individuelles. » Si vous aviez un rendez-vous de prévu, le directeur du CHU Saint-Pierre vous invite à recontacter votre hôpital. « Les médecins vont contacter tous les patients que l’on n’a pas pu voir pour voir comment ils vont et refixer des rendez-vous. Par ailleurs des lignes vertes ont été lancées. Il ne faut pas hésiter à contacter les hôpitaux. »

Des leçons à tirer

Au micro de Fabrice Grosfilley, Philippe Leroy estime que 13 centres de tri pour Bruxelles ce n’est pas assez, si on veut pouvoir tester ceux qui présentent des symptômes. « Ne pas avoir un centre de tri par commune, ça me parait peu », explique-t-il.

Des leçons à tirer de la crise ? « Beaucoup, notamment sur la gestion de crise et d’une épidémie et aussi sur le fonctionnement et l’organisation des soins de santé et sur son financement. On voit dans cette crise que tout est lié : les hôpitaux, les maisons de repos et les généralistes. Il faudra absolument intégrer les maisons de repos et les généralistes dans la réforme sur les réseaux hospitaliers. Pendant la crise, on aurait plus s’appuyer sur les généralistes. »

 
 
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