La possibilité de revoir ses proches: «Un geste politique remarquable», «Un pis-aller», «Une petite dose de liberté» (éditos)

La possibilité de revoir ses proches: «Un geste politique remarquable», «Un pis-aller», «Une petite dose de liberté» (éditos)

À partir de dimanche, jour de la fête des mères, les Belges auront la possibilité de recevoir quatre personnes à leur domicile, a décidé mercredi le Conseil National de Sécurité (CNS). Tous les commerces pourront rouvrir à partir de lundi.

La plupart des éditorialistes ont souligné la meilleure communication à l’issue du Conseil national de sécurité et saluent la décision du Conseil national de Sécurité de permettre un élargissement supplémentaire des contacts sociaux dès dimanche.

« Et soudain un geste politique rare et remarquable », titre Béatrice Delvaux dans l’édito du Soir. « Et donc aujourd’hui, rien à dire, sinon l’évidence et saluer le geste. Ce mercredi, Sophie Wilmès a redoré le blason de ceux et celles qui font de la politique et/ou exercent un pouvoir. Elle a montré qu’un Premier ministre n’est pas un despote éclairé mais quelqu’un qui, certes, prend des décisions, mais écoute et surtout entend, place les objectifs de fond avant son ego et corrige le tir avec simplicité quand l’évidence et surtout l’intérêt du citoyen l’exigent » y explique l’éditorialiste. « Alors oui, c’est vrai, la limitation des contacts familiaux à « quatre personnes toujours les mêmes » n’est pas d’une fulgurante praticabilité. Mais c’est le sens de l’injonction qui compte et celui-là est limpide (…) La Première ministre a rempli sa part du contrat, au citoyen désormais de remplir la sienne ».

L’Echo titre « Wilmès reçue en deuxième session ». Alain Narinx rappelle que le Conseil national de sécurité avait tourné au fiasco en termes de communication et que maintenant il a été réussi sur le fond et la forme. « Cette fois, la Première ministre a pris le contre-pied : une réunion matinale, une conférence de presse courte, à une heure décente, annoncée à l’avance et avec un zeste d’autodérision (« pas de powerpoint aujourd’hui »). Le ton était à l’empathie (« la population a fait des efforts exceptionnels »), à l’appel à la responsabilité et au civisme (« on passe un contrat avec les citoyens ») et même aux excuses (« la patience des citoyens n’aurait pas dû être mise à l’épreuve comme cela a été le cas, je le regrette »). Ce mea culpa est rare et il l’honore. Sur le fond ensuite. Faire passer « l’économie avant la famille » avait déclenché une tempête de critiques. C’est rectifié. L’autorisation de renouer des contacts sociaux reste certes très limitée mais elle est placée juste avant la réouverture des commerces et le jour de la fête des Mères. Tout un symbole ». Toutefois de nombreuses questions restent sans réponse rappelle l’édittorialiste. « Tout n’est pas subitement devenu parfait » t. La déjà fameuse « règle des quatre » sera bien difficile à faire comprendre et à faire respecter ».

L’Avenir estime que « ce n’est qu’une petite dose de liberté qui nous est rendue, comparativement à l’ampleur des restrictions qui s’imposent à nous depuis la mi-mars. Mais nous savourerons ce bol d’air avec délectation. Nous en ferons usage avec raison, histoire de nous préserver d’un nouveau sursaut de l’épidémie, qui s’accompagnerait d’un retour de mesures sévères. En permettant aux Belges d’accueillir quatre personnes dans leur foyer, dès ce dimanche de fête des mères, le Conseil national de sécurité a répondu au mécontentement d’une bonne part de la population qui, une douzaine de jours auparavant, déplorait un manque d’ouverture sur les contacts sociaux. Sans doute les autorités ont-elles aussi perçu qu’une telle concession s’avérait indispensable pour préserver l’adhésion aux mesures, jusque-là exceptionnelle ».

« Sophie Wilmès a insisté sur ce point, hier : une sorte de contrat s’établit désormais avec la population. Autoriser les gens à ouvrir les portes de leur foyer implique de facto un regain de confiance. Sauf cas exceptionnels, les contrôles policiers ne peuvent se dérouler à l’intérieur de nos murs. Et c’est évidemment heureux, dans un État de droit », explique le quotidien.

« Liberté responsable », titre La Libre. « Les portes de la liberté s’entrouvrent. Celles de la tendresse et de l’amitié aussi. Le bol d’air social est à portée de lèvres. Après huit semaines de réclusion domestique, nous allons enfin pouvoir nous baigner dans les yeux de quelques proches, nous réchauffer à leur compagnie, même distante », explique l’édito.

La Libre salue aussi la communication plus claire de Sophie Wilmès. « Sévèrement critiquée, sur le fond et sur la forme, après le Conseil national de sécurité du 24 avril, la Première ministre a présenté ses regrets et intégré les remarques : sa communication fut plus claire, plus empathique ».

 
 
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