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L'entretien d'embauche vidéo, nouvelle tendance RH du confinement

Après les entretiens d'embauche par logiciel de visioconférence, ce sont les entretiens vidéo différés qui ont la cote. Mais ils n'ont pas que des avantages.

Journaliste au pôle Multimédias Temps de lecture: 3 min

Alors que le confinement reste de mise pour une bonne partie de la population, trouver un job ou du moins décrocher un entretien peut relever du chemin de croix. Depuis des mois, la tendance est aux entretiens vidéo différés. Plutôt qu'un entretien à distance traditionnel réalisé en utilisant des logiciels de vidéoconférence permettant un échange entre le candidat et le recruteur, les entretiens différés s'effectuent seul devant son écran.

Concrètement, le recruteur prépare une série de questions auxquelles le candidat devra répondre soit à l'oral soit à l'écrit. Il est filmé pendant tout l'exercice afin que ses réponses et son langage corporel soient analysés par la suite par le recruteur.

A la clé, selon les sociétés qui proposent ce genre de service, des économies de temps de ressources et d'argent. « En période de confinement, les recruteurs sont soumis aux mêmes problématiques que tout le monde, analyse Catherine Hellemans, professeure à l'ULB et chercheuse au centre de recherche de psychologie du travail. Organiser une série d'entretien via des logiciels comme Skype implique des incertitudes liées au temps. Disposer de toute une série de vidéos de candidats préenregistrées offre une meilleure autonomie au recruteur et limite les temps morts à attendre le prochain rendez-vous ».

Toutefois, le procédé n'est pas sans défaut et le principal problème saute aux yeux : le manque d'interaction entre le candidat et le recruteur. « La théorie de la communication montre bien que le feedback est un élément très important dans toute communication. On vérifie que l'autre a bien compris le message que l'on veut faire passer, on repose la question, si on veut aller plus loin dans la conversation. Lors d'une discussion, l'un et l'autre s'adaptent en permanence. Mais lorsque l'on s'enregistre seul, il n’y a aucun retour ni aucun indice quant à la posture à adopter. Ce n'est pas une situation idéale pour un candidat, mais cela ne l'est pas non plus pour le recruteur qui ne peut demander d'informations complémentaires ou approfondir l'un ou l'autre point. Je pense que ce genre de procédé peut être pratique pour effectuer un premier tri parmi les candidats, mais il me semble qu'il est compliqué d'engager quelqu'un sur seule base d'un entretien préenregistré. D'autant plus s'il s'agit d'un poste à plus fortes responsabilités ».

Des conseils ?

Comme pour tout entretien d'embauche, mieux vaut faire montre d'une certaine préparation. « Sauf en cas de candidature spontanée, mieux vaut se renseigner sur le poste à pourvoir, poursuit Catherine Hellemans. Envisager le type de questions qui seront posées. Il y a bien sûr le grand classique sur ses points forts et ses points faibles, mais de plus en plus, les recruteurs demandent d'illustrer ses forces et faiblesses dans des exemples concrets. Toute information sur l'entreprise dans laquelle on compte postuler est bonne à prendre. Quelle est la mentalité d'entreprise, qu'est-ce qui est demandé aux employés et pourquoi on pense avoir une place au sein de la structure ».

Deuxième conseil : renvoyer la meilleure image de soi possible. « On a déjà l'habitude de se montrer sous son meilleur jour lors d'un entretien traditionnel. Et cela ne change pas en période de confinement. Mieux vaut être présentable en vidéo : bien habillé, propre, etc. Autre avantage, il est possible de mieux maîtriser son environnement. Ranger son habitation, faire un peu de ménage donnera une image plus positive lors de l'entretien. »

 

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