RD Congo: le procès de Kamerhe, principal allié du chef de l’État, reporté juste après son ouverture

RD Congo: le procès de Kamerhe, principal allié du chef de l’État, reporté juste après son ouverture

Le procès pour corruption de Vital Kamerhe, principal allié du chef de l’État de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, étape sans précédent dans l’histoire judiciaire du pays, s’est brièvement ouvert lundi à Kinshasa avant d’être ajourné au 25 mai.

« La cause est renvoyée au 25 mai pour la poursuite de l’instruction », a déclaré le président du tribunal à l’issue de cette première audience d’environ deux heures retransmise par la chaîne d’État RTNC.

En détention préventive depuis le 8 avril, M. Kamerhe a comparu avec deux co-accusés pour le détournement présumé de quelque 50 millions de dollars destinés au financement de travaux publics qui devaient marquer le début du quinquennat de Félix Tshisekedi en 2019. La RDC s’est constituée partie civile dans ce dossier sans précédent.

Enquête anti-corruption

Les poursuites contre Vital Kamerhe entrent dans le cadre d’une vaste enquête anti-corruption supposée marquer le « renouveau » de la justice congolaise dans la lutte contre l’impunité des élites depuis l’indépendance le 30 juin 1960. Le procès s’est ouvert en « audience foraine », c’est-à-dire délocalisée dans l’enceinte même de la prison de Makala.

Les avocats de M. Kamerhe ont indiqué qu’ils avaient déposé une demande de remise en liberté provisoire. Une première avait été rejetée mi-avril.

Bras droit de Tshisekedi

M. Kamerhe est bien plus qu’un simple collaborateur du chef de l’État. Natif du Sud-Kivu (est), le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) s’était désisté en faveur de Félix Tshisekedi avant l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, qui a marqué la première alternance pacifique dans l’histoire de la RDC.

Nommé directeur de cabinet au lendemain de l’investiture du président Tshisekedi le 24 janvier 2019, Vital Kamerhe est soupçonné du détournement des fonds destinés à la construction de logements sociaux (4.500 maisons préfabriquées). Il nie ces accusations. Il estime que tous les marchés publics ont été « hérités » du précédent gouvernement, affirmant « qu’aucun contrat de marché public de gré à gré ne porte sa signature », selon l’ordonnance de rejet de sa demande de remise en liberté provisoire du 11 avril.

Si son arrestation est présentée comme un signal fort dans la lutte contre la corruption des élites, une partie de l’opinion reste sceptique et évoque un règlement de compte au sein de la coalition ou une manoeuvre. Sur les réseaux sociaux, ses partisans dénoncent une affaire visant à l’écarter de la présidentielle de 2023. Des militants de son parti l’UNC ont manifesté lundi matin à Goma pour « clamer l’innocence » de leur leader.

Malgré son arrestation, M. Kamerhe n’a pas démissionné de son poste de directeur de cabinet, ni a été révoqué.

 
 
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