Ces expos rouvriront à partir du mardi 19 mai: une réservation est souvent indispensable

Pour bon nombre de ces expos, une réservation préalable est actuellement nécessaire.

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Hyperréalisme
» à la Boverie.
« Hyperréalisme » à la Boverie. - D.R.

Hyperréalisme

Du 19 mai au 2 août à La Boverie (Liège)

Moulé, reproduit à la perfection, le corps humain est au cœur du parcours proposé au Musée de la Boverie. On y retrouve les plus grands spécialistes du genre : Duane Hanson, George Segal, John DeAndrea, Ron Mueck, Paul McCarthy, Sam Jinks, mais aussi beaucoup d’autres moins connus mais réservant pas mal de surprises. Outre les œuvres elles-mêmes, des interviews filmées des différents artistes viennent éclairer leur pratique aussi bien que leurs motivations. Le tout dans un parcours montrant l’évolution du genre et la manière dont, au-delà de la prouesse technique, l’émotion peut aussi être au rendez-vous. Car c’est bien là que se situe sans doute la plus belle réussite de cette exposition : montrer qu’au-delà de la perfection, ce qui fait la force d’une œuvre hyperréaliste tient aussi à ce qu’elle raconte, à la manière dont elle peut nous toucher, nous déranger, nous questionner.

Keith Haring à Bozar.
Keith Haring à Bozar. - D.R.

Keith Haring

Du 19 mai au 21 juillet à Bozar (Bruxelles)

Cette vaste rétrospective consacrée à Keith Haring offre un parcours joyeux et grave dans l’œuvre d’un artiste activiste, témoin et acteur de son époque. Trente ans après son décès, on redécouvre ici toutes les facettes de sa carrière : collages des premières années, dessins à la craie, vidéos de performances, grandes fresques colorées sur bâche, panneau de bois ou élément de carrosserie, affiches, vases, objets divers… Derrière les figurines amusantes qui ont popularisé son univers, c’est tout un ensemble de thèmes graves qu’il aborde à sa façon : le racisme, l’homophobie, la religion, la politique et bien sûr l’épidémie de sida qui frappe de plein fouet sa génération et dont il sera l’une des victimes. On sent dans bon nombre de ses œuvres un étonnant mélange d’émotions : une colère et une soif de justice qui le font s’engager, manifester, réaliser des œuvres incroyablement percutantes et en même temps un humour et une joie de vivre que l’éternel gamin qu’il rêvait d’être n’avait jamais perdus.

Latifah Echakhch. The sun and the set

Du 19 mai au 16 août au BPS 22 (Charleroi)

Le théâtre inspire bon nombre de plasticiens aujourd’hui. Celui de Latifah Echakhch que le BPS 22 présente actuellement évacue toute présence humaine et ne s’intéresse qu’à l’espace, aux objets, au décor. Dans la grande halle, on découvre, sous le titre général The Fall (la chute) une série d’installations s’articulant chacune autour d’une immense toile peinte suspendue à la façon d’un décor de théâtre abandonné. Le spectateur les découvre comme s’il arrivait trop tard, alors que le spectacle est terminé depuis longtemps. Sur les parties de toile jonchant le sol, dans les plis et alentours, divers objets. À chaque visiteur d’observer, de relier les choses, de se raconter sa propre histoire à partir de ces divers éléments dépareillés éveillant chez chacun des souvenirs différents. Parmi les nombreuses autres œuvres et installations du parcours, on retiendra surtout, dans la salle Pierre Dupont, trois œuvres murales géantes. Pour l’une, des dizaines de personnages ont été peints, foule de manifestants dont on ignore les revendications. L’artiste a ensuite martelé le mur, éclatant son œuvre, faisant tomber sur le sol des pans entiers de celle-ci et ne laissant que quelques bribes de sa fresque, semblant nous interroger : que restera-t-il de tout cela ? À côté, une œuvre superbe faite de centaines de feuilles de carbone bleu utilisées pour les stencils d’antan. Œuvre monochrome mais rappelant par le matériau utilisé les révoltes, les prises de parole, les espoirs déçus. En face, une autre fresque partiellement détruite recrée un ciel bleu peuplé de nuages blancs dont de nombreux fragments brisés se sont écrasés sur le sol. Ultime champ de ruines, même le ciel nous tombe sur la tête…

Mondo Cane

Du 19 mai au 21 juillet à Bozar (Bruxelles)

À la Biennale de Venise, l’installation Mondo Cane de Jos de Gruyter et Harald Thys avait remporté une mention spéciale du jury. Elle est aujourd’hui visible à Bruxelles dans une version encore plus percutante. Contrairement à Venise où les personnages principaux se trouvaient enfermés derrière de hautes grilles blanches, le visiteur est cette fois invité à franchir l’unique grille et à s’aventurer dans cette sorte d’hôpital psychiatrique intemporel. Rémouleur, tricoteuse, pizzaïolo, peintre, fileuse de laine, joueur d’orgue sont au rendez-vous avec leurs airs pas vraiment frais et leurs gestes automatisés. Une sorte d’image défraîchie d’un passé idéalisé dont il ne reste qu’un succédané sentant la naphtaline et le renfermé. Derrière l’humour des artistes (dont on découvre aussi les beaux dessins) et les gestes répétitifs des uns et les attitudes figées des autres, on voit poindre les dangers de l’immobilisme, du repli sur soi, de l’enfermement dans un petit monde dont seraient exclus tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule.

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Punk Graphics. Too Fast to Live, too Young to Die
» à l’ADAM.
« Punk Graphics. Too Fast to Live, too Young to Die » à l’ADAM. - D.R.

Punk Graphics. Too fast to live, too young to die

Du 21 mai au 30 août à l’Adam Museum (Laeken)

C’est une déchirure. Une balafre taguée sur une affiche. Un doigt d’honneur jaune ou rose fluo dans la face de l’establishment. C’est pas compliqué, le punk, vu sous l’angle graphique : faut que ça pète, que ça clashe, que ça choque et, parfois oui, faut que ça fasse rire. La richesse de l’expo présentée à l’Adam, c’est Andrew Krivine. Ce banquier d’affaires new-yorkais est l’un des plus grands collectionneurs et experts du monde en graphisme punk, new wave et post-punk. Dès l’adolescence, fasciné par l’inventivité des visuels, il se met à rassembler avec frénésie tee-shirts, posters et magazines, accumulant en 42 ans quelque 3.000 pièces liées au mouvement. C’est un témoin de première main, il a vu la naissance du punk, à New York et même à Londres, où son cousin était le propriétaire de Boy, l’une des boutiques emblématiques de la scène britannique. Sur la base de son incroyable collection – déjà exposée au Museum of Arts and Design de New York en 2018 et objet d’un livre de 700 pages paru en 2015 –, le Musée du design à Bruxelles (ADAM) rend hommage à la plus créative de toutes les contre-cultures. Too Fast To Live, Too Young To Die , c’est 500 affiches, flyers, pochettes de disques, photos iconiques ou insolites, et une certitude : oui, le punk a profondément bouleversé la conception du design graphique.

Lire aussi Notre visite

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René Magritte. Les images révélées
» au Musée de la photographie à Charleroi.
« René Magritte. Les images révélées » au Musée de la photographie à Charleroi. - D.R.

René Magritte. Les images révélées

Du 21 mai au 20 septembre au Musée de la photographie (Charleroi)

On n’en finit plus de redécouvrir René Magritte et pas seulement son œuvre de peintre. Au Musée de la photographie, c’est très logiquement son travail photographique qui est à l’honneur à l’occasion d’une exposition arrivant enfin chez nous après avoir tourné dans le monde entier durant trois ans. C’est pourtant bien d’ici qu’elle est partie puisqu’elle a été mise sur pied par Xavier Canonne, directeur du musée, avec le soutien de la Fondation Magritte. Au menu, plus d’une centaine d’images que l’artiste n’a jamais exposées. Pour lui, en effet, la photographie était un souvenir, un témoignage, un outil de travail, un amusement mais pas une œuvre en soi. Pourtant, cette exposition s’avère passionnante tant les passerelles entre l’univers pictural de Magritte et la photographie sont évidentes. Avec également un volet cinéma dont l’artiste était un fan absolu.

En prime, comme toujours au Musée de la photo, quatre autres expositions : les irrésistibles petites vidéos du Studio Madame de Laurence Bibot, le glaçant travail documentaire My America de Diana Matar sur les dizaines de lieux où des citoyens américains ont été abattus par la police, deux fortes vidéos sur les États-Unis dans la Boîte noire et les personnages masqués de Mathieu Van Assche à la Galerie du Soir.

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