1.000 emplois menacés chez Brussels Airlines: des partis politiques appellent à conditionner les aides ou à nationaliser

1.000 emplois menacés chez Brussels Airlines: des partis politiques appellent à conditionner les aides ou à nationaliser
Belga

Plusieurs partis politiques ont fait part mardi de leur soutien aux travailleurs de Brussels Airlines, tout en se montrant furieux de l’attitude de la maison-mère de la compagnie aérienne, l’Allemande Lufthansa. La direction a annoncé mardi matin lors d’un conseil d’entreprise la suppression de quelque 1.000 emplois. Une rencontre est prévue dans l’après-midi entre le gouvernement fédéral et les syndicats.

« La compagnie aérienne sollicite plus de 300 millions d’euros auprès de l’Etat belge. Dans ce contexte, l’attitude de Lufthansa est inacceptable aux yeux du MR et la réponse qu’elle apporte pour faire face à cette crise ne peut en aucun cas être définitive », s’est insurgé le président du MR Georges-Louis Bouchez dans un communiqué. « Cette annonce a donc vocation à être remise en cause en cas d’intervention de l’Etat », ajoute le président du parti de la Première ministre Sophie Wilmès.

De son côté, le PTB rappelle que le groupe Lufthansa a réalisé un bénéfice de 2,8 milliards d’euros l’année dernière. « Ce n’est pas au personnel de Zaventem de payer aujourd’hui pour la crise. Il n’est pas question d’envisager un soutien public à une entreprise qui met un millier de personnes à la rue », réagit Raoul Hedebouw, chef de groupe à la Chambre. Le parti communiste appelle le ministre des Finances Alexander De Croo « à refuser cette logique et à garder la nationalisation comme moyen de pression et comme alternative. »

Du coté du PS, le chef de groupe à la Chambre Ahmed Laaouej demande que la priorité soit mise « au soutien des travailleurs et à leurs familles ». « Pas de chèque en blanc à Lufthansa qui a engrangé plus de 2 milliards de bénéfices l’an dernier », a-t-il ajouté sur le réseau social Twitter.

Pour le président du cdH Maxime Prévot, « un plan de reprise doit permettre une meilleure maîtrise belge de l’outil et un développement durable à long terme de l’entreprise dans l’intérêt des travailleurs et de l’économie. »

« Le secteur aérien doit se transformer en profondeur et l’urgence est aujourd’hui d’accompagner le personnel », écrit le député fédéral Ecolo Gilles Vanden Burre.

Des négociations « très difficiles »

Les négociations entre Lufthansa, la maison-mère allemande de Brussels Airlines, et le gouvernement belge sur une aide d’Etat pour la compagnie aérienne belge sont très difficiles, a reconnu mardi le ministre des Finances, Alexander De Croo, juste avant de rencontrer les syndicats de l’entreprise. Les discussions que mène le groupe aéronautique avec l’Etat allemand viennent en effet compliquer les débats, a-t-il confié.

La Première ministre Sophie Wilmès (MR), le ministre De Croo (Open VLD) et la ministre de l’Emploi et de l’Economie, Nathalie Muylle (CD&V), recevaient mardi après-midi les syndicats de Brussels Airlines après l’annonce par l’entreprise de son intention de supprimer jusqu’à 1.000 emplois, soit un quart du personnel de la compagnie, et de réduire sa flotte d’avions de 30 %.

« Les négociations sont très difficiles avec Lufthansa car eux-même sont en train de négocier (une aide d’Etat d’environ 9 milliards d’euros, NDLR) avec le gouvernement allemand », a expliqué Alexander De Croo à son arrivée au 16 rue de la Loi. Il est en effet question d’une entrée de l’Etat allemand au capital du groupe aéronautique, ce qui crispe les débats. Son patron, Carsten Spohr, ne veut en effet pas entendre parler d’une immixtion des gouvernements dans la gestion de son entreprise.

 
 
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