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Isabelle Ferreras (UCLouvain): «Ce confinement c’est l’aveu d’un échec collectif»

Professeure de sociologie, Isabelle Ferreras était l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir. Au menu : la carte blanche qu’elle a écrite à propos de la relance économique après le Covid-19.

Temps de lecture: 2 min

Isabelle Ferreras est l’une des trois académiques à l’initiative d’une tribune ratifié par plus de 3.000 chercheuses et chercheurs (3.114 au dernier décompte) issus de 600 universités du monde entier. Son titre : « Travail : Démocratiser. Démarchandiser. Dépolluer ».

« Une pratique moyenâgeuse »

Des responsables de maisons de repos et autres experts qui dénoncent le lourd tribut des pensionnaires des maisons de repos dans le contexte du confinement. Une des images du confinement qui a choqué Isabelle Ferreras. Dans un reportage de la RTFB l’un d’entre eux parle d’euthanasie passive. «  Ce confinement, ça a été l’aveu d’un échec collectif  », commence-t-elle. «  On a dû se confiner, une pratique moyenâgeuse, car on n’était pas préparés. Et on a dit que c’était pour protéger les plus faibles, justement, que c’était une raison supérieure impérative. Mais face à ce reportage, on se dit qu’on a abandonné les plus faibles des plus faibles. Que va-t-on dire à nos enfants, à ceux qui paient un lourd tribut à ce confinement ? Cette crise met au centre de la table les fondements même de notre société. Nous avons tous payé un coût à cette crise et voir ce résultat-là, c’est très dur ».

On l’a vu, c’est donc une raison éthique qui a apparemment motivé ce confinement, or on se rend compte que les plus faibles en maisons de repos ont mal été protégés. L’éthique était donc vraiment le guide de ce confinement ? «  Il faudra plus de recul historique pour analyser cela. En 2014, Barack Obama avait fait un discours sur la crise d’Ebola, il se disait conscient de la gravité de la situation, conscient que le monde faisait face à un risque de pandémie. Il appelait à la préparation. L’OMS avait conçu un plan. Nos gouvernements n’ont pas décidé de suivre. Ça pose la question de la démarchandisation  ».

C’est-à-dire que le mécanisme du marché ne peut être laissé seul en charge des choix collectifs fondamentaux, écrit-elle dans la carte blanche cosignée par 3.000 chercheuses et chercheurs internationaux pour « le monde d’après », dans une tribune que publie le journal Le Soir. «  La santé et la dignité doivent être prises en considération sans prendre en compte si un marché solvable peut entrer en action à un instant T  ».

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14 Commentaires

  • Posté par Bagage - Résidence Héris Christiane, samedi 16 mai 2020, 19:10

    Vous ne vouliez pas faire un article + long et qui en dit + ?

  • Posté par Ballez Guy, samedi 16 mai 2020, 17:58

    Vous voulez mieux appréhender les personnalités des divers intervenants, lisez leurs contributions. En ce qui concerne Isabelle Ferreras, sa thèse de doctorat sur les caissières de grand magasins. C'est très instructif. Attention, ce n'est pas une critique en soi mais cela éclaire ... je dois dire que les thèses de sociologie m'ont toujours souvent plongé dans un abîme de perplexité ... Il s'agit le plus souvent dans nos contrées de subventions étatiques à des positions souvent très très à gauche.

  • Posté par Moussiaux Pierre, samedi 16 mai 2020, 19:50

    Si le fait de s'intéresser aux gens est d'être de gauche, je le revendique pleinement.

  • Posté par Naeije Robert, samedi 16 mai 2020, 17:28

    Mme Ferreras est une insupportable radoteuse, à la mode à ce qu'il semble, mais complètement déconnectée de la réalité. Je cite: "le mécanisme du marché ne peut être laissé seul en charge des choix collectifs fondamentaux". On devine où elle veut en venir. Je préfère le fonctionnement normal de nos démocraties respectueuses du droit à ces élucubrations potentiellement liberticides.

  • Posté par Raspe Eric, samedi 16 mai 2020, 18:27

    Cher Robert, aucune liberté n'est absolue. Toutes s'arrêtent où la liberté du voisin commence. Gardons en tête que le revers de la médaille de la liberté est la responsabilité notamment vis-à-vis des autres. Et depuis les Lumières, c'est la loi qui défini le cadre et les limites des libertés. En quoi une plus grande démocratisation de l'économie avec un meilleur équilibre entre ses acteurs serait une élucubration liberticide? Par contre, l'égoïsme illimité de quelques uns nous amènera sûrement au désastre.

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