Au Brésil, le coronavirus tue plus les jeunes qu’ailleurs

Au Brésil, le coronavirus tue plus les jeunes qu’ailleurs

La proportion de jeunes adultes morts du coronavirus est plus élevée au Brésil que dans la plupart des autres pays, notamment chez les plus pauvres, qui ont plus de mal à respecter les règles de distanciation sociale.

Quelles explications ?

Cette différence s’explique tout d’abord par la pyramide des âges : 13,6 % des Brésiliens seulement ont plus de 60 ans, contre 25 % en Espagne et 28 % en Italie. Mais d’autres facteurs entrent en ligne de compte.

Ensuite, le taux de confinement, mesuré à partir du signal des téléphones mobiles, est en baisse constante depuis un mois, alors que le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, coronasceptique, ne cesse de remettre en cause les mesures restrictives prises par les gouverneurs des Etats.

La part des moins de 60 ans dans les décès liés au coronavirus, qui était de 19 % début avril, est passée à 31 % cette semaine, alors que le pays a franchi la barre des 1.000 morts quotidiens pour la première fois mardi et que la courbe s’accélère. Le Brésil déplore officiellement 20.047 décès.

Les jeunes les plus contaminés ?

Le ministère de la Santé ne fournit pas d’informations sur la tranche d’âge des personnes infectées. Les chiffres officiels de cas confirmés sont largement sous-estimés, les spécialistes estimant qu’ils sont au moins 15 fois inférieurs à la réalité.

Selon les estimations du collectif de chercheurs Covid-19 Brasil, le pays compterait plus 3,6 millions de personnes infectées, contre quelque 310.000 selon le dernier bilan officiel. D’après ces projections du collectif, les deux tranches d’âge les plus contaminées seraient les 20-29 ans et 30-39 ans, avec plus de 580.000 cas chacune, soit deux fois plus que les 60-69 ans.

« Mais les chiffres sont inquiétants parce qu’ils montrent que beaucoup de jeunes ne prennent pas les précautions nécessaires et s’exposent au virus, alors qu’ils risquent eux aussi d’être gravement atteints par la maladie », indique Patricia Canto. « Même si la plupart des jeunes adultes infectés n’ont pas besoin d’être hospitalisés, les services de santé sont d’autant plus saturés qu’ils ne reçoivent pas que des personnes âgées », renchérit Mauricio Sanchez.

Pour ce chercheur, « la plupart de ceux qui ne respectent pas le confinement sortent de chez eux parce qu’ils n’ont pas le choix », une allusion aux millions de travailleurs pauvres dont les revenus dépendent exclusivement du secteur informel, comme les vendeurs ambulants.

« Si le gouvernement avait mis en place une politique d’aide massive des personnes les plus vulnérables, peut-être que les gens resteraient davantage chez eux », poursuit-il.

Une allocation de 600 réais (environ 100 euros) est prévue pour les travailleurs informels. Mais beaucoup d’entre eux ont eu du mal à s’inscrire et des foules se sont agglutinées pour affronter de longues files d’attente de plusieurs heures devant les succursales de la banque publique Caixa.

 
 
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