Les yeux rivés sur le téléphone en permanence ? Gare au « Text Neck »

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La tête penchée en avant, les yeux rivés sur les informations qui défilent sur le smartphone ou la tablette, les muscles de la nuque qui se tendent au point d'en devenir douloureux, on appelle ce phénomène le « Text Neck », et les générations X et Y pour ainsi dire nées avec un téléphone en main y sont apparemment plus sujettes que les autres. Sommes-nous condamnés à devenir bossus ? Pas si sûr.

« Dans ma pratique quotidienne, je rencontre malheureusement de plus en plus cette posture typique, particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes, explique Sarah Bethlen, médecin en médecine physique et revalidation spécialisée dans les pathologies rachidiennes. Un peu recroquevillés sur eux-mêmes. Une position un peu similaire à celle de Gaston Lagaffe, asthénique, comme s'ils portaient le poids du monde sur leurs épaules. De plus en plus de parents amènent leurs enfants en consultation pour des douleurs et des tensions sur la face supérieure des épaules, des douleurs cervicales et des maux de tête. Toutes ces pathologies sont bien souvent liées à un défaut de posture. Auparavant, on retrouvait ces symptômes au sein de certaines professions, typiquement les dentistes, penchés en permanence sur leurs patients. Ou des secrétaires avec un poste de travail mal adapté. Mais de plus en plus de gens consultent pour ces problèmes même si leur profession n'est pas considérée comme à risque ».

Pour la médecin, ce n'est pas étonnant, on passe, de nos jours, beaucoup plus de temps sur nos smartphones, à lire sur des liseuses ou des tablettes, tête baissée et dos vouté. « Ces mauvaises postures peuvent s'avérer douloureuses, mais elles peuvent même gagner en gravité, notamment en fonction de l'âge. Chez les plus jeunes, des tensions provoquées par une mauvaise posture qui n'est pas corrigée peuvent mener à des lésions dégénératives comme des discopathies, de l'arthrose ou même des hernies discales. Il est donc important de consulter en cas de douleurs pour apprendre à corriger sa posture ».

S’accorder des pauses

Et nos postures ne risquent pas de s'améliorer d'elles-mêmes avec un télétravail devenu la norme depuis des semaines. « Il est important de s'octroyer des pauses régulièrement, se lever toutes les 20 minutes, continue l'experte. Cela permet d'éviter que les muscles de la nuque et du dos ne restent compressés trop longtemps. Surélever l'écran de son ordinateur pour que les yeux puissent regarder vers l'horizon permet également d'améliorer sa posture et limiter le risque de douleurs.

Pour Mathieu Tits, en revanche, difficile d'établir avec certitude un quelconque lien entre les smartphones et les problèmes de dos. « Il est très difficile de faire un lien entre l'utilisation intensive de son smartphone et les problèmes de dos. La littérature scientifique n'a en tout cas pas établi de lien. Pendant très longtemps, on a cru que les mauvaises postures provoquaient des lésions. Or, on s'est rendu compte après des études poussées qu'il n'en était rien et que le patrimoine génétique avait plus d'importance que la manière dont on s'assoit, même de manière prolongée. Par ailleurs, on a constaté que de nombreuses douleurs ne pouvaient pas s'expliquer par des lésions. Bien souvent, on ne sait pas expliquer les maux de dos ».

Et surtout... bouger

Dire donc que la posture puisse expliquer les douleurs ou le développement de pathologies serait donc un raccourci. En revanche, les muscles de la nuque et du dos fonctionnent comme tous les autres. « Si on les sollicite trop longtemps en particulier dans une position peu adaptée, ils deviennent douloureux. Il ne faut pas oublier que la tête pèse environ cinq kilos. La garder penchée pendant une période prolongée peut donc induire des tensions et donc des douleurs voire même irriter les nerfs ».

Mais concernant le fameux text neck et ses douleurs chroniques, il existe peut-être une autre explication que nos smartphones pour tenter de les expliquer. « Je ne sais pas si l'utilisation de nos téléphones nous affecte particulièrement. En revanche ce qui est démontré c'est que l'activité physique quotidienne réduit très fortement les risques de douleur au dos, à la nuque et aux épaules. Or il est prouvé que l'on en pratique de moins en moins et que les enfants, sont en moins bonne condition physiques qu'autrefois. Et que leur activité physique a beaucoup diminué et celle des adultes aussi ».

Si l'on veut éviter les douleurs, le mieux reste donc encore de poser son téléphone et de faire de l'exercice

 
 
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