La culture en digital: stop ou encore? Les résultats de notre enquête

Durant le confinement, les Musées royaux des Beaux-Arts ont proposé une série de contenus permettant de découvrir les restaurations d’œuvres ou de mieux comprendre le fonctionnement de certains artistes comme Brueghel.
Durant le confinement, les Musées royaux des Beaux-Arts ont proposé une série de contenus permettant de découvrir les restaurations d’œuvres ou de mieux comprendre le fonctionnement de certains artistes comme Brueghel. - DR

La culture en digital a-t-elle un avenir auprès du public ? Telle est la question à laquelle voudraient pouvoir répondre les différents groupes de travail issus des réunions de #CultureTogether. Afin de sonder le public, une enquête a été conçue et est disponible dès aujourd’hui sur le site du Soir. Pourquoi une telle enquête et comment est-elle née ? Petit retour en arrière.

Au début du confinement, explique Séverine Provost de l’agence BeCulture, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. Quelque temps plus tôt, nous avions été en contact avec Movietown, une agence événementielle que nous avait présentée l’équipe de Tempora à l’occasion de l’exposition Hyperréalisme à Liège. Tempora l’organisait et nous en assurions la communication. »

Un appel sur Facebook

Quand l’expo ferme ses portes, comme toutes les autres activités culturelles, les deux équipes décident de lancer #CultureTogether. « L’idée était de continuer à s’adresser au plus large public qui ne soit pas uniquement le microcosme culturel. Nous avons décidé de donner la parole aux acteurs culturels pour qu’ils expliquent ce qu’ils font, ce qu’ils ne peuvent faire à cause du confinement, ce qu’ils préparent… » Très vite, l’initiative prend forme : artistes, directeurs d’institution et autres professionnels se succèdent. Chaque jour une nouvelle vidéo est mise en ligne sur le site du Soir (où on peut retrouver l’ensemble des portraits déjà réalisés) et sur les réseaux sociaux.

Parallèlement, les animateurs de #CultureTogether décident de créer des groupes de réflexion. « On s’est rendu compte que, finalement, chacun était très seul. C’était flagrant, il n’y avait pas d’agora où artistes, responsables d’institution, programmateurs, techniciens peuvent échanger. On a lancé un ballon d’essai avec un appel sur Facebook pour créer des groupes de réflexion. Le lendemain, on avait 200 mails de réponse. Ça partait plutôt du côté humain, d’un besoin de rassemblement et d’écoute plutôt que de partage et de réflexion. Mais c’était un début. »

Rapidement des réunions Zoom se mettent en place pour aborder divers thèmes : le confinement et les besoins de chacun durant cette période, le déconfinement et la manière de se remettre en selle… « Après les premières séances, on s’est rendu compte que c’était trop vaste et qu’il fallait des thématiques plus précises. L’une émergeait de tous les groupes de réflexion : le digital. Tout le monde y a fait appel depuis le début de la crise. D’abord pour communiquer et continuer à exister. Mais ensuite pour aller plus loin. Le musicien Jean-Luc Plouvier a bien résumé les choses en disant que le digital, ce n’était plus de la com’ mais du contenu »

Rassemblant tous les secteurs et tous les métiers, les groupes de réflexions de #CultureTogether ont approfondi la question en plusieurs sous-groupes de cinq personnes. « Ce qui est sorti, c’est que les institutions doivent désormais réfléchir au contenu qu’elles diffusent et à la manière dont elles le diffusent. Les artistes de leur côté ont rappelé qu’ils devaient être rémunérés pour leur travail. De fil en aiguille, on a vu aussi des différences apparaître entre ceux qui veulent uniquement revenir au “live” et ceux qui se disent qu’on peut aller beaucoup plus loin avec le digital. Et qu’on a tout à y gagner puisque cela permet d’aller chercher un autre public. »

Digitalisation à quel prix ?

La digitalisation et l’éducation sont les deux points majeurs qui sont ressortis concernant l’avenir. Et l’idée de lancer une enquête a émergé. « Les questions viennent de ce qui est sorti durant les ateliers. Une des grandes questions c’est : les gens sont ils prêts à payer pour des contenus exclusifs ? Car là, il ne s’agit plus de faire de la communication à travers les réseaux sociaux mais bien de créer des contenus pour le digital. »

Une prise de conscience forcée par la crise mais que beaucoup voient comme indispensable pour continuer à exister. « Si on ne bouge pas, dans quelques années, on sera mort. Mais attention, on veut rendre la culture accessible à tous mais en gardant un contenu de qualité. La question face à cela est de voir comment financer cette offre. Le public serait-il prêt à payer pour des contenus exclusifs de qualité ? D’où cette enquête qui vise à la fois à définir le type de public intéressé et jusqu’où celui-ci est prêt à aller. »

Une enquête en vingt petites questions aussi simples que précises. A vous de jouer :

Si vous ne parvenez pas à remplir le questionnaire sur mobile, veuillez cliquer sur ce lien.

 
 
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  • Philippe Kauffmann travaille depuis plus de 25 ans dans le secteur culturel, au sein de l’ASBL Indigo, des Jeunesses Musicales, de l’ASBL Cour-Circuit, des Halles de Schaerbeek mais aussi du cinéma (La Parti). Il a été conseillé de nombreux festivals en France et en Belgique et conseiller artistique des projets événementiels de Mons 2015. Il est actuellement chef de projets et coordinateur artistique général à Mons Arts de la Scène (MARS).

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