Et si la coopérative sauvait nos agriculteurs ?

Et si la coopérative sauvait nos agriculteurs ?

Les premières coopératives agricoles belges ont vu le jour pendant la seconde moitié du 20e siècle. Aujourd’hui, l'agriculture regroupe environ 3/5e de l'ensemble des sociétés coopératives agréées et 35 % des agriculteurs wallons et 22 % des agriculteurs flamands se sont déjà associés dans le cadre de leurs activités professionnelles (étude Crelan). Mais la coopérative séduit pratiquement tous les secteurs de la vie économique : banque (on l’a vu récemment avec le succès de NewB, par exemple), téléphonie (Neibo), édition numérique (Quartier Libre), pharmacie (Multipharma, Ophaco…), services (Ores, Sibelga…)… À tel point que les coopératives réalisent aujourd’hui 5,5% de notre PIB !

Fini la compétition, vive la coopération

Une coopérative est donc une entreprise, mais avec un modèle économique et social de gouvernance différent. Au cœur du modèle : l’entraide, l’auto-responsabilité, la démocratie, l’équité, la solidarité. Les coopératives sont attachées à la préservation d’un savoir-faire, d’un produit, d’une profession... Si elles ont le vent en poupe, c’est qu’elles font sens. Ce sont des « sociétés de personnes » avant d’être des « sociétés de profit ».

C’est le cas chez Faircoop qui a ouvert la voie à l’équitable made in Belgium. En 2009, la « crise du lait » fait rage. Des agriculteurs belges décident de se regrouper dans une coopérative pour vendre leur lait eux-mêmes sous une seule marque (Fairebel) et percevoir une juste rémunération pour leur travail. Carine Dumont, agricultrice près de Cerfontaine, y a vu une planche de salut : « À l’époque, on voyait partout Erwin Schöpges, le président de Faircoop. Il partageait son idée qui paraissait tellement normale, mais que pourtant on ne voyait plus : intégrer une structure pour vendre son lait à un prix équitable. J’ai investi nos tout derniers sous dans la coopérative. Grâce à elle, l’exploitation familiale a retrouvé un revenu décent, nous nous sommes aussi diversifiés, notre fils est revenu travailler à la ferme. Tout cela n’aurait jamais été possible sans la coopérative… Fairebel nous a permis de retrouver une vraie place et la valeur de notre travail. »

Une démarche citoyenne

Un Belge sur deux est sensible aux investissements durables et considère que ceux-ci peuvent être un facteur de changement. Si la coopérative Faircoop regroupe aujourd’hui plus de 500 producteurs laitiers, elle compte aussi parmi ses coopérateurs des consommateurs. « Dès le départ, nous voulions les associer à notre projet, souligne Erwin Schöpges, président de Faircoop Grâce à nos ‘consom’acteurs’, nous sommes plus forts lors des discussions avec la grande distribution, par exemple. » Pour un montant allant de 50 € à 500 €, tout citoyen peut prendre des parts dites de type B et obtenir, quel que soit le nombre de parts acquises, une voix à l’assemblée générale et ainsi participer activement aux décisions de la coopérative au même titre que n’importe quel membre. Le dividende possible, comme dans toute coopérative, s’élève à maximum 6 % de l’investissement de départ.

Et Faircoop ne compte pas s’arrêter là. À l’avenir, son président espère convaincre aussi des agriculteurs d’autres filières agricoles et horticoles de le rejoindre. Parce qu’indéniablement, ensemble on va plus loin…

Découvrez comment Fairebel rend les produits laitiers plus durables, plus équitables et plus locaux !