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Jair Bolsonaro maintient l’utilisation de l’hydroxychloroquine au Brésil, malgré la suspension des essais cliniques de l’OMS

Cette décision a déclenché une vague de critiques dans la communauté scientifique brésilienne.

Temps de lecture: 2 min

Le ministère brésilien de la Santé a annoncé lundi qu’il maintiendrait sa recommandation d’utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter le nouveau coronavirus, malgré la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de suspendre temporairement les essais cliniques avec ce médicament par mesure de précaution.

Bolsonaro fait pression

Sous la pression du président Jair Bolsonaro, le ministère de la Santé du Brésil, le pays le plus durement touché par le coronavirus en Amérique latine, a publié la semaine dernière un document qui étendait les recommandations d’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine y compris aux cas bénins de Covid-19 malgré le manque de preuves concluantes de son efficacité.

L’OMS suspend ses essais

L’OMS a annoncé lundi avoir suspendu « temporairement » les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision prise samedi fait suite à la publication d’une étude la veille dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Avec plus de 363.200 cas et plus de 22.660 morts, selon les derniers bilans officiels, le Brésil (210 millions d’habitants) est le pays le plus touché par la pandémie en Amérique latine et le deuxième dans le monde derrière les Etats-Unis en nombre de cas confirmés.

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6 Commentaires

  • Posté par Chluda Cedric, mardi 26 mai 2020, 14:43

    N'étant pas médecin, je n'ai pas d'avis si c'est un bon médicament ou pas. Par contre, en tant qu'habitué aux journaux scientifiques, il y a un petit bémol : l'étude parue dans The Lancet est "orientée" par un laboratoire privé. Dans les revues scientifiques, les articles soumis peuvent être accompagnés par une donation, plus ou moins importante, donnant accès à une meilleure visibilité dans la revue, la page de couverture, le nombre de pages, et surtout la facilité d'acceptation du papier. La plupart des articles sont soumis par des labos universitaires ou des centres de recherches public. Et qui dit public dit peu de moyens, donc ils doivent passer tout le parcours du combattant pour leur acceptation. Par contre, coté industrie privée, on a généralement de l'argent. Et surtout, quand on trouve quelque chose, on le blinde d'abord de brevets avant d'en parler à tout le monde. Ensuite, quand on a bien rentabilisé, on publie dans une revue. Ici, il s'agit d'un article sponsorisé => Ce qui ici amène à deux poids deux mesures pour la publication du papier. Le processus d'acceptation est passé en express. Ce qui d'ailleurs a chagriné le patron de The Lancet. Allez voir l'interview de l'ancien ministre et médecin Philippe Douste-Blazy sur ce sujet. Les hypothèses, les patients, la procédure, tout doit d'abord être analysé par l'OMS avant de dire si le papier est pertinent ou juste bidon.

  • Posté par Chluda Cedric, mardi 26 mai 2020, 17:06

    - Évidemment ce ne sont pas des dons en tant que tels. Ce sont des "frais". - Ici, il s'agit de médecine, les gens ne sont pas des transistors. Il est impossible pour les reviewers de reproduire l’expérience. Il y a donc une "confiance" implicite envers nos confrères. Malheureusement, certains peuvent se la jouer mouton noir. Entres les résultats faux, les inventés, les demi-vrais, les courbes de modèles coupées juste avant un point problématique, le papier qui déclare une contre vérité... Wait & see.

  • Posté par Quentin Glaude, mardi 26 mai 2020, 16:15

    Je suis pas médecin non plus, mais je suis scientifique et connait les procédure de soumissions d'article. Quand vous souhaitez publier les résultats d'une recherche, vous ne faites pas de dons à une maison d'édition. Vous donnez ce qu'elle demande comme "charge de traitement d'article". Ca dépend en effet du nombre de pages, de figures, etc. En dehors de ça il y a l'accès, La plupart du temps, les gens doivent payer pour avoir accès aux articles. L'autre solution consiste à payer pour que les autres aient accès à l'article. Il n'y a donc pas de dons. Tu payes pour quelquechose. Et non, donner de l'argent ne permet pas de faciliter l'acceptation du papier. Ca remettrait totalement en doute la crédibilité du journal ... Par ailleurs, les reviewers et éditeurs ne sont pas payés par la maison d'édition (oui je sais, c'est étrange) et sont inconnus de l'auteur. Concernant les charges, c'est 5000$ pour de l'open access chez Lancet. C'est assez élevé, mais totalement payable par l'université. De plus, en publiant dans une revue telle que TheLancet, l'université fait grandement améliorer son score. Elle acceptera donc de payer sans aucun problème.

  • Posté par De Ronde Michel, mardi 26 mai 2020, 11:47

    Pour être plus complet, lu dans L’Obs : "L’OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l’hydroxychloroquine, baptisés « Solidarité », dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19. Actuellement, « plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3 500 patients ont été recrutés dans 17 pays », a expliqué le patron de l’OMS. Or, selon la vaste étude parue dans « The Lancet », ni la chloroquine, ni son dérivé l’hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d’arythmie cardiaque. Menée sur près de 15 000 malades, cette « première étude à large échelle » apporte une « preuve statistique robuste » que ces deux traitements « ne bénéficient pas aux patients du Covid-19 », a déclaré dans un communiqué le Dr Mandeep Mehra, auteur principal de l’étude. Les essais menés par l’OMS et ses partenaires concernant l’hydroxychloroquine seront suspendus le temps que « les données » recueillies par les essais Solidarité « soient examinées », a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Il s’agit d’une mesure temporaire », a précisé la Dr Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l’OMS. L’hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l’hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde".

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