Ryanair va contester le plan de sauvetage de Lufthansa devant la justice européenne

Ryanair va contester le plan de sauvetage de Lufthansa devant la justice européenne

La compagnie aérienne Ryanair va contester devant la justice européenne le plan de sauvetage de 9 milliards d’euros du géant Lufthansa par le gouvernement allemand, estimant qu’il va fausser la concurrence.

« Ryanair va faire appel contre ce dernier exemple en date d’aide d’Etat illégale, qui va énormément fausser la concurrence et les règles du jeu pour les vols vers et depuis l’Allemagne pour les cinq prochaines années », a déclaré mardi le patron du groupe Ryanair Michael O’Leary dans un communiqué.

Le tonitruant dirigeant du transporteur irlandais à bas coût n’a pas de mots assez durs depuis le début de la crise du coronavirus contre les aides d’Etat.

Il avait même qualifié de « junkies » les compagnies aériennes qui y ont recours. Ryanair a déjà saisi la justice européenne concernant les aides accordées à la compagnie scandinave SAS et aux compagnies françaises.

« Le gouvernement allemand continue d’ignorer les règles européennes quand cela l’arrange de subventionner les grandes entreprises allemandes, mais fait la leçon à tous les autres gouvernements européens sur le respect des règles quand ils les ignorent », s’est emporté M. O’Leary mardi.

Il estime que cette aide va empêcher des compagnies à bas coût comme la sienne de concurrencer Lufthansa, qui pourrait alors proposer des vols court-courriers à perte selon lui, sur le marché allemand, l’un des plus importants pour Ryanair.

Lufthansa et le gouvernement allemand sont parvenus lundi à un accord sur un plan de sauvetage de 9 milliards d’euros, qui verra l’Etat devenir le premier actionnaire du géant du transport aérien pour éviter sa faillite.

L’accord intervient après de longues négociations sur des aides alors que l’entreprise, comme l’ensemble du secteur aérien, traverse une crise sans précédent menaçant son existence même.

La presse évoque toutefois des concessions demandées par Bruxelles en échange de cette aide. Lufthansa pourrait être obligée de céder des créneaux horaires de décollage et d’atterrissage (slots) ou de réduire le nombre d’avions basés en Allemagne.

Ryanair assure quant à lui depuis des semaines qu’il n’a pas besoin d’aides d’Etat et qu’il dispose de liquidités suffisantes pour faire face à ce choc.

La compagnie a toutefois prévu la suppression de 3.000 postes, essentiellement de pilotes et personnels de cabine, soit 15 % de ses effectifs. Elle a également eu recours à un prêt de 600 millions de livres des pouvoirs publics au Royaume-Uni dans le cadre d’une mesure de soutien aux grandes entreprises.

Mais Ryanair considère qu’il ne s’agit pas d’une aide d’Etat contraire à la loi mais d’un dispositif ouvert à toutes les entreprises en bonne santé financière.

 
 
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