Charles Michel: «Nous ne sommes pas naïfs sur le comportement de la Chine»

L’Union européenne et le Japon vont défendre une stratégie de relance économique ambitieuse pour sortir de la crise provoquée par la pandémie lors du prochain sommet du G7 en juin aux Etats-Unis, ont annoncé mardi leurs dirigeants à l’issue d’un sommet en vidéoconférence.

Les présidents des institutions européennes et le Premier ministre Shinzo Abe se sont dits déterminés «à assurer une reprise économique vigoureuse et à reconstruire des économies plus durables, plus inclusives et plus résistantes», dans un communiqué commun publié à l’issue de la conférence.

Le président américain Donald Trump espère pouvoir organiser ce sommet du G7 à la Maison Blanche avec la participation de tous les autres dirigeants en dépit de la pandémie de coronavirus qui frappe durement les Etats-Unis. Ses homologues se sont montrés prudents et ont dit être prêts à venir à Washington «si les conditions sanitaires le permettent».

«Ce sommet doit être l’occasion d’adresser des signaux forts et les Européens vont coordonner leurs positions», a expliqué le président du Conseil européen Charles Michel lors d’un point de presse à Bruxelles après ses entretiens avec le Premier ministre japonais.

«Le Japon et l’Union européenne représentent un tiers de l’économie mondiale», a-t-il rappelé. Les deux parties vont défendre le libre-échange et le multilatéralisme, a-t-il souligné. La déclaration commune insiste sur «l’importance de maintenir le système commercial ouvert».

«Le Japon et l’UE coopéreront pour faciliter la circulation transfrontalière des médicaments et des équipements médicaux, des matières premières et d’autres biens et services, tout en veillant à ce que les mesures d’urgence nécessaires pour lutter contre la COVID-19 soient ciblées, proportionnées, transparentes, temporaires et conformes aux règles de l’OMC», précise le texte.

Pour les Européens, «le commerce international doit aussi tenir davantage compte des effets négatifs du changement climatique», a souligné M. Michel.

«Eviter la concurrence déloyale de certains pays»

L’Union européenne et le Japon défendent par ailleurs une approche commune sur la fabrication et le développement de vaccins contre le nouveau coronavirus. «Ils doivent être un bien commun, être accessibles partout dans le monde à des prix abordables», a rappelé Charles Michel. «Nous devons éviter la concurrence déloyale de certains pays», a-t-il insisté sans les identifier.

Les deux pays défendent le multilatéralisme. Mais, citant le cas de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’un des organes du multilatéralisme durement attaqué par les Etats-Unis dans le cadre de la crise du coronavirus, M. Michel a indiqué qu’il conviendrait de «mettre les choses au clair et tirer les enseignements de la crise».

Le président du Conseil européen a par ailleurs assuré de l’intention de l’UE de plaider lors du sommet du G7 pour l’effacement de la dette des pays en voie de développement, notamment des pays africains.

Charles Michel a enfin évoqué les conséquences géopolitiques de la pandémie et abordé les relations avec la Chine. «Nous ne sommes pas naïfs, pas aveugles sur le comportement de la Chine», a-t-il averti lors de son point de presse. «Il est important de coopérer même si nous ne partageons pas les mêmes approches et l’UE va élaborer sa position en vue du prochain sommet avec la Chine à la fin de l’année», a-t-il annoncé.

«L’UE attache une grande importance à la préservation de l’autonomie de Hong Kong et soutient le principe d’un pays - deux systèmes», a-t-il rappelé.

 
 
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