Brussels Airlines: sans aide d’État, Lufthansa n’aura plus de liquidités en juillet

Brussels Airlines: sans aide d’État, Lufthansa n’aura plus de liquidités en juillet

Sans une aide publique, le groupe aéronautique allemand Lufthansa, maison-mère de Brussels Airlines, tombera en faillite, a reconnu mercredi son patron Carsten Spohr lors d’une visioconférence avec ses employés, qu’ont pu consulter La Libre Belgique et L’Echo. « Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir payer vos salaires en juin, si aucun accord n’est trouvé », y dit-il. Si aucune avancée n’est enregistrée, le groupe n’aura plus de liquidités en juillet, met-il en garde.

La compagnie refuse un accord

En cas d’accord sur le paquet d’aides, « il faudra 4 semaines avant que les fonds puissent être débloqués. On essaye de générer un maximum de cash en vendant des avions par exemple », a-t-il dit en interne. « En juillet, nous sommes certains que nous n’aurons plus de liquidités. C’est pour ça que le temps presse et que nous voulons accélérer les négociations », souligne encore le patron allemand.

Cela alors que Lufthansa a refusé mercredi d’approuver en l’état le plan de sauvetage négocié avec l’État allemand en invoquant les conditions trop strictes du gendarme européen de la concurrence. Les concessions demandées en échange du chèque de l’État allemand de neuf milliards d’euros « affaibliraient » le groupe sur ses deux principaux aéroports allemands Francfort et Munich, a-t-il justifié.

« Je dois aller quémander de l’argent »

Ces négociations, toujours en cours, n’enchantent cependant pas le patron allemand. « Ces derniers jours, j’ai dû aller à Berne, à Vienne et à Bruxelles pour quémander de l’argent pour une compagnie aussi fière que Lufthansa. C’est très humiliant. Mais c’est la dure réalité et il faut l’affronter plutôt que de se plaindre. »

Le patron n’exclut pas de se séparer de filiales et indique qu’il sera difficile de maintenir le groupe dans son entièreté, même si ce n’est pas un but en soi. Une vente de filiale, ou une entrée en bourse d’une de celles-ci est sur la table. « Si on le fait, ce ne sera pas pour se séparer des gens, mais pour lever de l’argent. Mais le marché est très mauvais actuellement et personne ne veut rien acheter dans l’aviation. Peut-être début 2021 », a-t-il répondu aux travailleurs.

 
 
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