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Coronavirus: de l’infodémie à l’infocalypse

Rumeurs, infox et théories du complot se sont multipliées, essentiellement sur les réseaux sociaux, durant la crise sanitaire. Nous ne sommes heureusement pas encore arrivés au point où la mésinformation peut paralyser le fonctionnement de notre société, mais la vigilance s’impose.

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Chroniqueur Temps de lecture: 5 min

Depuis le début de la pandémie, une partie significative du public est revenue vers des sources d’information « conventionnelles », en particulier les médias de service public et la presse de qualité. Toutefois, la mésinformation et la désinformation ont, elles aussi, marqué des points. Ainsi, au sein de l’opinion, plusieurs mondes se côtoient sans se comprendre, car ils ne partagent pas les mêmes faits ni le même espace public.

Ceux qui gèrent leur information et leurs réseaux sociaux « en bons pères de famille » sont largement épargnés par la « mal info », qui ne trouve guère de portes d’entrée dans ce monde bien balisé. Mais de l’autre côté de ces « jardins à la française », règne une autre réalité qui évoque plutôt la jungle ou les terrains vagues. C’est « le cœur des ténèbres », comme dirait Joseph Conrad, là où le sol est fangeux et l’air vicié. Là où sévissent les rumeurs, les infox et le complotisme.

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4 Commentaires

  • Posté par Pire Bernard, vendredi 29 mai 2020, 9:19

    On ne peut que souscrire à la teneur de cet article. Cependant, il faut distinguer entre rumeurs et théories du complot d'une part, et lavage de cerveau médiatique 'autre part. Tout le battage organisé autour de cette crise, la dramaturgie avec chiffres des morts affichés en "live" dans les médias, le rabâchage incessant des opinions de tel ou tel "expert" ont créé une atmospère de peur et d'anxiété que l'auteur aurait pu aussi souligner. Le constat est assez clair : la société des médias est devenue une arme de pouvoir et il convient de la contrôler. Je crois personnellement que les gouvernants ont bien compris comment manipuler l'outil... Des initiatives comme la loi Avia, le tracage, l'utilisation qu'a pu faire le gouvernement des données de fournisseurs d'accès en disent long sur la corruption de la notion de démocratie. Le silence assourdissant des défenseurs des droits de l'homme à l'égard de mesures clairement anticonstitutionnelles devrait aussi nous alerter sur l'état de délabrement de nos valeurs démocratiques. Tout ça est le fruit d'une société des médias qui "sert" une vérité prémâchée, de plus en plus non susceptible de controverse. Récemment, je voyais en gros titres : "les USA, pays le plus touché avec 100,000 morts", assorti des chiffres des autres pays européens. La plupart des gens ont gobé l'info, se disant que nous en Europe, on est quand même plus malins ou plus organisés... Ce qui est exactement le message qu'on voulait faire passer. Seulement, si on additionne seulement 4 pays d'Europe dont la population n'égale même pas celle des USA, on en a déjà beaucoup plus que 100,000... Cherchez l'erreur...

  • Posté par Marlier Jacques, jeudi 28 mai 2020, 20:59

    Tout à fait d'accord avec la teneur de cet article... qui m'amène à penser que certains journalistes devraient, eux-mêmes, réfléchir à deux fois avant de donner une publicité exagérée à des infos non encore parfaitement vérifiées. Courir le risque d'offrir un écho à une ineptie pour éviter coûte que coûte un éventuel scoop... ce n'est pas une bonne solution pour faire progresser l'esprit critique des lecteurs. Se régaler de la moindre erreur de nos gouvernants, qu'ils soient de gauche, de droite ou du centre, est une autre erreur à éviter. Ceci dit, il ne faut systématiquement pas s'autocensurer à tout crin par excès de prudence.

  • Posté par Ask Just, jeudi 28 mai 2020, 17:12

    Avec Mr Trump à la Maison Blanche et son projet de décret "pro-infox", on n'est pas près de sortir de l'auberge. Je ne vois pas vraiment de moyen d'éviter la débilitation galopante de la population à laquelle on assiste actuellement. Les réseaux sociaux donnent un verni de légimité et d'intimité à toutes les sources d'information, même non sourcées et surexposent les utilisateurs à la répétition d'informations non vérifiées, mais qui paraissent de plus en plus vraies à chaque exposition. Les influenceurs se jouent ainsi des mécanismes de confiance humains à une échelle encore jamais vue, au point de compromettre le bon fonctionnement de nos sociétés

  • Posté par Pire Bernard, vendredi 29 mai 2020, 9:31

    Vous avez raison sur le principe. Mais ne pensez-vous pas que l'Europe n'est pas en reste en termes de censure ? Je ne suis pas un fan de Trump, loin de là, mais cette manie de critiquer tout ce qui vient des USA permet de ne pas voir ce qui se passe près de chez nous. Ne pensez-vous pas que cette campagne de terreur sur le covid, avec chiffres des morts affichés en temps réel dans des médias "sérieux" me participe pas de la même intention : celle d'imposer une vision unique à la population ? Pour ma part, je reste loin de ces médias dits "sociaux" mais je constate que, parmi mes amis - des gens dans la cinquantaine, éduqués et responsables - les informations les plus folles sont relayées via WhatsApp, sans aucune vérification sur leur véracité. Mon fils de 15 ans, malgré mes recommandations, continue d'accréditer des informations les plus fragiles, juste parce qu'elles sont emballées dans une belle vidéo YouTube... Bref, le ver est dans le fruit et il n'est pas prêt de partir... Et la société, par le biais de nos gouvernants, en fait également un usage inacceptable...

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