Le terrorisme, motif de l’enlèvement de l’enfant limbourgeois de 13 ans?

Une opération massive de la police fédérale a permis lundi, peu après minuit, de libérer dans la province du Limbourg un enfant de 13 ans, enlevé à son domicile dans la nuit du 20 au 21 avril et séquestré depuis. Le procureur Guido Vermeiren a refusé de s’exprimer sur les motivations des ravisseurs qui feraient partie du monde du trafic de stupéfiants.

L’enquête, qui a mobilisé dans le plus grand secret, de 25 à 100 enquêteurs, avait permis de recueillir deux « preuves de vie » de l’enfant, ce qui a conduit à la localisation du lieu de séquestration. Selon le procureur, les enquêteurs belges ont bénéficié de l’assistance de la France, des Pays-Bas et des Etats-Unis pour aboutir à la libération du jeune garçon.

Les ravisseurs entendaient obtenir une rançon de 5 millions d’euros. La famille de l’enfant serait connue dans les milieux de la drogue. Son père aurait été condamné récemment et son oncle purgerait actuellement une peine de 15 ans de prison pour un trafic de drogues impliquant des importations de stupéfiants à destination du port d’Anvers. La famille de l’enfant libéré serait d’origine kurde.

L’enlèvement de proches en cas de perte de marchandises est une technique connue dans les milieux de revente de stupéfiants. « Notre priorité, a dit lundi matin le procureur Vermeiren, était avant tout de retrouver l’enfant vivant ». Règlement de comptes dans le milieu des stupéfiants ou tentative pour des affidés de l’Etat islamique de trouver des fonds pour financer leur cause. L’un des suspects arrêtés ne serait autre que Khalid Bouloudo, condamné à 10 ans de prison pour le recrutement de jeunes de Maaseik désirant partir en Syrie. Sa peine avait été réduite à 3 ans de prison avec sursis par la Cour d’appel de Bruxelles.

Terrorisme ou simple délinquance ? On sait depuis des années que les connexions entre ces deux milieux se mêlent étroitement. Il appartiendra à l’enquête de déterminer la ligne de partage entre les deux activités criminelles, tant les terroristes sont généralement des délinquants d’habitude. Le trafic de drogue a souvent été considéré par des policiers et des chercheurs comme l’une des sources de financement de l’Etat Islamique, aujourd’hui quasiment éradiqué de ses lieux de production.

La drogue finançait aussi les mouvements rebelles en Colombie, alimentant un marché mondial.

Sept arrestations

Au total, sept personnes, de la région d’Anvers et du Limbourg (Maaseik, Houtalen et Zutendaal) ont été interpellées et seront déférées devant un juge d’instruction qui statuera sur une mise en détention provisoire avant comparution devant les tribunaux.

L’enfant de 13 ans a été séquestré durant 42 jours. Le procureur Vermeiren assure qu’il est « en bonne santé » (il n’a pas subi de sévices) et que lui et son entourage bénéficient d’un soutien médical et psychologique.

Le procureur du Roi a remercié la presse d’avoir gardé le silence sur l’affaire, « la vie d’une enfant étant en jeu ».

Cette affaire, dont tous les contours ne sont pas encore tracés, est, hors les enlèvements commis par Dutroux, la plus importante séquestration connue en Belgique.

En 1982, le petit Anthony De Clerck avait été séquestré 32 jours, soit 10 jours de moins que le petit Limbourgeois, heureusement retrouvé vivant, peu importe son histoire familiale, mais victime quand même de la cruauté de ses ravisseurs. 42 jours, c’est très, très long.

 
 
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