Marius Gilbert sur la baisse de l’épidémie: «Il se pourrait qu’une partie de la population soit ‘non infectable’»

Marius Gilbert sur la baisse de l’épidémie: «Il se pourrait qu’une partie de la population soit ‘non infectable’»
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Les chiffres de l’épidémie de coronavirus en Belgique sont encourageants. Seulement 98 infections ont été annoncées ce mardi. Le nombre de décès et d’admission à l’hôpital diminuent également. Selon Marius Gilbert, épidémiologiste et membre du GEES interviewé par la RTBF, ces bonnes nouvelles ont probablement plusieurs explications.

« Il y a bien sûr, l’efficacité des mesures prises (distance physique, et sociale, on ne s’embrasse plus, on porte le masque). Même si nous sommes plus nombreux à reprendre une vie plus ou moins normale, nous le faisons avec des précautions que nous ne prenions pas avant. »

L’été et le soleil ont-ils un rôle dans le recul du virus ? Ce sont en tout cas des facteurs qui l’influencent. « Les rayons UV détruisent le virus », explique Marius Gilbert. « On les utilise pour désinfecter les masques. Une publication scientifique montre que le virus excrété dans l’air par un malade ne survit que quelques minutes en plein soleil. Et puis, nous sommes à l’extérieur où l’air circule. Des facteurs qui limitent les risques. »

« Non infectable »

Une autre hypothèse est qu’une partie de la population serait protégée contre le virus : « Il se pourrait qu’une partie de la population serait ’non infectable’ parce que ’protégée’ par des mécanismes immunitaires pas encore identifiés à 100 % et qui ferait intervenir les lymphocytes T », explique Marius Gilbert, qui reste prudent. « On aurait retrouvé dans certaines cellules sanguines des traces de ces lymphocytes qui auraient une activité contre les cellules infectées par le SRAS Cov2. Une forme de protection qui ne passerait donc pas par les anticorps et les globules blancs. »

« Mais attention, le virus est toujours là, il a la même dangerosité, il n’a pas changé. Il y a peut-être moins de personnes ’infectables’ qu’on ne le pensait, il faut agir en considérant que l’épidémie pourrait reprendre. Nous avons tous envie de relâcher la bride, faisons-le mais le plus progressivement possible au risque de voir déferler une deuxième vague », conclut l’expert.

 
 
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