La Belgique sommée de redoubler d’efforts contre la corruption

Marin Mrčela, président du Greco, implore la Belgique à redoubler d’efforts contre la corruption.
Marin Mrčela, président du Greco, implore la Belgique à redoubler d’efforts contre la corruption. - Conseil de l’Europe.

L’organe européen chargé de lutter contre le phénomène de la corruption, le Greco, tape du poing sur la table. Interrogé ce mercredi matin par Le Soir au cours d’une vidéoconférence de presse pour présenter le rapport annuel, son président Marin Mrčela a imploré les autorités belges de « développer une volonté de mettre en place nos recommandations ». « La Belgique a mis en place seulement 2 recommandations sur 15, c’est insatisfaisant », lance celui qui est aussi vice-président de la Cour suprême de Croatie.

Le Greco fonctionne par cycles de plusieurs années, lors desquels chaque État membre est évalué par des enquêteurs indépendants. Chaque cycle correspond à un thème particulier. L’organe, rattaché au Conseil de l’Europe, est actuellement dans son cinquième cycle, consacré à « l’intégrité des gouvernements, de leurs cabinets et des services de police anticorruption ». Mais la remarque de Marin Mrčela porte sur le cycle précédent. En effet, suite au rapport du Greco sur la « prévention de la corruption chez les parlementaires, les juges et les procureurs », la Belgique n’a appliqué complètement que 2 recommandations sur les 15 formulées. Mauvais bulletin. La Belgique est seulement 35e sur 42 pays dans le respect des consignes données par le Greco, avec une immense majorité de recommandations « partiellement appliquées ».

Or, de nouveaux défis se dressent à l’horizon. D’abord, la Belgique a déjà été évaluée par l’organe européen dans le cadre du 5e cycle. Et comme nous l’écrivions le 13 février dernier, la Belgique a du pain sur la planche : l’intégrité des ministres et de leurs conseillers est peu ou pas encadrée, nos policiers anticorruption manquent de moyens… Le juge d’instruction spécialisé Michel Claise admonestait alors les décideurs politiques dans nos colonnes : « Nous sommes lamentables en termes de lutte contre la corruption ! »

Covid-19 et financement politique

D’autre part, le Greco identifie de nouveaux enjeux. Avec la crise de la Covid-19, il craint que la corruption ne vienne gripper les rouages des systèmes de santé européens (faux médicaments…). Enfin, dans le cadre du financement des partis politiques, « de nouveaux défis émergent », notamment « l’utilisation (abusive) des nouvelles technologies pour contourner les obligations de transparence ou pour apporter un soutien politique au moyen de faux messages de propagande politique en ligne et d’un financement étranger non réglementé », explique le rapport annuel.

 
 
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