Le baiser de Jessica Fanhan

Le baiser de Jessica Fanhan
D.R.

C’est une image simple. Belle. Douce. Puissante, aussi. Qui, l’air de rien, nous donne le signal d’un retour à la vie. Une femme prend son bébé dans les mains et lui donne un baiser. Cette femme, c’est une comédienne, Jessica Fanhan, originaire de Guadeloupe, où elle a vécu jusqu’à l’âge d’un an et demi avant de suivre ses parents en Belgique. Elle vient de donner la vie à son premier enfant, en plein confinement. C’est avec elle, ce vendredi, que nous avons eu envie de conclure le mois de lectures filmées, ces « Fleurs de funérailles » diffusées par Le Soir depuis le 8 mai.

Jessica, qui jouait Ridicules ténèbres au Théâtre de Poche jusqu’au début du confinement, alors qu’elle était enceinte de près de neuf mois, a choisi un texte de Béatrice Renard, « Le plus difficile » (lire ci-dessous), pour apporter sa contribution aux lectures de poèmes dédiés aux morts. Un texte dans lequel la poétesse exprime l’aventure que nous vivons depuis bientôt trois mois. Une aventure difficile, qui nous a ô combien fragilisés. Et dont il faut aujourd’hui sortir. Car la vie nous (r)appelle. C’est ce que dit ce poème, que Jessica Fanhan lit en tenant son enfant dans les bras. Un enfant que, le temps de la lecture, nous ne voyons pas, qui est endormi… et qui se met à gazouiller vers la fin du poème, ponctué par le baiser impromptu que lui remet sa mère.

« Comme dans un cocon »

« C’est venu comme ça », nous confie Jessica. Et c’est un instant de grâce, d’autant plus émouvant qu’il est chargé des épreuves vécues. A l’instar de tant de ses pairs, Jessica Fanhan s’est sentie contrariée, professionnellement, lorsque le confinement strict a mis un terme à ses activités théâtrales. Elle bénéficie heureusement du statut d’artiste, et est aujourd’hui en congé de maternité. Contrariée, elle l’a aussi été en tant que mère, elle qui se faisait une joie de réserver à l’arrivée de son premier enfant une grande fête en famille. « Et à la fois, nous dit-elle, on a vécu l’événement comme dans un cocon. Et il y a eu de belles choses. C’est ce que dit au fond le texte de Béatrice Renard, et c’est en cela qu’il m’a tant touchée : oui, c’est difficile, tout ce qu’on vit, tout ce qu’on a vécu depuis mars. Et à la fois, qu’est-ce qu’on va en faire ? La vie est là… »

Jessica se prépare doucement à la vie d’après. Et devrait créer un spectacle, premier monologue de sa carrière, en 2021. Elle y parlera de sa Guadeloupe natale, de sa grand-mère, des sorcières, du chemin qui va de l’ignorance à la connaissance. Le spectacle a déjà un titre : Belle Dame. On courra la voir. Mais en attendant, la vie l’appelle, et avec elle d’autres baisers.

 
 
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