Des experts plaident pour prolonger le nucléaire et moins favoriser le renouvelable

Des experts plaident pour prolonger le nucléaire et moins favoriser le renouvelable

Plusieurs professeurs de l’UCL et de l’ULB, emmenés par le climatologue André Berger (UCL), plaident pour une prolongation des centrales nucléaires après 2023 et pour l’annulation des mesures qui favorisent indirectement les énergies renouvelables, tels que les privilèges « prosumers » en Belgique.

« Une source durable nécessaire pour la transition »

« La production d’électricité nucléaire s’avère être la source d’énergie la plus adéquate et la plus durable pour assurer le succès de la transition électrique en Belgique. Il s’agit pour le bien-être de nos populations et de nos entreprises d’accompagner la sortie de crise Covid-19 et de regarder au-delà de 2023 – date prévue de l’arrêt des premiers réacteurs nucléaires – en respectant les trois critères de toute politique énergétique moderne : sécurité d’approvisionnement ; prix abordables et stables pour tous ; décarbonation de l’économie », soutiennent les experts dans une lettre ouverte.

Ils estiment que la crise sanitaire actuelle a mis en évidence l’importance pour chaque pays de disposer de sources énergétiques fiables et pas trop onéreuses. Par ailleurs, la délocalisation, notamment vers l’Asie, de certaines entreprises (produits pharmaceutiques, appareils pour hôpitaux, composants électroniques, industries lourdes énergivores…) ne s’explique pas uniquement par le poids des charges sociales ou le coût de la main-d’œuvre mais aussi par les coûts énergétiques excessifs dans certains pays européens.

Un choix qui devrait être apolitique ?

Pour la Belgique, les signataires de cette lettre ouverte déplorent que « le débat énergétique reste pollué par une certaine idéologie écologiste qui persiste à rejeter le nucléaire ». « Les décisions autour des choix énergétiques en Belgique devraient rester économiques, techniques et ’apolitiques’, loin des conflits entre partis politiques », estiment-ils appelant aussi à une simplification rationnelle de la chaîne de décisions politiques dans le domaine de l’énergie. Sans quoi, « on va vers le chaos ».

« Dans un précédent gouvernement fédéral, le parti écologiste est parvenu à imposer la sortie du nucléaire à partir de 2023. Par conséquent, des financements inconsidérés ont été accordés par les Régions au développement des énergies renouvelables intermittentes que sont l’éolien et le solaire photovoltaïque (PV). La bulle financière des PV est devenue une pantomime dans le pays qui a créé le surréalisme », affirment les scientifiques. Et ceux-ci d’énumérer les effets négatifs de la politique de soutien financier à l’éolien et au PV, et du remplacement des centrales nucléaires par des centrales au gaz.

Le nucléaire, un allié pour « réduire les émissions de CO2 »

Ils demandent la mise en place de six mesures « raisonnables et urgentes » dans le cadre d’une transition électrique durable. Ils souhaitent ainsi des « règles de concurrence claires et loyales pour toutes les énergies bas carbone ». « En Belgique, cela signifie supprimer le soutien financier de l’État aux énergies renouvelables. »

Concernant la production nucléaire, les professeurs veulent la maintenir au-delà de 2023 dans notre pays. Il faut également poursuivre la recherche et le développement dans le nucléaire, « cette énergie devant être acceptée au même titre que les énergies renouvelables pour réduire les émissions de CO2 ».

Dans cette optique, le gouvernement est invité à choisir une option de fin de cycle du combustible nucléaire sur la base des études conduites par l’Organisme National des Déchets RAdioactifs et des matières Fissiles enrichies (Ondraf).

 
 
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