«Messieurs, Chapeau bas»: Virton adresse une lettre cynique à la CBAS après la décision de faire rejouer son match contre le Beerschot

Clement Couturier, milieu de Virton
Clement Couturier, milieu de Virton - Photo News

Sur le site du club, Virton a publié une lettre ouverte aux membres du collège d’arbitral de la CBAS. «Messieurs, Chapeau bas!», commence la lettre. «Au terme d’un raisonnement pseudo-juridique dans lequel un chat ne retrouverait pas ses jeunes, vous êtes parvenus à réinventer le football: grâce à vous et à votre boule de cristal, le ’non-verbal’ d’un arbitre, dont vous reconnaissez qu’il n’avait effectivement pas demandé aux joueurs de Virton d’attendre son instruction pour jouer le coup-franc litigieux, pourra désormais être interprété a posteriori afin d’annuler le résultat de tout match et d’en ordonner le ’replay’.»

«Cette jurisprudence innovante, qu’aucune instance sportive d’aucun pays du monde n’avait jusqu’ici eu l’intelligence et la sagesse d’oser adopter, est une bénédiction pour le foot business», poursuit Virton. «Chaque semaine, des matches devront être rejoués, ce qui générera plus de rentrées (spectateurs, TV, etc.). Tel le film ’un jour sans fin’, les championnats ne se termineront jamais. La Jupiler coulera à flot 365 jours par an (sauf les années bissextiles)! Et les sociétés de paris en ligne vont pouvoir concevoir de nouvelles offres: ’En Belgique, combien de matches de la prochaine journée de championnat devront-elles être in fine rejouées suite à une décision des arbitres (de la CBAS) d’annuler une décision de l’arbitre (celui en culottes courtes)? Entre 0 et 2? Entre 3 et 5? Plus?’.»

Virton rappelle que Michel Zen Ruffinen, ex-arbitre FIFA, ex-secrétaire général de la FIFA et pendant 16 ans représentant de la FIFA à la International Football Association Board, l’organe mondial suprême qui fixe les Lois du Jeu, avait rendu un avis «limpide» à la CBAS, «concluant au fait que, certes l’arbitre aurait pu mieux faire et a sans doute embrouillé les joueurs en recourant à son spray, mais que, comme il n’avait pas donné instruction aux joueurs de Virton d’attendre, et bien... ils pouvaient jouer. Et tant pis si les joueurs du Beerschot s’y sont fait prendre. C’est aussi cela le football: être roublard».

«A l’audience, l’URBSFA s’est rangée à cet avis», souligne encore l’Excelsior. «Curieusement, le Beerschot, qui avait fait intervention on ne sait trop pourquoi, voulait que ce match soit rejoué. Mais avec lucidité et courage, vous avez décidé que c’était trop simple de suivre l’avis d’un expert de premier plan qui avait même réussi à convaincre l’URBSFA: il faut rejouer ce match!"

Virton explique qu’il va à présent «s’empresser de demander à l’URBSFA et à la Pro League de programmer ce ’replay’, qui devra bien entendu se tenir avant le match retour de la finale OHL - Beerschot. Ce à quoi le Beerschot ne pourra s’opposer puisque c’est ce qu’il souhaitait devant vous.»

Après avoir été débouté en évocation déjà par l’Union belge, Virton s’était pourvu devant la CBAS pour tenter d’invalider la décision d’annuler sa rencontre de championnat contre les Anversois datant du 21 février, sur plainte du Beerschot.

Le match Virton-Beerschot (1-0) comptant pour la 23e journée de D1B avait en effet été annulé. La décision de l’arbitre Denil d’accorder le but de la victoire était une infraction aux règles du jeu, avait jugé la Commission des Litiges d’Appel de la fédération.

 
 
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