Lancer sa start-up durant le confinement : Céline et Kevin ont relevé le défi

Lancer sa start-up durant le confinement : Céline et Kevin ont relevé le défi

Tout était prêt pour le lancement : trois clients avaient déjà donné leur accord pour embarquer dans l’aventure, le préavis chez leur ancien employeur était presté, des rendez-vous professionnels étaient fixés. Début mars, Kevin Coppens et Céline Naveau se réjouissent d’enfin pouvoir se consacrer à 100% au projet qui anime leurs discussions depuis maintenant six mois. « Nous développions un outil pour aider les entreprises à beaucoup mieux gérer leur visibilité en ligne et leur référencement naturel dans les moteurs de recherche. L’outil génère des recommandations personnalisées, il les implémente et mesure leur impact », détaille Céline. La mise au point du logiciel est déjà bien avancée.

Mais voilà, début mars, un imprévu vient s’inviter dans la mise en route du projet. « On est tombé juste avant le coronavirus. Au début, on s’est dit que c’était provisoire. Puis on s’est rendu compte que c’était parti pour durer. Ça a rebattu un peu les cartes au niveau du stress », se souvient Kevin. « C’était un peu la panique au début », admet Céline.

La phase de promotion ralentie

Les deux associés avaient par exemple prévu de se retrouver l’un chez l’autre pour travailler. Céline habite à Gembloux, Kevin à Nivelles. Elle s’occupe du business et de la stratégie, lui du développement technique des fonctionnalités. « C’était hyper important pour nous, car on n’avait plus ce rattachement à une équipe. On était bien content de travailler à deux ». Après deux semaines seulement, la crise sanitaire met fin à cette nouvelle routine. Pas le choix, les deux entrepreneurs travaillent donc à distance, le développement de l’outil peut se poursuivre en ligne, une chance se disent les deux anciens collègues.

Par contre, pour le lancement du business lui-même, les choses sont plus ardues. « On avait prévu de communiquer plus tôt », lance Céline. La phase de promotion de leur nouveau produit est sérieusement ralentie. « On est dans de la vente en face à face. On ne vend pas par internet. On a besoin d’un contact humain, avec une présentation. Tous les événements networking, où on comptait faire de la promotion, en France par exemple, tout ça a été annulé », regrette Kevin. « Nos trois clients avaient tellement d’autres préoccupations… L’un d’eux, Medi-Market, a été submergé de demandes à ce moment-là. Ils sont dans la pharmacie. On a commencé à se demander si notre outil les intéresserait toujours dans ce contexte-là », ajoute Céline.

Des opportunités inattendues

Mais dans tout ça, il y a aussi du positif. « L’avantage, c’est qu’un des clients était demandeur de démarrer tôt en mars. On savait que ça allait être compliqué. Finalement, on a eu un peu plus de délai », sourit notre interlocutrice, qui relève aussi des opportunités sur le long terme. Semactic va par exemple pouvoir profiter d’un mouvement de fond boosté par la crise sanitaire : la digitalisation du secteur privé. « Au niveau des entreprises, il y a eu une accélération vers le digital et l’idée de mieux s’approprier tout ça. Je crois que les entreprises ont vraiment pris conscience que ce n’est plus quelque chose qui doit être laisser à quelques experts. Et nous on peut les aider là-dessus », se réjouit Céline.

Au final, les deux associés n’ont pas chômé durant la période de confinement. « On a vraiment essayé de garder le contact avec nos clients, même si on n’avait pas forcement de nouvelles choses à leur dire. Nous avons recueilli un maximum de feedback d’eux-mêmes, mais aussi d’experts, d’autres entreprises pour améliorer l’outil ».

Et maintenant ? « L’aventure commence vraiment ! On est prêt à recevoir les clients et à implémenter une version beta de notre outil », s’enthousiasment les deux entrepreneurs de 30 et 39 ans. Même si l’ombre du virus plane toujours. « Notre plus gros point de préoccupation maintenant, c’est l’aspect réseautage, c’est le contact direct. Parce que c’est la clé pour une entreprise qui veut se faire connaître, sensibiliser. On essaie de le faire à distance, mais c’est moins évident. Il n’y a rien à faire, ce n’est pas la même chose ! ».

Autre petite frustration : il leur faudra probablement attendre un peu plus longtemps pour que Semactic soit viable. Les deux associés, qui ont financé eux-mêmes le projet, tablaient sur une rentabilité au mois de décembre ou janvier. Finalement, ça sera plutôt mars ou avril 2021. Mais pas de quoi entamer leur motivation. « Ce qu’on retient, c’est que ça nous a forcé encore plus à challenger le projet. Ça a rendu les choses plus compliquées, mais ça ne nous a pas complètement coupé dans notre élan ! ».

 
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