Sophie Wilmès contredit Rudi Vervoort sur la manifestation antiraciste de Bruxelles

La règle d’interdiction des rassemblements a bien été rappelée le 3 juin au Conseil national de Sécurité (CNS), quatre jours avant la manifestation contre le racisme qui a rassemblé 10.000 personnes sur la place Poelaert à Bruxelles, a assuré jeudi la Première ministre Sophie Wilmès, en séance plénière de la Chambre.

Le CNS avait été informé de la perspective de la manifestation statique de dimanche à la place Poelaert, mais il a été décidé de ne pas interdire l’événement, a pourtant affirmé mardi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort.

Mercredi en commission de la Chambre, le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V) a confirmé cette décision de ne pas interdire. Il a toutefois rappelé que c’était au bourgmestre et au corps de police d’interpréter les règles et « de trouver le bon équilibre ». La Ville de Bruxelles avait assuré que les mesures avaient été prises en matière de port de masques et de distanciation. Des stewards avaient été mobilisés et la réserve fédérale a été appelée et déployée. Mais, à cause du grand nombre de participants – quelque 10.000 –, les règles de distanciation n’ont pas pu être respectées.

Le ton a été dur

« Au CNS de mercredi, j’ai très clairement indiqué que tout rassemblement, aussi noble que soit la cause, contrevient aux règles du CNS. Je l’ai indiqué en conférence de presse car cela correspondait aux discussions que nous avons eues en Conseil de sécurité », a expliqué Mme Wilmès en séance plénière de la Chambre.

La Première ministre a également exprimé sa volonté qu’une « alternative » soit trouvée, a-t-elle ajouté. Des pourparlers ont eu lieu entre la Ville de Bruxelles et les organisateurs de la manifestation qui ont mené au choix d’un rassemblement statique, sans concertation avec le ministre de l’Intérieur.

Le rassemblement de dimanche, qui s’est déroulé en violation des règles destinées à éviter la propagation du Covid-19, a suscité une vive polémique. Les partis de droite et centristes ainsi que l’extrême-droite s’en sont pris une nouvelle fois jeudi aux autorités bruxelloises et également, dans le chef du CDH, au gouvernement fédéral.

Le ton a été dur. L’Open VLD a ainsi réclamé que la facture de l’hospitalisation d’une personne qui se trouvait à la manifestation soit envoyée à la Ville de Bruxelles.

 
 
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