Moins bien: un territoire sous haute pression

C’est une tendance lourde contre laquelle les autorités ont manifestement peu de prise. Ou serait-ce qu’elles n’en n’ont pas la volonté ? En tout cas, on ne peut invoquer la méconnaissance : en 2006 déjà, le premier rapport sur l’état de l’environnement posait le constat et alertait. Le territoire de la Wallonie est lentement, mais sûrement grignoté par l’urbanisation et de plus en plus « bétonné ». Les terrains artificialisés, +37,6 % en 28 ans, représentaient au moins 10,3 % du territoire en 2013. Cette évolution, se fait au détriment des terrains agricoles qui perdent Chaque année, 19 km2, soit 2.600 terrains de football. Cela « ne tend pas vers l’objectif de développement territorial durable ni vers le principe d’utilisation rationnelle des territoires et des ressources », dit le rapport. Cette évolution résulte essentiellement de l’expansion du résidentiel, dont la superficie est passée de 723 km2 à 1.042 km2 (+44,2 %). Mais aussi du fait qu’entre 1990 et 2013 la superficie résidentielle moyenne par habitant a augmenté de 23 %, passant de 238 m2 à 293 m2/hab. L’actuel gouvernement wallon veut limiter l’artificialisation à 12 km2/an d’ici 2020 et à 9 km2/an d’ici 2040. Possible alors que le nouveau Plan Marshall 4.0 promet la « mobilisation » du territoire pour le développement économique avec zonings, ports, sites en reconversion ou hall relais agricoles ? Les arbitrages seront délicats.

Outre l’imperméabilisation des sols et la fragmentation du territoire, le corollaire de l’étalement urbain, c’est le boom du transport routier. Celui des marchandises progresse au détriment du train et de la voie fluviale qui stagne. « Très peu d’évolution favorable » pour le transport de personnes : les Wallons se déplacent plus (+39 % entre 1990 et 2011) et par la route. En 2011, huit déplacements sur 10 ont emprunté un véhicule particulier.

Pas de quoi se réjouir non plus pour la biodiversité : 36 types d’habitats sur les 41 que compte la Wallonie continentale sont dans un état « défavorable ». 36 % des feuillus, 31,1 % des résineux sont défoliés. 31 % des espèces animales et végétales sont menacées de disparition, 28 de 75 espèces suivies d’oiseaux communs sont en déclin. La superficie de réserves naturelles est insuffisante, même si elle augmente. Et il faudra encore attendre quelques mois avant la finalisation du réseau Natura 2000.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous