Pas de commission d’enquête sur les maisons de repos en Wallonie

Les députés wallons sont d’accord sur le principe d’une évalutation de la gestion de la crise mais pas, pour l’instant, sous forme de commission d’enquête.
Les députés wallons sont d’accord sur le principe d’une évalutation de la gestion de la crise mais pas, pour l’instant, sous forme de commission d’enquête. - VDNPQR

Trop long, trop lourd, trop incertain. Voilà les principaux arguments avancés par les partis de la majorité wallonne (MR, PS et Écolo) pour rejeter la proposition de résolution déposée par le PTB visant à « instituer une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19 au sein des maisons de repos en Wallonie. » Amenée ce mardi en commission de l’action sociale et de la santé du Parlement de Wallonie par le député wallon Germain Mugemangango, la proposition a été largement discutée et finalement rejetée au terme d’un vote au cours duquel les députés de la majorité (MR, PS et Écolo) s’y sont opposés. Le CDH, représenté par le député François Desquesnes, a largement défendu l’idée d’une commission d’enquête mais s’est tout de même abstenu, ne soutenant pas la « tonalité » de la proposition déposée par le PTB. Les députés ont en effet reproché au PTB de vouloir instaurer une sorte de « chasse aux sorcières » alors que la gestion de la crise est toujours aiguë.

Mauvais timing

Même si la proposition du PTB n’a pas été retenue, tous les députés étaient d’accord sur le principe d’une évaluation de la gestion de la crise au sein des maisons de repos. « C’est nécessaire pour les nombreuses familles endeuillées, a insisté le député du PTB rappelant que les chiffres des décès dans les maisons de repos avaient revu à la hausse (Lire Le Soir du 8 juin). C’est nécessaire pour le personnel qui a été envoyé au front sans protection et c’est nécessaire dans le cadre de la gestion à venir d’une éventuelle deuxième vague. »

C’est justement l’éventualité d’une deuxième vague qui a rebuté les députés opposés à la proposition. Pour eux, le timing choisi pour l’installation d’une commission d’enquête n’est pas le bon. « C’est prématuré car le Gouvernement wallon a avant tout à gérer un deuxième rebond de l’épidémie, a expliqué le député André Frédéric (PS). Une commission, c’est des centaines d’heures de travail et d’audition avant d’enfin aboutir à des mesures concrètes. » Les députés ont aussi rappelé la multiplicité des niveaux de pouvoirs et de compétences concernés. « On va faire une commission d’enquête sur les masques, puis sur les tests et ainsi de suite, s’est agacé le député Jean-Paul Wahl (MR). Avant de couper des têtes, prenons le temps d’analyser les choses. Hâtons-nous de ne pas nous hâter. »

Le député Écolo Stéphane Hazée a estimé que si cette évaluation était nécessaire, il fallait trouver un cadre prenant en compte la complexité institutionnelle du pays via peut-être une commission mixte entre la Chambre et le Sénat.

Bref, tous les partis à la table de la commission sont finalement tombés d’accord sur une nécessaire évaluation de la gestion de la crise dans les maisons de repos et la mortalité importante constatée chez les résidents. Le député Écolo Laurent Heyvaert a même proposé au député Germain Mugemangango de retirer sa proposition afin que les partis puissent se mettre d’accord sur le moment adéquat, une fois la crise apaisée, pour la mettre sur pied. Ce dernier a refusé et la proposition n’a pas été adoptée.

 
 
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