Le tribunal acquitte deux syndicalistes poursuivis sur plainte de Marie-Christine Marghem

Le tribunal acquitte deux syndicalistes poursuivis sur plainte de Marie-Christine Marghem
Olivier Polet

Le tribunal correctionnel du Hainaut, division de Tournai, a acquitté lundi deux permanents syndicaux CSC qui s’étaient rendus en juin 2015 chez la ministre fédérale de l’Energie et de l’Environnement, Marie-Christine Marghem (MR), à Tournai pour y réaliser un faux contrôle de domicile par un faux enquêteur de l’Onem. Les faits ont été filmés et diffusés ultérieurement sur Youtube dans le cadre d’une campagne parodique intitulée « Fraude à la Une », par laquelle le syndicat chrétien entendait dénoncer la politique du gouvernement Michel qui avait rétabli les visites surprises au domicile des chômeurs pour contrôler leur situation familiale.

Outre Marie-Christine Marghem, des équipes de la CSC s’étaient également rendues au domicile des Didier Reynders, Jacqueline Galant, Denis Ducarme et Jean-Luc Crucke (MR) ainsi que chez Maxime Prévôt (CDH). Marie-Christine Marghem et son compagnon avaient déposé plainte contre les deux permanents syndicaux (le faux contrôleur et celle qui avait mis la vidéo en ligne), estimant avoir été humiliés, notamment parce que le film aurait pu laisser penser que la ministre avait détourné « de l’argent public pour son confort personnel », selon les mots de son avocate à l’époque.

Accepter une dose de moquerie

Les deux permanents ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel, poursuivis des chefs d’accusation d’usurpation de fonction publique, ainsi que de calomnie et de diffamation. Le tribunal a cependant acquitté les syndicalistes des deux préventions ce lundi, nous a confirmé Alexis Deswaef, leur avocat. « Ils sont tous les deux blanchis sur toute la ligne », insiste-t-il. « La juge rappelle aux droits fondamentaux que sont la liberté d’expression et la liberté d’action syndicale. Madame Marghem est renvoyée à ses études de droit. Elle a clairement voulu instrumentaliser la Justice pour tenter d’intimider des délégués syndicaux qui ont dû affronter cette procédure judiciaire ».

Pour le tribunal, la ministre ne pouvait à aucun moment raisonnablement croire à un réel contrôle. De même il ne relève aucune intention calomnieuse, ni intention méchante de nuire. « Les responsables politiques doivent pouvoir accepter une dose de critique et de moquerie », ajoute encore Alexis Deswaef.

Actions alternatives

Pour la CSC, « ce jugement est l’occasion de rappeler ses critiques concernant les visites inopinées par les autorités publiques au domicile des demandeurs d’emploi pour contrôler leur situation familiale ». Le syndicat chrétien s’est par ailleurs félicité dans un communiqué « de ce que ce jugement confirme la pertinence de l’organisation d’actions syndicales dites alternatives ».

De son côté, la ministre de l’Energie nous a indiqué « attendre la copie du jugement pour en prendre connaissance et l’analyser avec (son) conseil ». Marie-Christine Marghem indique simplement espérer que le délai qui s’est écoulé depuis ces faits « a pu faire réfléchir chacun ».

 
 
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