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La dette publique à 120% du PIB, et pour longtemps

Le Bureau fédéral du Plan a de mauvaises nouvelles : la pandémie va laisser des traces durables sur l’économie, le marché du travail et, plus encore, sur les finances publiques.

Analyse - Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Le Bureau fédéral du Plan a révisé ses Perspectives économiques 2020-2025. Les projections initiales, dévoilées à la mi-mars, prenaient en compte un ralentissement de l’économie mondiale (en particulier en Asie), mais avaient été réalisées avant le lockdown des économies européennes. En trois mois, les perspectives ont bien changé – et, comme on peut s’en douter, dans le mauvais sens.

Cette année, le PIB en volume chuterait ainsi de 10,5 % – l’économie belge enregistrant ainsi sa plus forte contraction annuelle depuis la Seconde guerre mondiale.

Un mouvement de rattrapage s’amorcerait cependant dès le second semestre. « Sur base annuelle, le PIB rebondirait de 8,2 % en 2021 et de 3,3 % en 2022, pour ensuite retrouver une croissance plus proche de la tendance, de l’ordre de 1,3 % par an en moyenne ».

N’empêche : l’économie belge ne récupérerait pas l’entièreté de la perte : en 2025, le niveau d’activité économique serait inférieur de 4 % par rapport aux projections de mars.

Le marché de l’emploi serait également affecté durablement. Le taux de chômage, pointé à 8,5 % l’an passé, ne retrouverait pas ce niveau avant 2025.

Un déficit public de 47,5 milliards

Les finances publiques, déjà fragiles avant la crise, seraient davantage fragilisées, précise le Bureau du Plan.

Cette année, le déficit de l’ensemble des administrations publiques atteindrait 47,5 milliards, soit 11 % du PIB. Ce n’est pas un scoop. C’est aussi l’effet des mesures prises pour amortir l’impact du confinement sur l’économie.

Le déficit se réduirait certes dès l’an prochain, à la faveur de la reprise. Mais resterait très élevé sur tout l’horizon de projection. En 2025, il atteindrait encore, à politiques inchangées, près de 5 % du PIB.

Le ratio de dette publique, ramenée à 98,7 % du PIB l’an passé, bondirait de 20 points cette année, tant en raison du déficit que de la contraction du PIB, pour atteindre 121 %.

Mais, s’il baisserait dès l’an prochain, cette décrue ne serait que temporaire ; et le ratio remonterait à 121 % du PIB en 2025.

Compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt, qui devrait perdurer, on ne doit pas craindre une explosion du ratio ; c’est « mathématiquement impossible », précise le Bureau du Plan.

Un scénario « optimiste »

N’empêche : le scénario retenu par le Bureau du Plan peut être considéré comme raisonnablement optimiste, étant basé sur « l’hypothèse d’un redémarrage de l’activité économique en Belgique et à l’étranger qui ne serait pas compromis par de nouvelles mesures de confinement dictées par une résurgence de la pandémie ».

Dans le cas contraire, l’impact sur l’économie, sur le marché du travail et sur les finances publiques serait naturellement bien plus négatif.

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11 Commentaires

  • Posté par Delvaux Alain, jeudi 9 juillet 2020, 14:09

    Cela fait la deuxième fois que l'état "sauve" le secteur privé, en 2008 et maintenant. L'Europe est la deuxième économie mondiale. Tout est lié, le secteur privé et les états. Il n'y a plus (jamais eu) de marchés libres, les interconnections sont bien plus complexes que veulent nous faire croire certains économistes ou pseudo-experts. Si les investisseurs se détournent des marchés obligataires, ils peuvent toujours parier sur la venue des martiens. La dette se diluera d'elle-même sur des plusieurs dizaines d'année. Je m'en fais bien plus pour le dérèglement climatique, la perte de biodiversité, la pollution. Là état d'urgence mais l'orchestre du Titanic est rivé sur sa partition.

  • Posté par Chalet Alain, mardi 23 juin 2020, 16:32

    Faudra se serrer un peu la ceinture (et l'expliquer aux syndicats et aux partis de gauche).

  • Posté par Taif Mohamed, mardi 23 juin 2020, 15:23

    Lorsque j'étais étudiant, elle était à 137% et ça nous avait pris une dizaine d'année pour redescendre sous la barre des 100%.

  • Posté par Petre Eric, mardi 23 juin 2020, 14:21

    Ce n'est pas tant l'inflation qui est le risque de la "planche à billet", sauf à vraiment exagérer, on est plus dans une économie frigorifiée que dans une économie en surchauffe, mais la perte de crédibilité de l'Euro. Créer de la monnaie qui ne correspond pas à une réalité d'échanges économiques c'est risqué. Un billet de banque n'est pas autre chose qu'une reconnaissance de dette qui circule avec la garantie de la signature d'une banque centrale. Il faut que la signature reste crédible.

  • Posté par Cuschera Joseph, mercredi 24 juin 2020, 0:18

    Je ne sais pas si le dollar est encore fort "crédible"... Too big to fall, c'est tout ! Du chantage (ou du racket) à l'état pur.

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