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La philanthropie à la rescousse de l’Europe?

76 scientifiques européens appellent à un élan philanthropique pour financer la création d’une fondation sur le modèle de la Fondation Gates destinée à intervenir en cas de crise sanitaire ou environnementale.

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Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

La Fondation Bill et Melinda Gates dans laquelle l’ancien patron de Microsoft a mis toute sa fortune est aux avant-postes de la lutte contre le Covid-19. Avec plus de cinquante milliards de dollars d’actifs et 1.500 personnes, elle est devenue un acteur incontournable dans la lutte contre les maladies infectieuses à l’échelle mondiale. Et si l’Europe se dotait d’un outil similaire et faisait, elle aussi, appel à la générosité de ses plus riches concitoyens pour mieux faire face aux crises, qu’elles soient sanitaires ou environnementales ? C’est l’appel que lancent aujourd’hui 76 scientifiques européens dans une carte blanche que nous publions ci-contre. On y retrouve deux cosignataires belges : les professeurs de l’ULB Michel Goldman (immunologue) et Mathias Dewatripont (économiste).

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3 Commentaires

  • Posté par Vigneron Anne, dimanche 28 juin 2020, 22:50

    Bien dit Monsieur Patrick Ghigny et tout à fait exact. Il suffit de bien se documenter. Merci pour votre commentaire

  • Posté par Smyers Jean-pierre, vendredi 26 juin 2020, 17:00

    Il me semble retrouver ici le reflet d'une différence de mentalité entre "nous" et "eux". Par nous, j'entends les pays à tradition catholique, par eux, les pays à tradition protestante. Le rapport à l'argent est foncièrement différent entre les deux. Pour les catholiques, l'argent est "sale". On ne dit pas ce qu'on gagne, on jette discrètement une aumône dans le tronc. En corollaire, on estime que tout ce qui relève de la vie en société et du service public doit être géré par "le Prince" en notre nom. En d'autres termes, on est prêt à payer l'impôt qu'il faut, à condition que ce soit l'autorité qui répartisse le fruit des impôts. Du côté des pays à mentalité protestante, on n'a pas honte de ce qu'on gagne, on le proclame même: les donateurs se retrouvent dans les Fondations, avec leur nom (Fondation Rockefellern Fondation Bill Gates,...) noms étalés sur le fronton, sur des plaques de marbre. Mais on estime que l'argent qu'on a gagné devant dieu et les hommes est le nôtre, que nous seuls pouvons décider de leur affectation. On ne supporte pas que ce soit l'état qui le gère. Donc, les impôts sont très modestes. Un grand problème, depuis l'envahissement de la mentalité commerciale des pays anglo-saxons, est que l'on veut transposer une pratique "protestante" comme les Fondations dans des mentalités "catholiques". Que la pensée dite libérale veuille "responsabiliser" les gestionnaires des services publics en les incitant à prendre en compte la plus-value comptable de leur boulot. On procède à la gestion "libérale", et donc on met à mal toute la plus value, non pas comptable, mais sociétale, du service public. Et on ne comprend pas où cela coince... Si tant est qu'un jour on puisse intégrer une mentalité anglo-saxone dans l'ADN de chez nous, il faudrait en assumer une conséquence essentielle, réduire les impôts de 80% pour atteindre les niveaux anglo-saxons. Une autre possibilité, parfois tentée à gauche ou à droite, est d'affecter dans sa déclaration d'impôts une part à ce qui nous tient à cœur. Pour conclure, je dirais qu'une réflexion sur le rapport à l'argent est essentielle si on veut éviter d'être dans un monde, et menacé par un autre avec lequel on n'a pas vraiment d'affinités.

  • Posté par Ghigny Patrick, mardi 23 juin 2020, 18:15

    Certaines vivent dans le monde des bisounours ! Le principe des fondations n'est absolument pas de la philantropie, mais une autre manière de faire fructifier sa fortune en passant pour un Saint. C'est de la "philantrofinance" . Le principe est simple : créer une fondation pour y mettre une grosse partie de sa fortune qui sera exemptée d'impôts. Créer en parallèle (avec d'autres grosses fortunes) un fond (une sorte de banque d'affaire privée). La Banque d'affaire fait fructifier les actifs de ces fondations. Tout est bon comme investissement : armement, pesticides, pétrole, Pharmaceutique... Bref tout ce qui rapporte un maximum et sans état d'âme. C'est de la pure spéculation. Les intérêts (qui peuvent aller au delà de 15%... sur 50 milliards je vous laisse calculer) sont utilisés pour des "oeuvres". Pas n'importe quelle oeuvres évidemment. Celle promues et sous contrôle de la fondation. Par exemple les vaccins. Ces vaccins vendus en masse dans un pays du tiers monde font monter le cours de l'action de la firme pharma qui le produit et cela augmente d'autant la rentabilité du fond spéculatif adossé à la fondation. En clair, au plus Bill Gates et les autres "donnent" de l'argent, au plus cela leur en rapporte. Exempté d'impôts, de droit d'héritage... La fortune de BG a plus que doublé depuis qu'il la donne. Cela ne vous fait pas tiquer ? Il faut arrêter de croire que les milliardaires donnent leur fortune. Ils en amassent encore plus avec ce type de montage tout en se refaisant une image positive de philantrope. Je ne pense pas que l'Europe envisage de créer un tel mécanisme d'évasion fiscale. Ou alors... !!!

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