Les cours de langues s’accordent au pluriel

Les cours de langues s’accordent au pluriel
Pierre-Yves THIENPONT.

Nous avons recensé 116 cours collectifs de langue pour adultes à Bruxelles. Le français occupe la première place. Rien d’étonnant pour Philippe Hambye, chercheur en sociolinguistique à l’UCLouvain : « C’est une constante dans les villes cosmopolites, où l’immigration est importante. Les gens qui ont un intérêt à apprendre la langue de l’environnement local ont des profils très différents. »

On peut apprendre une langue par plaisir ou pour (re)créer du lien. Par exemple, selon Lorena, enseignante au centre culturel belgo-roumain Arthis, « la raison principale qui motive les étudiants, c’est l’amour ». Ou l’amitié pour Remco, qui veut aider des proches en difficulté : « Ils sont très pauvres. Ils m’ont demandé d’éduquer leur enfant. Il parle néerlandais maintenant, mais j’apprends le roumain pour pouvoir parler avec ses parents. »

Au cours de japonais de l’école Nihongo Pera Pera, Jofroy Neuwels est plutôt motivé par la culture. Fan de mangas, il voudrait pouvoir les lire directement en version originale ou voyager au Japon.

Pas de « monogamie linguistique »

D’autres Bruxellois veulent redécouvrir la langue de leur pays d’origine ou de leur famille. « L’assimilation linguistique, c’est la norme », explique Philippe Hambye. « La langue du pays d’accueil devient celle de l’amitié, celle dans laquelle on se marie, celle qu’on transmet à ses enfants. On a observé qu’un regain d’intérêt pour les langues d’origine peut être le signe d’un sentiment que la communauté d’origine est celle dans laquelle on est accepté, plus que la communauté d’accueil. Mais il n’y a pas de monogamie en linguistique. On peut penser et rêver dans deux langues. »

Les organismes sont donc répartis dans toute la capitale pour répondre à ces demandes.

Les cours sont majoritairement proposés dans la Ville de Bruxelles et à Ixelles.

Mais ils n’ont pas tous la même structure ni les mêmes financements. Les établissements de promotion sociale et les associations proposent souvent des tarifs adaptés aux publics plus précaires, alors que les instituts privés sont moins accessibles.

 
 
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