Déconfinement: le secteur non-marchand wallon mène des actions symboliques

Le front commun syndical CNE-SETCa-CGSLB du non-marchand wallon a mené une action symbolique ce jeudi matin à Namur pour que les revendications de ces travailleurs en première ligne lors de la crise sanitaire soient entendues. Le front commun a ensuite été reçu par le ministre-président Elio Di Rupo et plusieurs membres du gouvernement wallon. Un nouveau rendez-vous est programmé pour le 16 juillet prochain.

Après avoir jeté des bouteilles contenant leurs demandes – revalorisation salariale, amélioration des conditions de travail, hausse de la qualité de l’offre de soins proposée à la population, création d’emplois supplémentaires – dans la Meuse, les militants se sont assurés qu’elles soient récupérées par des kayakistes qui les ont remises au gouvernement wallon.

Les syndicats ont ensuite été reçus par Elio Di Rupo (PS), Willy Borsus (MR) en charge de l’Économie, et Christie Morreale, compétente pour l’Emploi, la Santé et l’Action sociale, lesquels ont accordé une demi-heure d’entrevue aux syndicalistes. Un nouveau rendez-vous a, par ailleurs, été fixé au 16 juillet à 15h00 afin d’approfondir la réflexion sur les pistes à mettre en œuvre.

« A la CNE, nous restons sur notre faim », déclare Stéphanie Parmentier, secrétaire nationale du syndicat chrétien. « M. Di Rupo ne s’est pas engagé sur un budget. Il y a un conclave budgétaire au menu en début de semaine prochaine mais notre prochaine rencontre n’est programmée que le 16 juillet. » Si le ministre-président wallon a fait preuve d’écoute et de compréhension, la crise du Covid a révélé des failles qui existaient déjà, note encore Mme Parmentier. « M. Di Rupo a parlé de mesures structurelles (qu’il n’a pas détaillées, NDLR) mais il a aussi fait allusion aux négociations en cours au fédéral. Nous ne voulons pas attendre jusque là et être reportés au-delà de 2020. »

Du côté du SETCa, on met l’accent sur le fait qu’il faut donner du temps pour conclure un bon accord, et obtenir une réponse ambitieuse. « Notre action voulait rappeler que malgré les difficultés, le manque de moyens, la peur et l’incertitude, les travailleurs du non-marchand ont relevé le défi durant cette crise », explique Nathalie Lionnet, secrétaire fédérale. « Il faut construire quelque chose de neuf, basé sur l’humain. C’est la leçon à tirer de ces semaines de crise. Une enquête révèle que près de 80 % des travailleurs du secteur ont vu augmenter leur niveau de stress durant cette période. Les bouteilles de revendications jetées à l’eau ne doivent pas s’enliser dans la Meuse. C’est pourquoi des kayakistes les ont récupérées et remises au gouvernement. Nous avons confiance en la volonté de ce dernier de nous entendre. »

« Il y a du positif, dans la mesure où les politiques vont prendre le temps d’examiner nos revendications », estime Eric Dubois, responsable sectoriel CGSLB. « Par contre, le conclave budgétaire commençant lundi, nous ne serons pas au menu, étant donné que nous ne nous revoyons que le 16 juillet. Nous avons donc quelques inquiétudes, la réponse reste un point d’interrogation, nous risquons d’être postposés à 2021 », conclut-il.

 
 
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