Anderlecht: des citoyens interpellent les élus sur les violences policières

Anderlecht: des citoyens interpellent les élus sur les violences policières
Belga

Deux interpellations citoyennes ont été menées simultanément ce jeudi soir, respectivement au conseil communal d’Anderlecht – commune marquée par décès du jeune Adil en avril à l’issue d’une course-poursuite avec la police – et à celui de Saint-Gilles. Les communes font partie de la zone de police Bruxelles-Midi.

A Anderlecht, le bourgmestre a notamment été interrogé sur l’éventualité d’instaurer des récépissés pour les contrôles d’identité et d’installer des caméras dans les commissariats et véhicules de police en plus du déploiement de bodycams. Fabrice Cumps a indiqué, pour réponse, que sa vision du développement des forces de l’ordre était fondée sur la proximité et qu’il avait été question, lors de la venue du ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Pieter De Crem, de faire de la police locale une zone pilote pour les bodycams. « J’ai été surpris lundi que le chef de corps ait dit qu’il fallait pouvoir juger quand on peut filmer un agent ou pas », a quant à lui commenté le conseiller communal PTB André Crespin, en référence au dernier conseil de police. « En toutes circonstances, on peut filmer un agent de police. Après, l’utilisation des images, le floutage, etc. est une autre chose ».

« Un nombre croissant de vols »

Une récente vidéo diffusée par le syndicat SLFP, d’une intervention policière difficile lors de laquelle un policier avait été frappé, a été abordée par les citoyens venus débattre. L’un d’entre eux a estimé qu’on pouvait aussi y voir des violences de la part des policiers.

« Nous recevions de plus en plus de plaintes de commerçants du côté de la porte d’Anderlecht qui se plaignaient d’un nombre croissant de vols, donc j’ai donné instruction à la police d’essayer d’identifier les auteurs », a rappelé le bourgmestre. « Je vois dans les images un extraordinaire self-control de la part des forces de police ».

A Saint-Gilles, la police de proximité et flashball

A Saint-Gilles, c’est déjà la 4e fois depuis 2018 que le conseil communal fait face à une interpellation citoyenne sur les questions de violences policières. A l’origine de ces plaintes répétées, un groupe de mères en colère appelé Collectif des Madres, réclamant que des solutions structurelles soient mises en place pour mettre fin aux abus. Dans le bas de la commune, les relations entre les jeunes et les forces de l’ordre locales (et plus particulièrement la brigade de proximité Uneus, implantée à Saint-Gilles depuis 2012) sont effectivement conflictuelles, et les témoignages de violences policières y ont déjà fait l’objet d’un épais rapport du Délégué Général aux Droits de l’Enfant en 2018.

Une situation qui ne s’est d’ailleurs pas améliorée durant le confinement. Durant une intervention menée place Bethéem le 5 mai, un policier a notamment fait usage de son flashball. Cela fait d’ailleurs l’objet d’une enquête interne, a précisé le bourgmestre de la commune Charles Picqué (PS), qui parle également de deux blessés dans les rangs policiers suite à la même action de police. Face aux griefs des citoyens venus se faire entendre et soutenus par un rassemblement d’une grosse centaine de personnes devant la maison communale, le bourgmestre a effectivement surtout a mis dos-à-dos la problématique des violences policières et les agressions vis-à-vis des policiers.

Il a toutefois été précisé qu’un budget de 75.000 euros avait bel et bien été inscrit au budget 2020 en vue de procéder à une évaluation externe du dispositif Uneus. Une motion a par ailleurs été approuvée, engageant la commune à condamner les abus et à avancer dans la mise place de moyens visant à les combattre, comme l’attestation de contrôle d’identité et les bodycams.

 
 
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