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«Bruxelles Babeleer», quand les langues s’emmêlent

Le « Brusseleir » n’a pas dit son dernier mot. Sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Le plurilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig ». Au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde. Une enquête dans les méandres du nouveau paysage linguistique de la capitale réalisée par les étudiants en journalisme de l’ULB.

Responsable du pôle Multimédias Temps de lecture: 3 min

Alors, dites-moi, ce paysage linguistique bruxellois, il ressemble à quoi ? A un « stoemp » ! Et voilà. Des heures de brainstorming pour en arriver là. Comme un tic de langage, l’image surgit inlassablement. Thème du jour, pour ces étudiants en dernière année de journalisme à l’ULB (en partenariat avec Le Soir, BX1 et Radio-Campus), dénicher un nom générique à l’enquête menée pendant plusieurs mois dans les méandres des langues de la capitale. Comment une ville réussit-elle encore à se forger une identité commune quand 116 nationalités et 104 langues se parlent, mais ne se comprennent pas toujours ?

Le mieux, pour le savoir, c’était de partir à la rencontre de ces « nouveaux Brusseleirs ». Ils s’appellent Joske, Inez, Mike, Patricia, Dirk, Hugo, Théo, Walid, Nicole, Jenn, Carola, Francesco, Issam, Morgane… Des parcours, des racines, des réalités, des modes d’expression, des rêves, souvent aux antipodes. Et qui, juxtaposés, semblent coincer Bruxelles dans les standards classiques d’une ville « bêtement » cosmopolite (la deuxième du monde après Dubaï). Sauf que la réalité est bien plus riche, pour ne pas dire complexe. Au point de mobiliser des cohortes de sociologues, linguistes et autres philosophes. A défaut d’outils statistiques (les recensements linguistiques sont interdits depuis 1962), tous scrutent ce curieux ADN identitaire commun qui semble se forger en « stoemelings ».

Le mythe francophone

Le contexte bruxellois est à ce point singulier qu’il a vu naître un nouveau portefeuille ministériel, dédié au « multilinguisme », preuve que le paysage institutionnel tente de s’adapter à cette nouvelle réalité. Une preuve, surtout, que le mythe de « capitale francophone », champ d’une bataille dépassée, a définitivement été balayé. Comme celui du bilinguisme français-flamand, un échec retentissant, au point de gripper l’enseignement, le marché de l’emploi ou l’administration. En coulisses, l’anglais s’immisce, mais sans aucun filet légal. De son côté, le Bruxellois néerlandophone, très éloigné d’Anvers, est devenu le moteur d’une « kultuur » désormais conjuguée au plurilinguisme.

La réalité bruxelloise, aujourd’hui, c’est un jeune sur deux qui naît dans une famille « plurilingue », comprenez le français (surtout) plus une autre langue, parmi les 103 autres de la capitale. Pour que ce petit monde se parle et se comprenne, autrement que par miracle, tout est à réinventer. A commencer par l’école.

En six étapes, la série « Bruxelles Babeleer » vous propose un voyage à la découverte du « stoemp » linguistique bruxellois. Un dossier à retrouver en intégralité sur Le Soir Plus (www.lesoir.be/BXLbabeleer), enrichi par de nombreux podcasts, vidéos et infographies.

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3 Commentaires

  • Posté par elias jacques, mardi 14 juillet 2020, 14:14

    En tout cas je peux vous dire par expérience que pour travailler dans un commerce le français et l’anglais sont très largement suffisants pour se faire comprendre par une énorme majorité de gens.

  • Posté par Rahier Pierre, vendredi 10 juillet 2020, 11:47

    Baragouiner le français, c'est l'apanage de beaucoup de Bruxellois. Je sais de quoi je parle, ma mère était Bruxelloise. Mon père était Wallon. Baragouiner le français, c'est aussi l'apanage de beaucoup de Wallons...

  • Posté par DE SCHRIJVER Edgar, samedi 27 juin 2020, 13:39

    La tour de Babel, revue et corrigée... et ce qu'il en est advenu.

«Bruxelles Babeleer», quand les langues s’emmêlent

Le « Brusseleir » n’a pas dit son dernier mot. Sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Le plurilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig ». Au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde. Une enquête dans les méandres du nouveau paysage linguistique de la capitale réalisée par les étudiants en journalisme de l’ULB.

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