Accueil Bruxelles Babeleer

«Bruxelles Babeleer» - Tous bilingues, «maar niet tweetalig»

En 2020, la majorité des Bruxellois parlent au moins deux langues. Sauf que le bilinguisme qui s’y répand prend la forme de nombreuses combinaisons mais de plus en plus rarement celle du binôme français/néerlandais. Voici les cinq raisons de l’échec du bilinguisme à Bruxelles.

Article réservé aux abonnés
Temps de lecture: 7 min

Hugo Ortiz travaille comme ingénieur à la RTBF. Lorsqu’il rencontre ses collègues de la VRT, il préfère s’exprimer en anglais parce qu’il ne maîtrise pas le néerlandais. La situation devient encore plus embarrassante pour lui quand ses homologues flamands parlent français. « Je ressens une certaine gêne dans cette situation où lui va faire un effort, où lui arrive à parler ma langue et moi je suis dans une situation complètement neutre où je ne fais rien de spécial. J’utilise juste ma langue de tous les jours », explique-t-il.

Les problèmes que les francophones rencontrent avec le néerlandais apparaissent dès l’apprentissage dans les établissements scolaires de la capitale. Seuls 7,8 % des Bruxellois francophones de moins de 30 ans, interrogés dans le cadre du Taalbarometer piloté en 2018 par Rudy Jansens (VUB), disent maîtriser le néerlandais. En 2001, ils étaient 20 %.

Cet article est réservé aux abonnés

Découvrez la suite, 1€ pour 1 mois (sans engagement)

J'en profite

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

9 Commentaires

  • Posté par Stenuit Fernand, dimanche 15 novembre 2020, 14:47

    Rien à faire , le français est une langue latine , qui est la racine de beaucoup de langues . Dont l'italien, le français , l'espagnol et...l'anglais. Il y a peu de motivation pour un francophone d'apprendre le flamand . Car pour parler une langue , il faut pouvoir la pratiquer régulièrement . Et bien souvent quand je le parle , mon interlocuteur se tournera vers le français . Surtout si j'utilise le néerlandais .

  • Posté par Nasse Colette, dimanche 15 novembre 2020, 17:24

    Même si une très grande partie de son vocabulaire à été emprunté au français, langue latine, l’anglais est une langue germanique dont une légende tenace dit qu’elle est facile. En fait, comme l’a fait remarquer un intervenant, il s’agit moins de l’anglais que du globish, sabir informe qui permet une (mauvaise) communication basique. Par ailleurs, pour rester dans le registre définitivement grognon d’un autre âge, le français me paraît lui-même trop souvent pauvre et maltraité, tant au sein du bon peuple (auquel j’appartiens) que parmi les groupes censés le manier à un bon niveau (médias notamment). Pas un seul JT (français ou belge, peu importe) qui ne me provoque des sursauts de surprise (au mieux) devant les emplois approximatifs d’expressions toutes faites ou face à l’utilisation de clichés éculés. Et pour en revenir au problème initial, je trouve regrettable qu’on puisse entériner comme critère valable l’idée qu’une langue serait belle ou moche : les sons peuvent en sembler agréables ou non mais la langue en elle-même n’est ni belle ni laide : elle permet de communiquer avant tout. Et toutes présentent des degrés de difficulté/ facilité particuliers. Et pour en terminer, j’ai souvent regretté que la RTBF ne passe jamais de chanson en néerlandais (alors que l’inverse se pratique à la VRT) : l’apartheid linguistique est partout et depuis très longtemps, c’est un appauvrissement pratiqué sciemment.

  • Posté par Goussaert Filip, lundi 29 juin 2020, 9:49

    Bien que ce ne sont que les 19 communes qui sont officiellement bilingues en Belgique, le monde politique n'a pas été capable de soigner cette réalité. On préfère ne plus rien exiger et suivre la facilité, qui est de prétendre que l'Anglais est 'meilleur', comme si on le parlait vraiment, c'est plutôt du 'branglais'. In fine, aucune compétence réelle sur le marché du travail. Oui, imaginez que même les politiciens néerlandophones ne s'expriment plus correctement en Français, on parle quoi autour de la table de négociation. Oui, bientôt il faudra des interprètes, comme au parlement....qui commettent parfois des erreurs aussi...

  • Posté par Robert Anne-marie, dimanche 28 juin 2020, 21:48

    Encore un petit mot, désolée! Il ne faut pas perdre de vue l'obstacle que représentent les dialectes flamands (je n'utilise plus le mot néerlandais donc) qui restent omniprésents dans la/les régions flamandes. L'usage des dialectes wallons a par contre beaucoup diminué.

  • Posté par Robert Anne-marie, dimanche 28 juin 2020, 21:43

    Je viens d'une famille mixte et je suis traductrice. Il y a 30 ou 40 ans une majorité significative de néerlandophones parlaient le français avec un assez bon niveau et ne laissaient même pas l'occasion à un francophone d'essayer d'utiliser ses connaissances en néerlandais, ils switchaient automatiquement vers le français. Et puis comme expliqué dans l'article l'intérêt des néerlandophones pour le français a baissé. Nous sommes à présent dans une situation plus équilibrée pourrait-on dire : peu d'intérêt pour la langue de l'autre communauté! mais intérêt croissant pour l'anglais! Il arrive donc assez fréquemment que des belges se parlent en anglais! Après tout pourquoi pas?? Mais il y a un domaine où les deux communautés sont à présent plus ou moins au même niveau : le niveau de connaissance de la 2ème langue nationale par les politiciens : le néerlandais de Mme Wilmes, ou même Paul Magnette, est au moins aussi bon que le français de M. Jambon et certain(e)s autres! Je ne sais pas si c'est la solution à nos problèmes? L'avenir nous le dira peut-être. Mais je ne suis PAS d'accord avec Poullet Albert! ce n'est pas inutile de repenser régulièrement à l'évolution de la situation!

Plus de commentaires

«Bruxelles Babeleer», quand les langues s’emmêlent

Le « Brusseleir » n’a pas dit son dernier mot. Sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Le plurilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig ». Au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde. Une enquête dans les méandres du nouveau paysage linguistique de la capitale réalisée par les étudiants en journalisme de l’ULB.

Brusseleir, une nouvelle identité qui grandit en «stoem»

Dans l’imaginaire collectif, un Bruxellois c’est un « peï » qui boit sa « pils » en racontant des « carabistouilles » à un « dikkenek ». A l’ombre des caricatures, Bruxelles s’est construit une nouvelle identité. Plus riche ? Non, peut-être !

Comment le multilinguisme a transformé Bruxelles

Avec 104 langues parlées sur son territoire, Bruxelles est devenue la deuxième ville la plus cosmopolite du monde. Comment s’adapter à ce contexte multilingue ? Le défi est immense. Enseignement, accès au marché de l’emploi… Tout est à réinventer, en plusieurs langues.

«Bruxelles Babeleer» - Tous bilingues, «maar niet tweetalig»

En 2020, la majorité des Bruxellois parlent au moins deux langues. Sauf que le bilinguisme qui s’y répand prend la forme de nombreuses combinaisons mais de plus en plus rarement celle du binôme français/néerlandais. Voici les cinq raisons de l’échec du bilinguisme à Bruxelles.

Bruxelles et sa franco-faune plurielle

Bruxelles, ville francophone ? Plus de 90 % des Bruxellois utilisent le français pour compléter leurs démarches administratives. La francisation et les différentes vagues migratoires ont transformé Bruxelles en une ville multiculturelle, à la francophonie plurielle.

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs