Accueil Bruxelles Babeleer

To speak or not to speak English, le dilemme bruxellois

L’anglais prend de plus en plus de place au sein de notre capitale. Les jeunes sont désormais plus attirés par la langue de Shakespeare que par la seconde langue officielle de la ville. Cette omniprésence atteste d’une évolution sociale autant que professionnelle. Une réalité qui doit encore se traduire politiquement…

Article réservé aux abonnés
Temps de lecture: 6 min

Oh, it’s you. » Nicole Marucci se dévoile sous sa capuche qui la protège de la bruine. Elle s’avance et nous ouvre les portes d’un de ses « spots » favoris. Un pub irlandais qui fait le coin, rue du Bailli. Un brouhaha constant agite la pièce boisée. Une lumière tamisée éclaire l’écriteau sur lequel est indiqué à la craie « irish stew », le plat à l’agneau du jour. « One beer please. » L’expérience bruxelloise de Nicole n’est pas un long fleuve tranquille. Pour cette expatriée venue de République tchèque, ne parler que la langue de Shakespeare dans notre capitale est parfois synonyme d’angoisses. « A l’hôpital, on ne me parle pas en anglais. C’est tellement stressant d’aller quelque part où j’ai besoin de comprendre ce qui est dit (…). C’est juste un sentiment terrible. » Elle a aussi été blâmée à la commune parce qu’elle ne maîtrisait pas assez le français. Une situation vécue par plusieurs anglophones.

Cet article est réservé aux abonnés
Article abonné

Découvrez la suite, 1€ pour 1 mois (sans engagement)

Avec cette offre, profitez de :
  • L’accès illimité à tous les articles, dossiers et reportages de la rédaction
  • Le journal en version numérique
  • Un confort de lecture avec publicité limitée

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

11 Commentaires

  • Posté par Rahier Pierre, vendredi 24 juillet 2020, 15:21

    Je pense que la première obligation, c'est de maîtriser sa langue maternelle. L'exemple devrait venir d'en haut, suivez mon regard ! Mais on est loin du compte.

  • Posté par Pierre Lison, jeudi 2 juillet 2020, 16:33

    Soixante pour cent de la population est déjà bilingue : langue maternelle + lingua franca (français). Alors, commençons par supprimer le bilinguisme institutionnel (F/NL) et on verra. (De plus, en supprimant l’obligation de néerlandais, on diminuerait le chômage local et les navetteurs.)

  • Posté par Kavanagh Gabrielle, jeudi 2 juillet 2020, 16:15

    Lorsqu'on entend, et voit, comment le français est pratiqué à Bxl, on ne peut que s' inquiéter quant à l'usage d'un certain globish pidgin english!

  • Posté par G Jean Luc, jeudi 2 juillet 2020, 15:24

    Mais tant qu'à apprendre une deuxième langue, autant que ce soit l'anglais, tout le monde sera gagnant.

  • Posté par Coets Jean-jacques, jeudi 2 juillet 2020, 11:39

    Je pense qu'il y a quelques malentendus ! Il est tout à fait normal, en arrivant à Bxl, de ne parler ni français ni néerlandais. Il est par contre assez insupportable que ce soit toujours le cas après 1 ou 2 ans de résidence ! De plus, pourquoi toujours l'anglais (j'adore cette langue que je parle à la maison !), pourquoi pas l'allemand qui est aussi une langue nationale, ou l'espagnol qui est historiquement lié à l'immigration, ou l'italien qui est une des plus importantes communautés allophones de Belgique ? Je rejoins aussi les commentaires de certains ; en Angleterre, les idiomes étrangers sont invisibles dans l'espace public. A Bxl les annonces dans le métro sont faites en 3 langues, les musées donnent des explications en 3 ou 4 langues. Vous avez déjà vu cela en Angleterre ? "Mind the gap" ! Les communes bruxelloises payent des formations en anglais pour leurs fonctionnaires, la Stib fait de même, tout comme le parlement bruxellois et la Chambre.... Vous imaginez cela en Angleterre ou aux États-Unis ?! Moi pas ! Je crois qu'il faut adopter une attitude constructive. L'anglais pourrait devenir une langue officiellement "comprise" à Bruxelles, comme à Malte ou en Irlande (Irish spoken, English understood). Mais lui donner le même statut que le français ou le néerlandais me semblerait tout à fait exagéré.

Plus de commentaires

«Bruxelles Babeleer», quand les langues s’emmêlent

Le « Brusseleir » n’a pas dit son dernier mot. Sauf que, aujourd’hui, il cause en 104 langues. Le plurilinguisme a enterré le mythe d’une capitale « tweetalig ». Au profit d’une nouvelle identité plurielle, unique au monde. Une enquête dans les méandres du nouveau paysage linguistique de la capitale réalisée par les étudiants en journalisme de l’ULB.

Brusseleir, une nouvelle identité qui grandit en «stoem»

Dans l’imaginaire collectif, un Bruxellois c’est un « peï » qui boit sa « pils » en racontant des « carabistouilles » à un « dikkenek ». A l’ombre des caricatures, Bruxelles s’est construit une nouvelle identité. Plus riche ? Non, peut-être !

Comment le multilinguisme a transformé Bruxelles

Avec 104 langues parlées sur son territoire, Bruxelles est devenue la deuxième ville la plus cosmopolite du monde. Comment s’adapter à ce contexte multilingue ? Le défi est immense. Enseignement, accès au marché de l’emploi… Tout est à réinventer, en plusieurs langues.

«Bruxelles Babeleer» - Tous bilingues, «maar niet tweetalig»

En 2020, la majorité des Bruxellois parlent au moins deux langues. Sauf que le bilinguisme qui s’y répand prend la forme de nombreuses combinaisons mais de plus en plus rarement celle du binôme français/néerlandais. Voici les cinq raisons de l’échec du bilinguisme à Bruxelles.

Bruxelles et sa franco-faune plurielle

Bruxelles, ville francophone ? Plus de 90 % des Bruxellois utilisent le français pour compléter leurs démarches administratives. La francisation et les différentes vagues migratoires ont transformé Bruxelles en une ville multiculturelle, à la francophonie plurielle.

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs