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Jean-Pascal Labille (Solidaris): «Le PS est trop gentil!»,

Le secrétaire général de Solidaris, membre puissant de l’Action commune aux côtés du PS et de la FGTB de Thierry Bodson, prend position sur la gestion de la crise sanitaire mais aussi, et surtout, sur les enjeux politiques qui déchirent le pays.

Temps de lecture: 2 min

On doit mettre des lignes rouges. Si c’est ça, c’est avec nous, si ce n’est pas ça, c’est sans nous. » Nous ? La gauche selon Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, membre puissant de l’Action commune aux côtés du PS et de la FGTB de Thierry Bodson. L’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir (ce samedi sur La Première et sur le site du Soir dès 9h10 et sur la Trois ce dimanche à 23h15) prend position sur la gestion de la crise sanitaire mais aussi, et surtout, sur les enjeux politiques qui déchirent le pays.

« Le dernier gouvernement, fait sur base de ce que la Belgique était, est celui de 2011 avec des partis prêts à faire des compromis et avec le sens de l’État. Aujourd’hui, dire que la N-VA a ce sens de l’État, serait osé. Ensuite, idéologiquement, nous avons des visions de la société de plus en plus différentes ». Et ça ne concerne pas que la N-VA : « Un accord social ne sera pas plus facile à trouver avec le VLD d’Egbert Lachaert et le MR de Georges-Louis Bouchez. La gauche à laquelle j’appartiens, aura tout intérêt à mettre en place une logique avec des lignes rouges sur le plan social, fiscal, environnemental, économique et démocratique. La gauche n’est pas là pour aller faire de la politique de droite, dans un gouvernement de droite. S’il n’y a pas de compromis possible, tant pis. » En sortant de l’interview, Jean-Pascal Labille lâche : « Le PS est beaucoup trop gentil, et ça vous pouvez l’écrire. On ne va pas lui demander de sauver la Belgique et de se suicider en même temps. »

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Paul Magnette, en liberté surveillée ? « Non ! » affirme Labille. « Il fait un boulot compliqué. Ce que le PS aurait intérêt à faire, c’est de tracer ces fameuses lignes rouges, infranchissables. Sinon on ne gouvernera pas ! Il faut montrer beaucoup plus de radicalité. J’en appelle donc à la constitution d’un front, social, environnemental, économique et démocratique. Ce qui changera la politique, c’est un mouvement social puissant qui poussera à changer de cap, avec l’humain au centre. »

 

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33 Commentaires

  • Posté par Bernard Robert, dimanche 28 juin 2020, 12:24

    Je suis heureux de constater que, malgré ses nombreux mandats, M. Labille a le temps de donner des conseils à M. Magnette. Il est en effet lui-même une démonstration incarnée du compromis : idéologiquement de gauche, sociologiquement de droite : ce qu'on appelait naguère la gauche caviar. Une proposition de ligne rouge à établir : limiter strictement les mandats et ne pas admettre que les organismes sociaux rémunèrent leurs dirigeants au-delà d'un traitement de ministre, ce serait déjà pas mal (+ de 200.000 annuels pour la fonction de Secrétaire général de l'Union des mutualités socialistes, avantages indirects non compris). Plus sérieusement, M. Labille devrait se demander pourquoi le PS a atteint son score historiquement le plus bas depuis des décennies alors qu'il vient de vivre une opposition combattive. Où est l'erreur ? Entraver la rénovation à peine commencée par Magnette comme Labille et autres Boson le font est un grand pas en avant vers le grand soir : celui qui voit fondre et disparaître un peu partout en Europe les partis socialistes incapables d'appréhender les défis du 21e siècle et d'apporter des réponses dans l'intérêt général des citoyens. Evidemment cela coûte moins d'argent et d'imagination que de courir après les verts et de déboulonner des statues. P.S. (si j'ose dire...) : j'adore le "Tant pis final" ; quel sens de l'Etat !

  • Posté par Reginster Jean-luc , dimanche 28 juin 2020, 11:40

    La démocratie, c'est par définition une affaire de compromis. Refuser le compromis, c'est tourner le dos à la démocratie. Plus les institutions poussent au compromis, plus la démocratie est vivante. On peut déplorer le manque d'efficacité ou de lisibilité d'un tel système mais il est inhérent à une démocratie représentative proportionnelle, comme c'est le cas en Belgique. Il n'y a pas 36 alternatives: les systèmes majoritaires comme en France ou en Grande-Bretagne ne se portent pas bien: ils sont moins démocratiques que chez nous et, s'ils devaient être transposés au niveau fédéral belge, donneraient presque automatiquement la majorité à ...la majorité flamande ! Ou alors un pouvoir qui n'aurait plus que la caricature d'une démocratie. Ce que le PTB a très bien compris dans la ligne historique des partis communistes ayant régné au 20ème siècle dans une partie de l'Europe et de l'Asie. C'est l'impasse dans laquelle nous pousse la radicalité des Labille, Bodson et Cie.

  • Posté par Reginster Jean-luc , dimanche 28 juin 2020, 15:58

    Pas sur que j'aimerais avoir J Debrandere comme capitaine du bateau En navigation, un coup à droite, un coup à gauche, les deux en même temps de préférence, c'est la seule façon d'avancer. Si l'impulsion vient d'un seul côté, l'embarcation tourne en rond. Pire: si on écoute Labille, c'est " si l'équipage choisit de mettre le cap à droite, la gauche coule l'embarcation!"

  • Posté par Debrabander Jean, dimanche 28 juin 2020, 11:47

    Drôle de définition de la démocratie. La démocratie, c'est le pouvoir de la majorité. Démocrates contre Républicains aux Etats Unis. La droite contre la gauche en France. Par contre, ce culte des compromis tellement belge fait qu'on n'avance pas : un coup à droite, un coup à gauche : essayez cela en pédalo et vous resterez au milieu du lac, si pas dedans.

  • Posté par cobbaert jean, dimanche 28 juin 2020, 10:29

    Si chaque parti, à l'instar du PS, met des lignes rouges... autant dire adieu à la Belgique. Il faut des compromis dans ce pays pour qu'il continue à tenir debout.

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