France: la centrale nucléaire de Fessenheim définitivement débranchée

Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises, ne produira plus d’électricité : le second réacteur a été débranché du réseau électrique national lundi soir à 23H, un crépuscule célébré comme une victoire par les antinucléaires mais vécu comme un crève-cœur par les salariés et les habitants.

La fermeture de la centrale de Fessenheim, installée en bordure du Rhin, près de l’Allemagne et de la Suisse, intervient comme un point final après des années de remous, de débats et de reports de son arrêt.

Ses deux réacteurs à eau pressurisée d’une puissance de 900 mégawatts (MW) chacun produisaient en moyenne 11 milliards de kilowattheure (kWh) chaque année, soit 70 % de la consommation d’électricité d’une région comme l’Alsace.

« Il y a eu beaucoup d’émotion de la part des équipes de Fessenheim, et sur l’ensemble du parc nucléaire », a souligné une porte-parole d’EDF à l’AFP.

Peu avant 23h00, une vingtaine de salariés se sont donné rendez-vous sur le parking devant la centrale, mise en service en 1977, pour être présents au moment de son arrêt définitif. L’occasion d’émouvantes photos de groupe devant les portes de l’enceinte.

Philippe Formery regrette un « gâchis », évoque sa « rage », avec les larmes qui lui montent aux yeux. Il faisait partie de l’équipe qui a débranché le premier réacteur le 22 février.

Des défenseurs de l’énergie nucléaire ont également manifesté à Paris en début de soirée devant le siège de Greenpeace.

Le démantèlement proprement dit, inédit en France à cette échelle, devrait débuter à l’horizon 2025 et durer au moins jusqu’en 2040.

 
 
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