Amnesty exhorte la Belgique à renforcer sa lutte contre les violences sexuelles

Amnesty exhorte la Belgique à renforcer sa lutte contre les violences sexuelles
Michel Tonneau

Amnesty International invite la Belgique à renforcer ses dispositifs de lutte contre les violences sexuelles à l’occasion du quatrième anniversaire de l’entrée en vigueur dans le pays de la Convention d’Istanbul.

Ce mercredi marque le quatrième anniversaire de l’entrée en vigueur en Belgique de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul).

Si Amnesty se réjouit du projet d’ouverture de trois nouveaux centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles (CPVS), annoncé fin février par la ministre en charge de l’Égalité des chances, Nathalie Muylle, l’organisation déplore le manque de rigueur dont fait preuve la Belgique dans l’application des obligations de la Convention. « La création de ces centres est une excellente nouvelle qui va dans le bon sens pour que la Belgique se mette enfin en conformité avec la Convention d’Istanbul et ses obligations », affirme Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone de l’organisation. « Cette année est d’autant plus importante qu’une évaluation par le comité GREVIO (Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur l’action contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, NDLR) de la mise en œuvre de cette convention est en cours et que, selon le secteur, seulement 20 % des obligations contenues dans la Convention sont actuellement appliquées en Belgique ».

Améliorer la qualité des poursuites judiciaires

Amnesty a lancé, le 4 mars, une pétition appelant les autorités compétentes à consacrer un budget spécifique et suffisant à la lutte contre le viol. L’organisation exhorte le pays à améliorer la collecte et la publication de données sur ces actes criminels et plaide pour un renforcement de la formation de base et continue des acteurs de première ligne, notamment dans les secteurs policier et judiciaire. Afin de réduire le taux de classement sans suite et de lutter contre l’impunité, la Belgique doit, selon Amnesty, améliorer l’efficacité et la qualité des poursuites judiciaires.

Un sondage d’Amnesty International et de SOS Viol révélait, en mars dernier, qu’une personne sur deux a été victime de violence sexuelle. Au moins 48 % des victimes de violences sexuelles ont été exposées pour la première fois avant leurs 19 ans. Plus de la moitié des affaires de viol sont classées sans suite.

 
 
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