Le CD&V lie le dossier IVG à la formation d’un gouvernement, pas le CDH

Joachim Coens, le président du CD&V
Joachim Coens, le président du CD&V - Photo News

Les opposants à la proposition de loi dépénalisant et assouplissant les conditions de l’avortement ont obtenu jeudi de consulter le Conseil d’Etat sur de nouveaux amendements. Ils étaient plus de 50 députés, issus de la N-VA, du CD&V et du Vlaams Belang, à soutenir la demande. Le CDH était favorable à cette requête mais n’a pas pris part au scrutin. Le vote final de la proposition, attendu ce jeudi, est une nouvelle fois reporté.

Le CD&V bloque la loi IVG et la formation d’un gouvernement

«Dans une telle matière, nous ne pouvons prendre aucun risque», s’est justifié le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, énumérant les points où, selon lui, des problèmes se posent encore. Les chrétiens-démocrates auraient voulu que la proposition puisse à nouveau être examinée en commission mais aucune majorité ne se dessinait sur ce point.

Le CD&V veut inscrire le dossier de l’avortement à l’agenda de la formation d’un gouvernement fédéral, a expliqué jeudi son président, Joachim Coens, en marge de la séance plénière de la Chambre à laquelle il a assisté depuis la tribune du public. Si ce n’était pas le cas, il juge inutile de poursuivre les discussions qu’il mène actuellement avec ses homologues de l’Open Vld et du MR.

«C’est important pour nous. On parle d’une vie qui n’est pas encore née et de la protection de la femme car les balises pénales disparaissent si quelque chose ne se passe pas comme il faut. On doit savoir que pour nous c’est un dossier crucial», a-t-il expliqué.

«Je veux savoir si ce dossier peut être l’objet des discussions, sinon, nous ne continuerons pas», a-t-il ajouté.

Si ce n’était pas le cas, M. Coens et ses homologues libéraux, Egbert Lachaert et Georges-Louis Bouchez «ne formeront plus un trio», a-t-il averti.

Le CDH opposé à l’extension du délai légal de 12 à 18 semaines

Même s’il existe une majorité parlementaire pour le voter, le texte demeure controversé. «J’entends l’appel de très nombreux citoyens. S’il y a une majorité ici, je ne suis pas sûre qu’il y ait une majorité dans la population», a affirmé Catherine Fonck (CDH).

Le CDH souhaite que la période qui s’ouvre avec la consultation du Conseil d’Etat soit mise à profit pour faire évoluer la loi sur l’avortement.

Les centristes soutiennent la dépénalisation complète de l’IVG pour les femmes et une réduction du délai de réflexion, actuellement de 6 jours. Ils se disent également partisans d’un cadre limitant tout risque de pression sur la femme tout en permettant la prise en compte de l’avis du père et le respect de la liberté d’expression. Il est également nécessaire de mieux prendre en compte des situations difficiles après 12 semaines de grossesse, estiment-ils.

Le CDH s’oppose en revanche à l’extension du délai légal de 12 à 18 semaines, dès lors que cela permettrait une IVG sans motif médical à 5 mois, et à la dépénalisation complète des médecins qui pratiqueraient des IVG en méconnaissant la loi.

Les centristes appellent à un consensus plus large «entre l’ensemble des partis qui souhaitent faire évoluer significativement mais raisonnablement la loi».

«Ce n’est pas à coups d’exclusives fondées sur des clichés que l’on fera avancer un dossier à ce point sensible. Écoutons-nous mutuellement et essayons de converger», a conclu le parti.

Le CDH n’entend pas lier ce dossier à la constitution d’un gouvernement. «Il est évident que démocratiquement, l’heure viendra de se prononcer. En attendant, il n’apparaît pas opportun que ce dossier conditionne la mise en orbite d’un gouvernement d’action, quel qu’il soit, dont les Belges ont besoin face à la crise socio-économique majeure qui est à nos portes», a précisé le président, Maxime Prévot, sur Twitter.

Les partisans du texte ont exprimé leur indignation devant cette façon de faire qui s’apparente à leurs yeux à de l’obstruction parlementaire. C’est en effet le troisième renvoi du dossier au Conseil d’Etat, une pratique tout à fait inhabituelle au parlement belge. Le Conseil d’Etat s’est déjà exprimé sur la proposition elle-même et, le mois passé, sur des amendements.

 
 
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