Premier League: comment Bruno Fernandes a ravivé la flamme à Manchester United

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Arrivé dans un climat de découragement et de rage froide autour du club, Fernandes (25 ans), meilleur joueur du championnat du Portugal les deux dernières saisons et arraché pour 57 millions d’euros au Sporting le 30 janvier, a rapidement mis dans sa poche le club, le public et les observateurs.

Au point d’être un titulaire indiscutable avant la réception de Bournemouth (16h00) samedi pour la 33e journée de Premier League.

Pourtant, fin janvier, le torchon brûlait avec les supporters après deux défaites en championnat face à Liverpool (2-0) et surtout Burnley (2-0), à domicile. Pour beaucoup, ce renfort avait des airs de recrutement de la dernière chance.

Les maux des Red Devils étaient assez facilement identifiables, surtout offensivement : manque de liant dans les phases de transition, déficit de créativité et de percussion dans les 30 derniers mètres. Des facteurs particulièrement pénalisants contre les adversaires plus modestes.

« Portugais magnifico »

Difficile d’imaginer qu’un seul homme puisse, en quelques semaines, pour ne pas dire jours, résoudre de telles lacunes en un tournemain. Et pourtant, Bruno Fernandes a tout changé.

Cinq mois plus tard – dont trois de pause forcée à cause de la pandémie de Covid-19 –, les travées d’Old Trafford chantent à nouveau, notamment leur dernier tube : « Bruno, Bruno, Bruno, il est du Sporting comme Cristiano (Ronaldo), il part à gauche, il part à droite, il ridiculise les défenses, c’est notre Portugais +magnifico+ ».

Son impact a été immédiatement visible : sur les neuf matches entre son arrivée et l’interruption du championnat, Manchester en a gagné six et fait trois nuls, inscrivant 22 buts et n’en concédant que 2.

Avec deux buts et trois passes décisives, l’international portugais (19 sélections) a été le joueur le plus décisif de Premier League sur cette période, raflant au passage le titre de « joueur de février » pour son premier mois en Angleterre.

On aurait pu craindre que trois mois d’interruption des compétitions ne viennent briser ce bel élan. La question de son entente avec Paul Pogba et Marcus Rashford, les deux tauliers des Red Devils dont il avait presque fait oublier l’absence sur blessure cet hiver, était aussi une inconnue de taille avant la reprise.

« Mentalité de gagnant »

Mais avec le redémarrage de la Premier League, les Mancuniens ont repris leur marche en avant avec trois victoires et un nul. Et Pogba a déjà offert sa première passe décisive à son nouveau partenaire, lors du dernier match, contre Brighton (3-0).

Anthony Martial et Mason Greenwood, également très en vue depuis la reprise, ont aussi bénéficié des passes et des inspirations du Portugais.

« J’ai plus d’un joueur capable de faire basculer le match maintenant. Nous avons quelques joueurs de très haut niveau et depuis que Bruno est arrivé, il a été fantastique », s’est enthousiasmé l’entraîneur Ole Gunnar Solskjaer.

« Il a apporté cette mentalité de gagnant avec lui, de dire que 99 %, ce n’est pas suffisant, il faut être à 100 %. C’est un plaisir de les voir s’exprimer (sur le terrain) comme ça », a-t-il ajouté.

Qualifié pour les demi-finales de Coupe d’Angleterre, pratiquement assuré de jouer les quarts en Ligue Europa et cinquième en championnat, à deux points seulement des places qualificatives pour la C1, Bruno Fernandes a, en tout cas, rendu la fin de saison de United aussi excitante que son début a été laborieux et morose.

Pas mal pour un joueur qui n’avait pas triomphé en Italie, à l’Udinese et à la Sampdoria ! L’Angleterre a désormais appris à le connaître.

 
 
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