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Déconfinement: une piscine sur cinq est restée fermée

Les piscines ne sont structurellement pas rentables. Les mesures Covid prises en marge de leur réouverture, mercredi dernier, n’y aident pas…

Journaliste au service Sports Temps de lecture: 4 min

Les piscines ont pu rouvrir leurs portes mercredi dernier, 1er juillet. Mais toutes ne l’ont pas fait. En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), une sur cinq restera même fermée durant tout l’été. C’est ce qui ressort d’un sondage effectué par l’Association des établissements sportifs (AES). « Sur les 120 bassins de plus de 100 m² recensés en FWB, les responsables de 83 d’entre eux ont donné suite à notre sondage », explique Serge Mathonet, le directeur de l’AES. « Et parmi ceux-ci, 22 % nous ont confirmé que leurs piscines resteront fermées cet été – il est à noter qu’un tiers de celles-ci sont en travaux. Tandis que parmi les 78 % de piscines qui ont choisi de rouvrir, la moitié l’a fait dès le 1er juillet, 40 % ont prévu de le faire dans le courant de ce mois, et les 10 % restants en août. »

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Les raisons avancées par les gestionnaires de piscines qui ont choisi de ne pas rouvrir sont la complexité du protocole sanitaire établi en marge de ces réouvertures, et bien sûr le facteur économique. « Il faut savoir qu’une piscine n’est structurellement pas rentable : un nageur coûte en moyenne 6 euros en frais divers (NDLR : entretien du bassin, frais de personnel, etc.) tandis que notre tarif le plus cher est de 4 euros ! », illustre Denis Mélot, directeur du complexe sportif Edmond Leburton de Waremme, qui a malgré tout rouvert ses portes dès le 1er juillet. « Si le collège communal ne soutenait pas cette activité, elle ne pourrait tout simplement pas exister. »

« 30.000 euros en plus par mois ! »

A une quinzaine de kilomètres de là, Pierre Dewart abonde. Mais lui, il a recommandé au collège communal de Wanze de ne pas rouvrir, ou en tout cas pas maintenant. « Rapidement après le début du confinement, nous avons vidé le bassin pour raisons économiques », explique le responsable du Service des sports de cette autre commune liégeoise. « Il faut savoir qu’un bassin non vidé coûte jusqu’à 10.000 euros par mois : maintien en température, entretien, etc. ! Ensuite, relancer la piscine prend une dizaine de jours, afin notamment de satisfaire aux tests liés à la prévention de la légionellose. Mais surtout, ce sont certaines propositions faites dans le protocole qui nous ont dissuadés de rouvrir. En particulier la mise en place des tranches horaires et d’un système de réservation, mais surtout les coûts d’organisation et les frais d’entretien supplémentaires ; des coûts que nous avons évalués à 30.000 euros par mois ! »

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Un supplément qui rend l’exercice comptable encore plus intenable qu’en temps « normal »… « Avec nos 400 m² de plan d’eau, nous pouvons théoriquement accueillir jusqu’à 200 nageurs », poursuit Pierre Dewart. « Mais avec le protocole Covid, on retombe à… 60 maximum ! C’est intenable. Ou alors, il faudrait assouplir certaines mesures, et en particulier celle qui impose de maintenir la distanciation sociale, même dans la piscine. »

« Pas de 2e vague ! »

De son côté, Denis Mélot a d’emblée pris le parti de précisément suivre ce protocole comme un recueil de recommandations, et non d’obligations. « Nous avons par exemple choisi de ne pas demander que les gens réservent, quitte à intervenir si on se rend compte qu’on commence à avoir des files comme devant chez Ikea, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent », dit-il dans un sourire. « Même chose pour le temps de nage, que nous ne limitons pas. En revanche, nous avons la chance de bénéficier des services de deux femmes d’ouvrage communales habituellement affectées aux écoles, qui nous aident à ne pas faire la moindre concession au niveau sanitaire : nettoyage des vestiaires, des casiers, des douches, etc. Mais ne nous voilons pas la face : nous perdons énormément d’argent. Et si le Covid devait revenir, ou que les écoles tardaient à nous renvoyer leurs élèves dès la rentrée de septembre, ce serait la catastrophe ! »

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2 Commentaires

  • Posté par ADAM Jean-Victor, dimanche 5 juillet 2020, 16:45

    Mais les bordels d’Anvers ont ré-ouvert ! Idem pour ceux de la rue d’Aerschot à Bruxelles. Pas de nouvelles de Liège mais j’ai quitté la Wallonie depuis longtemps.

  • Posté par Smyers Jean-pierre, lundi 6 juillet 2020, 15:19

    La Carrée tourne, le Carré ne tourne pas rond.

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