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Négociations fédérales: la réunion des six partis pour la coalition Arizona annulée

Le président du SP.A, Conner Rousseau, a décliné l’invitation.

Temps de lecture: 3 min

La réunion des six partis susceptibles de former une coalition « Arizona » (MR, Open VLD, CD&V, SP.A, N-VA et CDH) n’aura finalement pas lieu ce lundi après-midi comme le souhaitaient les présidents des trois partis du gouvernement. Ceux-ci poursuivront leurs entretiens bilatéraux, a indiqué le patron des chrétiens-démocrates flamands, Joachim Coens. Le SP.A et le CDH, deux des trois partis invités par les « rois mages », selon le nom que leur a donné la presse flamande, ont décliné l’invitation. Leur ton était amer à l’égard de la façon dont ils s’estiment traités.

Le SP.A n’apprécie pas la tournure qu’ont pris les événements. Le président, Conner Rousseau, s’est entretenu samedi avec ses homologues du MR, de l’Open VLD et du CD&V. Il leur a fait savoir qu’il attendait des garanties quant à la note qu’il leur a transmise la semaine passée, contenant les priorités des socialistes flamands, notamment un renforcement du secteur des soins de santé et une plus grande contribution fiscale des grosses fortunes et des multinationales. « Ce n’est pas une façon sérieuse de donner suite à ce qui a été convenu ce week-end, notamment que petit à petit une réunion serait organisée au cours de laquelle nous devrions recevoir des garanties », a-t-on souligné au siège du SP.A. « Nous n’allons pas participer à Blind Gekocht (Acheté à l’aveugle, émission télévisée au cours de laquelle les participants achètent une maison que l’on a choisie pour eux). »

M. Coens dit comprendre les sensibilités exprimées mais rappelle que cette réunion n’avait pas pour but d’entamer une négociation. Elle se voulait informative, afin de permettre aux autres partis de prendre connaissance d’une note reprenant les points de vue des uns et des autres en vue de commencer plus tard d’éventuelles négociations. Les trois présidents avaient fait le choix d’une rencontre plénière car il leur paraissait inutile de poursuivre des entretiens bilatéraux. Selon le patron des libéraux flamands, Egbert Lachaert, aucun nouvel entretien bilatéral n’a été promis aux socialistes ; cela n’aurait pas été correct à l’égard des autres invités.

« Pas sur un pied d’égalité »

A lire un communiqué envoyé par le CDH à l’issue de son Bureau politique, il semble d’ailleurs que ces entretiens bilatéraux n’ont guère été approfondis pour ce qui le concerne. La seule réunion entre le président des centristes, Maxime Prévot, et ses homologues des partis gouvernementaux remonte à il y a deux semaines. Et depuis lors, le CDH n’a pas eu l’occasion de défendre ses priorités (notamment un renforcement des soins de santé et de la Justice, et un plan de relance insistant sur l’environnement et le non-marchand), reproche-t-il. « Leur méthodologie induit donc que tous les invités ne partent pas sur pied d’égalité pour entamer un premier round de rencontres », a regretté M. Prévot qui a appelé les trois présidents à « reprendre contact de manière plus approfondie et respectueuse avec toutes les parties ».

À lire aussi Le chantage du CD&V laisse les négociateurs circonspects

Selon les libéraux, le terrain paraissait en revanche prêt pour une première réunion plénière. « Une note de base équilibrée sur la politique de relance est prête. Cet après-midi, 6 partis ont été invités à en débattre en vue de négocier », tweetait en fin de matinée le président du MR, Georges-Louis Bouchez. « Si nous voulons des solutions, il faut au moins le courage d’écouter ». Avant d’ajouter, un peu plus tard : « Par le passé, ce travail de préparation avec des notes de base n’existait pas. Pour cause : impossible d’avoir un document qui fasse accord sans le négocier en plénière. À force de faire des navettes entre les uns et les autres, il est matériellement impossible d’atterrir ».

 

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17 Commentaires

  • Posté par Spilman Marie-Anne , lundi 6 juillet 2020, 15:24

    Nos trois diva se méprennent et interprètent le rôle de Florence Foster Jenkins! Arrêtons cette cacophonie! Constant Depièreux

  • Posté par Delpierre Bernard, lundi 6 juillet 2020, 15:22

    Quand la course au ridicule prend le pas sur l'analyse économique et budgétaire, on voit ces clowns pencher tantôt pour Vivaldi (pas le musicien) tantôt pour arizona et demain pour une autre formule afin de ne pas affronter la réalité; il est vrai qu'être aussi bien payé pendant des mois et bientôt des années pour ne rien faire d'autre que pérorer et gesticuler devrait susciter de nouvelles vocations, surtout chez les fils de...qui sont déjà légion. En effet, notre beau pays se paie 15 ministres au fédéral, 9 pour la communauté flamande, 9 pour la Région wallonne qui ne saurait se laisser distancer, 8 pour BXL, 4 pour la région germanophone, soit au total 45, mais j'ai omis la Communauté française (ou fédération Wallonie -Bruxelles) dégoûté par ce côté république bananière quand les Pays-Bas avec 6 millions d'habitants de plus se contentent de 16 ministres et secrétaires d'Etat...Tirez l'échelle , cette question ne sera même pas abordée par les partis , de gauche comme de droite, car sur ce point ils sont tous d'accord pour ne rien changer.

  • Posté par Trevisan Lucio, lundi 6 juillet 2020, 19:00

    Pour être précis, nous n'avons pas une république et nous ne produisons pas de banane, Par déduction j'opte pour le terme : Royauté Patatière

  • Posté par Biot Philippe, lundi 6 juillet 2020, 14:47

    Tant qu'ils amusent la galerie, rien ne change et chacun conserve son paquet de ministres.

  • Posté par Taif Mohamed, lundi 6 juillet 2020, 14:41

    On doit décaler de deux ans les élections régionales et fédérales, ça nous fera gagner les 6 mois d'attentes inutiles qu'ils prennent pour former un gouvernement régional et donnera à l'électeur la possibilité de sanctionner les fausses promesses.

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