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Voyager à l’étranger ou pas: plusieurs virologues demandent aux décideurs politiques des consignes claires

La découverte d’un nouveau foyer à Lerida en Espagne a ravivé les pires inquiétudes.

Temps de lecture: 4 min

De nouvelles mesures de confinement ont été introduites dans plusieurs régions européennes à la suite de nouveaux foyers de contagion. Selon un article du Morgen, les virologues sont désormais unanimes : « Ne voyagez pas, ou du moins pas trop loin. »

La découverte d’un nouveau foyer à Lerida en Espagne a ravivé les pires inquiétudes, alors que les vacances d’été viennent de commencer et que des milliers de Belges s’apprêtent à s’envoler pour l’Espagne dans les prochaines semaines. Les Affaires étrangères n’ont d’ailleurs pas perdu de temps : les conseils aux voyageurs ont été adaptés et la situation est passée du vert à orange, ce qui implique que les voyages sont possibles « sous réserve de quarantaine, d’un test ou d’autres conditions ».

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Faut-il imposer une quarantaine après un voyage ? « Il n’y a pas de base légale pour exiger une quarantaine », a indiqué la ministre de la Santé Maggie De Block (Open VLD). Selon l’épidémiologiste Pierre Van Damme (UAntwerp), le GEES, le groupe consultatif qui aide à déterminer la stratégie de sortie, a explicitement demandé au monde politique en juin de créer un cadre juridique pour ce type de situation. Sans conséquence.

Le médecin épidémiologiste Yves Coppieters a choisi d’interpeller les décideurs politiques. « Si partir en vacances à l’étranger était à déconseiller, il fallait le faire de manière plus ‘officielle’ lors du dernier CNS ou avant les départs, a-t-il écrit sur Twitter. Gardons un certain bon sens à l’étranger comme en Belgique et anticipons les retours des vacanciers. »

Indécision

L’indécision est source d’irritation pour le virologiste Marc Van Ranst (KU Leuven). « Tout le monde est compétent, mais personne n’assume de responsabilité ». Marc Van Ranst a déjà déclaré à plusieurs reprises qu’il était trop tôt pour ouvrir les frontières aux voyages. « C’était prévisible, vous n’avez même pas besoin d’une boule de cristal pour cela. Cette fois-ci, nous avons la chance que ce soient les régions qui ne sont pas si touristiques ».

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Le Risk Management Group (RMG) s’est réuni ce dimanche après-midi et ce lundi, à la demande des Régions, afin de faire le point sur la situation des Belges revenant de régions. Les experts du RMG ont recommandé d’étendre les restrictions de voyage vers les zones où l’émergence de nouveaux cas a été constatée, comme une partie de la Catalogne (nord-est de l’Espagne). Le RMG préconise aussi aux personnes revenant de cette zone de Catalogne de se placer en « auto-quarantaine pour une période de 14 jours suivant leur retour. »

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« Le seul avantage que nous avons est que nous savons maintenant qu’il existe des foyers dans certaines régions d’Europe. Lorsque les gens revenaient des stations de ski, nous ne savions pas encore que le virus était là », explique Marc Van Ranst. Il conseille aux gens de ne pas voyager à l’étranger.

Sa collègue virologiste Erika Vlieghe (UAntwerp), présidente du GEES, recommande des plans de voyage flexibles. « De courtes pauses, pas trop loin, de préférence avec votre propre moyen de transport afin que vous soyez libre de revenir rapidement ».

Se mettre en auto-quarantaine

« On est loin de la situation d’après carnaval », a assuré de son côté lundi le porte-parole interfédéral coronavirus, Yves Van Laethem, interrogé sur la chaîne de télévision LN24. La situation actuelle, avec des zones en Espagne replacées en quarantaine, n’est en effet pas comparable à celle de la fin février-début mars, qui était intervenue au plus mauvais moment, a-t-il souligné. De nombreux Belges étaient alors revenus infectés du nord de l’Italie, permettant au Covid-19 de se répandre dans la population à travers le pays. « On a le background maintenant », a-t-il dit.

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« Il faut avoir le civisme de se mettre en quarantaine si on a séjourné dans une zone à risque », abonde Yves Van Laethem. Il plaide d’ailleurs pour que l’on profite de l’occasion pour réfléchir, dans les semaines à venir, à pouvoir contraindre certaines personnes à s’isoler de la sorte, alors que ce n’est pas permis par la loi pour le moment. Il y voit un intérêt en cas de seconde vague touchant la Belgique.

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A ses yeux, avec l’ouverture des frontières en Europe, il y aura « inévitablement » quelques petites éruptions locales du coronavirus et la situation de l’Espagne pourrait tout aussi bien intervenir en Belgique. Le virologue ne voit toutefois aucun intérêt à tester tout un chacun qui reviendrait de l’étranger.

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16 Commentaires

  • Posté par Cornet Philippe, lundi 6 juillet 2020, 19:13

    le tourisme pour aller manger une frite, un miam-burger, boire une bière une fois, se faire péter la tronche au soleil, danser à l'ombre d'un C19 improbable, chier quand ça plait, tout ça est la vraie vie.. une fois!

  • Posté par MORRE Dieter, lundi 6 juillet 2020, 19:00

    Triste encore ce 50 nuances de gris. On est d'accord ou pas blanc c'est blanc, noir c'est noir. Avec des fortement recommandés, c'est pas vraiment nécessaire, on attend du civisme, etc c'est chacun fait comme il ce qu'il lui plaît. C'est ne pas prendre ses responsabilités politiques.

  • Posté par Desplanques Claude, lundi 6 juillet 2020, 18:53

    Il est bien temps de se poser des questions, alors que nombre de gens ont déjà réservé vols et hôtels... souvent en utilisant des vouchers reçus en échange de leur précédente réservation ! Il faudrait d'ailleurs voir quelles sont les zones touchées par ce "renouveau" du virus : en Allemagne, un abattoir qui emploie et loge dans des conditions de proximité sociale des centaines de travailleurs étrangers (lieu de travail confiné, dortoirs) - et c'est sans doute du même accabit en Espagne (au moins en ce qui concerne le logement) puisqu'on parle de travailleurs saisonniers, donc de gens qui ne logent pas chez eux.eunus

  • Posté par Boucher Marie-Ange, lundi 6 juillet 2020, 18:41

    ça ne me parait pas trop complexe / on a UN grand aéroport international principal, Zaventem: TOUS les voyageurs belges arrivant d'une zone ORANGE devraient être testés et identifiés, et suivis le cas échéant. Pour les voyageurs auto, la consigne devrait être de se manifester et d'être à leur tour testés et suivis par les cellules TRACING. Mais laisser les gens aller et venir de zones à risques, c'est un pur scandale...

  • Posté par Debrabander Jean, lundi 6 juillet 2020, 17:56

    Des consignes claires ? On les attend depuis quatre mois ! Fermer Batibouw, vous n'y pensez pas ! Pas de foire du livre ? Et la culture, alors ? Interdire les vacances au ski en Lombardie ? Pensez aux pauvres petits écoliers ! Tester à la sortie de l'aéroport ? trop compliqué ! Le masque obligatoire ? non, mais vivement recommandé. 10 000 tests par jour? On y tendra ... plus tard. La quatorzaine pour ceux qui rentrent des zones infectées ? Non, mais faites attention à votre température, s'il vous plaît ... Le courage politique : une denrée hyper rare, plus que le papier WC !

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